Une semaine. Voilà ce qu'il me reste à Stavanger.
Aujourd'hui était mon dernier jour au bureau. Et comme j'étais la dernière à partir, c'était tout bizarre de tourner la clé en se disant "ben voilà, c'est la dernière fois que tu fais ça." Allez hop, sortez les violons, je tourne le coin de la rue, m'apprête à envoyer les derniers courriers Amnesty que j'aurai à traiter, essuie une petite larme, et... "merde ! J'ai oublié de timbrer cette enveloppe !". Ou comment ne pas donner un dernier tour de clé.
Et finalement, ça fleure bon le joli présage, cette quicherie (note à mum & dad : vous constaterez quand même que je m'améliore puisque cette fois, je l'ai vu AVANT de mettre l'enveloppe dans la boîte) : j'en retire que je n'en ai pas fini avec Stavanger, pas plus qu'avec la Norvège. Je veux revenir ici, et je sais que c'est facile à faire. Beaucoup plus que de revenir au Togo, par exemple. Du coup, ça me rend tristoune et je sais que je vais bien verser quelques larmes, mais, au fond, je suis tellement sûre de revenir que ça va m'aider à partir.
Partir avec un kaléidoscope d'images défilant en continu : l'absence de nuit noire, les skieurs dans les champs, les sessions de musique irlandaise à l'Irishman avec tonton Richard, l'atmosphère inimitable de øvre Holmegate, le bureau de Amnesty avec son odeur de café, son joyeux bordel, son palmier en plastique mega kitsh et le singe en peluche accroché à ses "branches", la vue de Breivannet éclairé par un soleil purement scandinave, les heures passées à Sjokoladepiken, l'odeur de barbecue ou encore les Norvégiens en mode "image d'épinal". Derniers exemples en date : ce monsieur en costume qui passe devant ma fenêtre avec sa petite fille (ou son petit garçon qui aime beaucoup le rose) en poussette ; ma coloc Sofie qui révise ses exams en maillot de bain dans la jardin par 15°C ; une fille teinte en blond-par-permis avec fond de teint-pas-permis portant un jogging infâme dans des baskets beaucoup trop grandes. J'adore ce pays, définitivement. Et je m'y sens chez moi. Même si je resterai à jamais exaspérée par l'absence de case "éteindre la lumière" dans le cerveau du Norvégien moyen et qu'on ne me fera pas manger de si tôt un dîner à 17 heures. J'aime pouvoir faire ce que je veux, où je veux, quand je veux sans que les gens que je croise dans la rue me dévisagent de pied en cap pour voir ce qui cloche chez moi. J'aime ne pas avoir à m'emmerder avec des questions du type "merde, je tutoie ou je vouvoie ?" ; "arg, tu crois que je peux caser un "cordialement", là ? C'est pas trop familier ?". J'aime voir la mer et les montagnes en même temps. Et j'aime parler norvégien. Et puis j'aime les Norvégiens, ils sont globalement gentils et ils ne râlent pas dès qu'ils ont un pet de travers.
Cela étant dit, je m'en vais retrouver l'Hexagone, ses beaufs et son parisianisme exaspérants mais aussi sa boustifaille (et là, mes cocos, on assure grave, y'a pas à dire), sa langue, ses paysages magnifiques et toutes ses spécificités qui font que je comprends pourquoi beaucoup d'estrangers nous l'envient. D'ailleurs, je crois que je serai fascinée par ce pays si j'étais étrangère. Le problème, c'est que je ne le suis pas, précisément, donc je ne peux pas faire abstraction de notre aberrante envie de puissance mondiale, de notre vie politique encore plus ubuesque et du niveau de beauferie dont nous sommes collectivement capables ("ah ben tu vois, je t'avais dit que c'était pas le bon buuus..." (à imaginer claironné à toute la cantonade non francophone) "ah ouais, pas mal la Norvège, mais il fait quand même plus chaud en Corse, hein...", "'tain, ces américains pas foutus de parler français !").
Skal vi se...
(Ine, hvis du leser det : jeg skriver dette uttryket til slutt fordi jeg har merket at Nordmenn bruker veldig ofte det for å begynne en setning, selv om det ikke er nødvendig, og det er veldig gøy å høre på det ;))
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lundi 7 juin 2010
lundi 5 avril 2010
Ca, c'est fait.
Voilà, ça y est, c'est dit, je retombe en enfance. Parce que 2+2=4, comme 4/4 ou fjerde i fjerde et parce que ça rime presque avec Pâques. Née un lundi de Pâques, je profite de ce jour saint, 22 ans plus tard, pour me demander : qu'ai-je donc tant fait depuis l'an dernier ?
Ma 22ème année avait commencé blottie au K'fée des Jeux et s'est terminée par une journée dorée sous le soleil de Stockholm samedi dernier. Entre-temps, je peux dire que j'ai :
- bouclé et soutenu un mémoire
- découvert l'Irlande, la Norvège et la Suède (et redécouvert Copenhague)
- franchi le cercle polaire
- rencontré et noué des amitiés avec des gens venant littéralement des 4 coins de la planète
- appris à parler norvégien
- renoué avec le célibat
- réalisé enfin mon souhait de faire quelque chose pour Amnesty
- décidé de faire une licence d'islandais
- été définitivement conquise par la Scandinavie
Pas mal, non ?
Ma 22ème année avait commencé blottie au K'fée des Jeux et s'est terminée par une journée dorée sous le soleil de Stockholm samedi dernier. Entre-temps, je peux dire que j'ai :
- bouclé et soutenu un mémoire
- découvert l'Irlande, la Norvège et la Suède (et redécouvert Copenhague)
- franchi le cercle polaire
- rencontré et noué des amitiés avec des gens venant littéralement des 4 coins de la planète
- appris à parler norvégien
- renoué avec le célibat
- réalisé enfin mon souhait de faire quelque chose pour Amnesty
- décidé de faire une licence d'islandais
- été définitivement conquise par la Scandinavie
Pas mal, non ?
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