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mardi 14 décembre 2010

Allez neige, tombe comme avant...

Révélation de ces derniers jours : non seulement je m'accommode fort bien du froid (comprendre : températures négatives. Sinon ça ne compte pas), du gel et de la neige, mais en plus j'aime vraiment ça.

Alors, peu importe ce que j'ai pu dire en mars dernier, à propos de l'hiver trop long et de la neige reloue à la fin et moche quand elle fond. Mieux vaut pour moi tous les hivers glaciaux du monde qu'un endroit où la température ne passe jamais sous la barre des dix degrés.
Bon, cela dit, l'été à 25, je ne crache pas dessus non plus. Mais restons saisonniers : la neige c'est gazou et puis c'est tout, même si c'est casse-gueule quand ça gèle et que c'est beaucoup moins glamour quand ça fait trois mois qu'elle est au sol.

Je me faisais cette réflexion tout à l'heure dans le tram. Je rentrais des cours, la tête un peu pleine, avec au creux du ventre cette petite déprime passagère qui me prend de temps à autre à la faveur d'un ciel bas et d'interrogations existentielles en file indienne. Niché dans les plis de ma veste, Podi-bis s'est alors fait tout câlin en optant pour une chanson de Saez qui collait à pic. Ronrons de délectation tandis que, pour couronner le tout, je crois voir trois flocons. Gnuuup, je sors mes yeux de leur contemplation du charmant monsieur d'en face et les tourne vers les pelouses du campus et leur panorama Moucherotte-Bastille-Saint Eynard*, à la recherche d'autres machins blancs virevoltants, des fois que je n'ai pas rêvé ou que ce ne soit pas du pollen (ah ben le pollen de décembre, redoutablement allergène, 'tendez!). Alors, au fur et à mesure des arrêts égrainés par la madame du tram, la tendance se confirme et les trublions blancs se font de plus en plus nombreux, volant dans un sens, repartant dans un autre, s'engouffrant dans le tram en même temps que des passants pressés d'y échapper. Le nez collé à la vitre, j'admire le spectacle, laissant loin derrière moi les petites boules de tracasserie, aidée en cela par Podi-bis qui continue à bien remplir son office musical.

Et je me rappelle le 14 décembre 2009, dernière soirée avant le retour de Marie en Suisse, à l'occasion de laquelle nous avions fait un barbecue avec Marie, Min, Olav, Aude, Melvin et Adrien, faisant cramer nos saucisses en regardant la neige tomber sur les toits de Oslo. D'ailleurs, cette neige allait ne plus fondre pour les quatre mois à venir, mais ça, nous le savions pas encore. Au retour, j'étais rentrée à pied avec Aude et Melvin, 1h de marche par -10 degrés à galoper au milieu de la neige, des maisons de père noël et des marchés de sapins de noël. Décembre à Oslo fut de toutes façons, très probablement, mon meilleur moment là-bas, période de vacances, de certitude de prolonger mon expérience norvégienne d'un semestre, de neige, de chocolats chauds, de kitchen party dans tous les sens et de "julefest" (jul = noël).

Et ce soir ? Pour l'heure, je suis douillettement calée dans ma chambrette, avec Rodrigo y Gabriela en fond sonore et un bol de thé au miel en fond gustatif, m'organisant pour aller boire un coup avec Nessa avant qu'elle ne reparte au Canada (juste pour les vacances, gazou !), et ce en attendant que ce ne soit l'heure d'aller chez Rémy, Maxime et Tanguy pour notre mardi soir traditionnel. Pendant ce temps, la neige tombe toujours. Comme quoi, la vie, c'est très gazou.

*pour les non-initiés, ces noms sont ceux de montagnes visibles depuis Grenoble

vendredi 19 mars 2010

Norvège en hiver - dernière session

Voici quelques photos prises au cours des dernières semaines. Si vous avez aimé voir la Norvège en hiver, profitez-en à fond maintenant parce que je ne pourrai plus vous la montrer ; s'il en reste une bonne couche à Oslo, la neige a par contre presque quasiment fondu par chez moi. Autant vous dire que c'est l'extase. Parce que la neige, c'est joli et trop gazou en janvier, mais quand ça devient du verglas, qu'on est au mois de mars et qu'on apprend qu'il fait 20°C à Grenoble, ben c'est tout de suite moins marrant. D'ailleurs, je suis en train de faire une étude empirique et, jusqu'à maintenant, aucune personne n'a pu me répondre par la négative à la question "es-tu tombé à cause de la neige cet hiver ?" Mention spéciale pour Sarah qui s'est même pété le poignet. En tout cas, jamais le gazon ne m'a paru aussi gazou !

