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mercredi 28 avril 2010

Je suis encore en vie

... même si ça s'est pas trop vu ces derniers temps, pas sur ce blog en tout cas. Mais spa ma faute, c'est le volcan. A cause de lui, Titi et Ruru, venus me rendre visite 3 jours avant qu'il ne se réveille, ont pris une semaine de rab en Norvège, et les temps de visites ne sont pas propices au blogage. Cela dit, même sans l'Eyafjöll (fjöll qui est devenu fjell en norvégien, comme quoi, la vie c'est fou. Ah, et ça veut dire "montagne"), je ne suis pas sûre que j'aurai été plus active : mon frère était censé débarquer la semaine dernière. Manque de bol pour lui, il était du mauvais côté de la mer du nord.

Tout ça pour dire qu'il faut que je poste mes photos de Suède, celles de notre balade au Preikestolen et celle de Stavanger au mois d'avril. Sous le soleil, elle claquouille du cake cette ville, et, au-dessus de 10°C, c'est le printemps : on sort les stands de touristes, tout le monde bouffe des glaces et les filles s'habillent encore plus court le samedi soir si elles peuvent. Oui, parce que le samedi soir, c'est le bal des putes ici. Vraiment. Depuis le temps, je ne fais plus gaffe au look norvégien de tous les jours, entre blonde décolorée portant tunique large, leggin et converses et mec arborant bonnet de laine, planche de skate et jogging. Mais le samedi soir, c'est un autre niveau et c'est assez terrifiant. D'ailleurs, je me demande vraiment pourquoi les Françaises ont la réputation d'être des filles faciles... nous, au moins, on porte plus de 3 cm de tissu quand on sort !! Enfin, le plus révoltant, à la limite, ce n'est pas tant le niveau de nudité de la Norvégienne moyenne le samedi soir. C'est plutôt que, voyez-vous, on sent qu'elle veut être classe, sauf que c'est un échec total. Anyway.

Pour continuer dans la série des curiosités vestimentaires locales, je voulais vous parler de ceci.
Je n'arrête pas de voir des jeunes portant ces salopettes (ou les mêmes en bleu) dans les rues en ce moment. Mon optimisme se refusait à y voir une nouvelle mode norvégienne (ce que j'avais des raisons de craindre puisque je croise également plein de gens portant ça), et Christian a fini par m'expliquer de quoi il retournait. En fait, ces pantalons salopettes s'appellent des "russ" (russer, même, puisqu'il y en a plusieurs) et ils sont portés par les lycéens qui passent l'équivalent norvégien du bac. Donc, pendant 3 semaines, ils font la fête et se trimballent avec ce truc. Ce rituel pro-exam prend fin le 17 mai, jour de la fête nationale. Bon, ce qui me dépasse encore dans le concept, c'est que ça se déroule AVANT l'exam. Mais à part ça, je trouve cette idée plutôt cool. Ça donnerait presque envie de passer son bac.

Pour continuer dans le "c'est une autre culture", il me faut vous parler des samedis ensoleillés. Samedi = journée shopping, l'occasion de voir tout le bon peuple norvégien en week-end. Ensoleillé = tout le monde dans la rue. Voyez vous, j'ai adhéré il y a peu à un groupe facebook intitulé "you know you've been in Norway for too long when...". Entre autres propositions, il y a notamment le "quand tu te sens coupable si tu ne sors pas alors qu'il fait beau". Et c'est totalement vrai, ce qui nous ramène à samedi dernier : il faisait un temps magnifique et on devait bien être à 15°C au soleil. Du coup, les rues étaient bondées, pleines de gens tenant une glace et/ou une poussette. Avant la Norvège, je n'avais jamais vu autant de poussettes au mètre carré. A 14h30, petit tour au Vinmonopol pour acheter une bouteille de vin juste avant que ça ferme. A la caisse, queue comme à Carrefour un samedi avant noël. Moins de poussettes, tout de suite. Et carte d'identité obligatoire, bien sûr.

Le soir, sortie au(x) bar(s). Bal des putes, ça je l'ai déjà dit. Re-carte d'identité obligatoire pour rentrer dans les bars. Mais alors, là, c'est carrément plus concept : la limite légale pour boire tout alcool est de 20 ans en Norvège mais il y a en fait très peu de bars à Stavanger qui s'y tiennent ; la plupart ont une limite d'âge à 21,22 voire 23 ans, surtout à partir d'une certaine heure. Et j'ai toujours eu du bol avec ces trucs-là parce que je ne me suis jamais fait refouler d'un bar à cause de mon âge. M'enfin, en l'occurrence, c'était l'âge de Titi qui coinçait, et nous nous sommes résignés à aller dans un bar que Fahad savait être ouvert aux + de 18 ans. Nous nous sommes alors retrouvés dans un des endroits les plus abominables que j'ai jamais expérimentés. Entre la musique de merde assourdissante, les filles dansant sur le comptoir à moitié à poil (effet muffin garanti) et les écrans géants derrière le comptoir montrant, eux, des filles anorexiques et vraiment à poil, on a eu la totale (notez au passage à quoi nous mènent ces règles d'âge idiotes : quand tu as 20 ans, tu ne peux pas rentrer dans un bar qui sert autre chose que de la bière mais tu peux par contre aller mater des filles à poil sur écran géant). Du coup, on a attendu que Michìlìn (prononcer Michèle) et Stéphanie nous rejoignent puis on s'est cassé. Stéphanie a refilé sa carte d'identité à Titi, ce qui nous a permis de confirmer la règle qui veut que les videurs ne regardent jamais les photos sur les pièces d'identité. Un jour, faudrait essayer avec la carte de quelqu'un d'un autre sexe, histoire de rigoler.