Mais il est vrai que les paysages enneigés, ça le fait grave.

Quelques photos prises au cours d'une balade au coucher du soleil :






En sortant de la forêt, au détour d'un chemin, je suis tombée sur ça :

Le jardin botanique de Stavanger, comme ça, pas de grille, pas de gardien, juste des plantes, leur nom et leur provenance. J'aime la Norvège.

Au bas de la colline, j'ai rencontré un copain :

Ben oui, Claire, je n'étais pas sûre de pouvoir te ramener un fjord parce que je suis limitée à 40 kg de bagages, mais je me suis dit que je pouvais au moins prendre un photo dadaesque... même si je suppose qu'il ne s'agit pas dudit fjord ! Quoiqu'il en soit, j'aimais bien le concept du cheval blanc (pardon : gris) sur la neige.

Et, derrière lui, il y avait l'arbre de l'affiche de Big Fish, ou son frangin, peu importe :


Je fais un petit saut dans le temps et vous mets quelques photos prises dans l'avion. Pour l'histoire, je suis allée à Oslo le WE dernier voir les copains erasmus qui y sont toujours. C'était fort bien, j'ai retrouvé le Café Sør et la joie de s'y pelotonner, j'ai découvert la trombine de nouveaux musiciens à Blå, j'ai eu l'occasion de me rappeler pourquoi j'étais fan de Grønland (restau indien pour 119 couronnes, yeheee !) et ais parlé anglais ou français mais presque pas norvégien pendant tout le WE. Une bonne piqûre de rappel, en gros. J'ai fait l'aller en train, c'était magnifique, mais comme la vie c'est con, c'est à cette occasion que je me suis rendue compte que j'avais oublié de charger ma batterie d'appareil photo. Retour en avion, avec un ciel dégagé, et vous savez quoi ? La Norvège vue du ciel, ça le fait. Désolée pour les photos palotes, mais y'avait comme qui dirait un hublot entre le paysage et l'appareil.









Aux abords de Stavanger :

Ce sera tout pour cet hiver !

dimanche 28 février 2010

This is Norway

Cette fois, je ne posterai pas de vidéo marrante sur ce pays qui est, au passage, celui qui a remporté le plus de médailles aux JO d'hiver depuis leur création. Pour 5 millions d'âmes, je trouve que ça le fait.

Je voulais juste mettre quelques photos expliquant à ma place ce que Norvège veut dire en hiver.

Il y a la mer, d'abord. Enfin, d'abord, je ne sais pas, mais disons que je n'ai pas l'habitude. Alors je la prends en photo, je me promène à ses côtés.


Citation entendue je ne sais trop où et prononcée par je ne sais plus qui mais qui souligne bien à mon sens la spécificité de ce pays : "en Norvège, on n'est jamais très loin de la mer et des montagnes". C'est pas faux:


On n'est jamais très loin non plus de la neige lorsqu'on est en hiver. Hiver qui n'est pas tellement plus froid qu'en France (en particulier à Stavanger, où la température hivernale moyenne est de 1°C) mais qui dure plus longtemps, et en plus blanc :


Pour tout dire, on a atteint des niveaux exceptionnels de neige, cette année : le sol n'a cessé d'être blanc depuis le 19 décembre à Stavanger, soit 2 mois consécutifs, un record ici. C'est totalement différent d'Oslo, où les quantités de neige sont d'ailleurs bien plus importantes.

Ce que j'aime ici aussi, c'est la lumière. Et ce d'autant plus que les sombres heures sont passées. A vrai dire, même fin janvier, il ne faisait pas tant nuit que ça. Rien à voir avec la fin décembre à Oslo ou la fin novembre à Tromsø. Maintenant, la nuit tombe à 18h15 et le soleil se lève à 7h45. Vu mes horaires de travail, c'est optimal, j'ai le droit à la fois aux levers et aux couchers de soleil. Ça ne devrait pas durer, cela dit, puisqu'on tourne à 3/4 d'h de jour en plus par semaine, en ce moment. Je vous en reparlerai, mais en attendant, quelques photos glanées sur la colline à laquelle est adossée ma maison (rouge, cette fois. Il a été dit que je ne pourrai avoir maison bleu et colline dans un même pack.)



Cette tour est la tour de Ullandhaug (pour la prononciation, laissez tomber le d et le g, ils sont muets), une tour de télécommunication au pied de laquelle on peut se rendre pour admirer la vue. C'est ce que j'ai fait hier et je compte y retourner lorsque le ciel sera moins bouché (comprendre : pas aujourd'hui). J'en ai pour 15-20 min depuis chez moi, et c'est l'occasion de souligner une autre caractéristique de la Norvège : même en ville, on n'est jamais très loin de la campagne (et l'on se garderait bien de croire l'inverse. Nous parlons quand même du 2ème pays le moins densément peuplé d'Europe après l'Islande). Ce qui, concrètement, donne :




Au retour, j'ai croisé la Norvège en week-end : un homme rentrant de sa promenade du samedi en ski de fond ; une famille allant profiter de la neige : tout le monde en combinaison de ski, les 2 aînés (5 ? 6 ans ?) sur les planches, le petit dernier dans la luge tirée par papa tandis que maman met ses skis pour rejoindre les 2 devants ; des filles avec chemise large qui dépasse de sous la veste, jean serré enfoncé dans des bottes fourrées, une boîte de snus à la main (vous ne savez pas ce qu'est le snus ? Tant mieux, vous ne voulez pas le savoir) ; et des gamins, des gamins de partout.

Je finirai par une video que j'ai faite du haut de la tour et qui résume à peu près tout (moins la jolie lumière et les gens):

mardi 8 décembre 2009

Décembre à Oslo

Décembre à Oslo, ce sont d'abord les examens, ie boulot. Rien de bien original, si ce n'est l'organisation de l'examen en lui-même, amusant ballet oscillant entre strictes formalités et arrangements au ton beaucoup plus "bonne franquette". Ainsi, les copies sont anonymes, et cela est assuré par un numéro de candidat, différent pour chaque examen, numéro qu'on ne peut avoir qu'en allant sur notre Studenweb grâce à notre mot de passe. L'examen commence à l'heure pile. Le stylo bille est de mise car les candidats doivent écrire sur du papier carbone, afin que 3 exemplaires de la copie soient disponibles : un pour chaque correcteur et un pour l'étudiant. Donc, stylo bille mais aussi ratures, adieu le mythe de la copie intacte ! A côté de ça, pour le partiel de Gender Equality, j'ai eu mon numéro de candidat au secrétariat où je suis allée récupérer le sujet (c'était un examen écrit à faire chez soi), numéro que j'ai vaguement griffonné sur un bout de papier, j'aurais tout aussi bien pu me planter et noter celui de quelqu'un d'autre... Et lors du partiel de Scandinavian Welfare State, la prof qui vient me voir pour me dire "don't spend too much time looking for words in the dictionnary. If you don't know a word, just write in French, I'll say to the other examiners that I have to correct your copy" (elle maîtrise le français). Bonjour l'anonymat...

Décembre à Oslo, c'est aussi noël. Et autant le dire tout de suite : noël, c'est sacré et tout se décline à l'envie selon ce mantra pour l'occasion. D'ailleurs, le marketing ne recule devant rien, jugez plutôt :

(Précision pouvant s´avérer utile : joyeux noël se dit "god jul" en norvégien - et aussi en danois et en suédois, d´ailleurs.)

Plus intéressant, nous sommes allés dimanche dernier à l'illumination du sapin de noël en ville. C'est une tradition du premier dimanche de l'avent. D'ailleurs, je ne sais pas pourquoi je dis "du" sapin de noël, parce qu'il y en plein partout en ville. M'enfin nous, on était au pied de celui qui a été installé devant la fac de droit :

Comme vous pouvez le constater, il y avait du monde. D'ailleurs, quand je dis "nous", ce n'était pas un comité restreint, je crois que presque tous mes amis du cru y étaient, à l'exception d'Auguste.
La cérémonie a commencé à 17h par des discours et par l'illumination. Je n'ai pas tout écouté attentivement, seule chance pour moi de comprendre ce qui se racontait, m'enfin le peu que j'ai suivi parlait du fait que malgré la crise, les Norvégiens étaient toujours autant bisounours s'agissant de noël (je n'ai pas dit que je garantissais la traduction littérale), que noël c'était gazou mais qu'il ne fallait pas oublier les problèmes du monde pour autant. Ah, et il y a eu aussi des discours sur Jésus. La Norvège est un pays protestant et l'affiche. L'occasion pour Rachel de nous apprendre que le maire de Montréal avait voulu interdire les sapins de noël dans sa ville il y a de cela quelques années, au motif qu'ils étaient un symbole de la religion chrétienne, allant en cela à l'encontre de la liberté de religion. Je ne suis pas sûre qu'interdire la burka (ou les minarets) soit la meilleure idée qu'on ait eu ces dernières années mais je suis certaine que trop de multiculturalisme tue le multiculturalisme. Mais je m'égare. Après les discours, les chants. La Norvège étant le paradis des enfants nous avons commencé par la chorale des enfants :


Ensuite, enchaînements de chants traditionnels repris en chœur par la foule, jusqu'au moment où le monsieur-qui-parle-dans-le-micro a demandé à la populace de se tourner vers le sapin. Nous avons alors commencé à faire des rondes autour du sapin tout en chantant, comme ça :

Quand je dis "nous avons chanté", je suis un peu hâtive puisque je n'étais en fait pas incluse dans le nous. Oui, je ne maîtrise pas les chants de noël norvégiens. Étonnant, hein ?
C'était assez drôle, parce que notre joyeuse bande d'étudiants étrangers ne comprenait absolument rien à ce qu'il se passait, donc on se contentait de suivre le mouvement, ie : changer de sens quand les autres changeaient de sens. Le moment caustique est arrivé en même temps que les chansons impliquant des gestes. Il y en avait une, notamment, basée sur le principe : "aujourd'hui c'est lundi on fait la vaisselle (mouvement de vaisselle)" - refrain pendant lequel se remet à marcher - "aujourd'hui c'est mardi on coupe du bois" - refrain pendant lequel on se remet à marcher mais dans l'autre sens - etc. On s'est senti bien con et on s'est bien marré. Benjamin a failli m'arracher un bras ("atta, je remets mes gants" - "ça repaaaaart !") et on s'est rendu compte qu'on était nul en devinettes (machine-de-sciencespoParis : "je crois qu'on trie les haricots là" - Aude-de-Lyon (oui, il y en a 2) et moi : "non, ils viennent de dire "vaske opp", ça veut dire "laver la vaisselle"). C'est ainsi que j'ai pu me payer l'un des fous rires les plus mémorables de ma, pour l'instant courte, existence.

Et enfin, décembre à Oslo, c'est aussi l'hiver. Quand même. La neige se fait un peu désirer, je dois dire, m'enfin on en trouve quand même sur les hauteurs. Et ça sous le soleil (quand il y en a), ça claque :

Bienvenue à Oslo, capitale de la Norvège...

Il y a quelques jours, je m'en suis allée faire un tour vers Sognsvann. Le lac commençait à être gelé, mais pas assez pour patiner dessus, hélas. Tout autour, plein de neige et des Norvégiens qui font leur jogging, imperturbables. Je me demande comment ils font pour ne pas se vautrer parce que ça glisse, quand même. Après ce petit tour, j'ai étrenné mes patins sur la glace du terrain de foot de Kringsjå, reconverti pour l'occasion. A côté de moi, une bande d'ado jouant au hockey et un papa avec ses deux enfants : le plus petit dans le porte-bébé, le plus grand, 5 ans à tout péter, jouant au hockey avec papa. Bienvenue en Norvège...
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