Je vais m'arrêter là, mais juste un truc avant : j'ai senti que vous vous marriez face à mes 15°C, alors je vais quand même tâcher de me la péter un peu : en ce moment, le soleil se couche à 21h30 à Stavanger (20h30 à Grenoble). Du coup, au moment où j'écris (21h50), il fait encore vaguement jour, malgré le gros temps de merde qu'on s'est payé aujourd'hui. Le plus tripant, c'est quand même Tromsø : la météo norvégienne m'apprend que le soleil s'y est levé à 3h37 aujourd'hui ! (coucher à plein plus tard qu'à Stavanger... pour l'instant). Je vous en reparlerai en juin...

Les photos viennent bientôt, promis !

samedi 20 février 2010

Le jour où j'ai changé de nom

Jusqu'il y a peu, je pensais que mon nom n'avait rien d'exceptionnel. En fait, je le trouvais juste banal et totalement franchouillard. Mais au moins, tout le monde pouvait le prononcer correctement ; je ne risquais pas de l'entendre systématiquement écorché, au moins, me disais-je. Je pensais qu'il n'y avait pas 30 façons de prononcer Bonnot. Le "t" à la fin peut-être, mais c'est tout.

J'avais tort.

Ne me demandez-pas pourquoi, mais il semblerait que les Norvégiens ne puissent voir mon nom sans épouver l'irrésistible tentation de le prononcer "Bonnet". Et ce même parmi les personnes n'ayant pas appris le français.

J'ai renoncé à comprendre ou à corriger, mais j'ai quand même entrepris d'expliquer au bureau qu'un bonnet, en français, c'était *fouille frénétiquement dans son sac à la recherche dudit bonnet* "ça".

Et "ça", en norvégien, ça se dit "ullelue".

Donc, tant qu'à n'être qu'un vulgaire bonnet, je me suis dit que ça faisait plus gazou en norvégien (d'autant que "ullelue" est vraiment un nom gazou !!) et voilà comment j'ai changé de nom.

C'est le moment où les gens qui m'ont en contact sur facebook ouvrent la bouche et poussent un grand "aaaaaaah..."

mercredi 9 septembre 2009

Les Norvégiens sont des gens étranges

Non, je ne vous parlerai pas du trafic de drogue à la norvégienne ou de leur rapport à l'alcool, ce sera pour une autre fois. (avant que des gens ne s'émeuvent : non, je ne suis pas devenue dealeuse, c'est juste que c'est tellement visible que bon.. mais je dévoile, là, je dévoile, donc je n'en dis pas plus). Aujourd'hui, ce sera : le métro.

Commençons d'abord par une photo :

A première vue, rien d'extraordinaire, n'est-ce pas ? On pourrait mettre en légende "métro parisien", ce serait la même. (enfin non, y'aurait une cohue sur la photo, d'accord)

Sauf que si vous regardez de plus près, vous verrez qu'il y a très peu de flèches vertes. Et, d'ailleurs, si l'envie vous prend de vouloir y passer votre ticket, vous allez vite être identifiés "touriste" : ici, ces machines ne servent à RIEN. Suffit de passer à côté. Et le pire, c'est qu'elles ne servent même pas à poinçonner le ticket mensuel que vous devez composter au début du mois. (oui, ici, il y a un système que je trouve intéressant : le ticket mensuel n'est pas valable du 1er au 30 septembre, par ex, il est valable un mois à partir de la date à laquelle vous l'avez validé). Alors je ne sais pas si c'est pour initier les Norvégiens à la pratique du métro parisien mais en tout cas, ces machines inutiles n'ont pas fini de me faire rigoler.

samedi 5 septembre 2009

L'énigme du jour

Tout a commencé parce que je n'avais plus de pain. Je suis allée en acheter au Bunnpris (tu as cette marque chez toi, Rémouche ?) du campus et, en rentrant, j'ouvre ma boîte aux lettres, genre quelqu'un aurait pu m'envoyer du courrier sait-on jamais (ça arrive, figurez-vous, d'ailleurs, merci beaucoup Jean :)). Et là, je vois un papier avec écrit dessus "til 525", je déplie et tadam ! 3 lignes de norvégien que je vous reproduis ici tant qu'à faire : "Hei ! Jeg bodde her for deg, og mistenker at noe post med mitt navn har havnet i postkassa ! Om dette stemmer, vennligst ring eller send melding på -numéro de téléphone- så tort som mulig :-) Mvh Martin"

Vous êtes bien avancés, n'est-ce pas ? Et bien ce ne sont pas mes 12h de norvégien qui m'avaient plus avancée que vous. A part avoir compris qu'il m'envoyait ça parce que je sais pas quoi et que je pouvais l'appeler ou lui envoyer un SMS au n° de tel mentionné, euh...

Je m'emparai donc de mon dictionnaire pour tâcher de comprendre ce mystère. Alors, mistenker, voir mistenke, = "soupçonner". Oulà, ça commencence bien. Que peut-il donc soupçonner ? Que ma coloc fantôme est en fait la proie des mafias russes ?

Ensuite, at. Là, j'ai peut-être une longueur d'avance sur vous en sachant que ça ne signifie pas la même chose qu'en anglais. Donc, dico : "que". Ok, j'aurais pu trouver toute seule.

J'en suis à "je soupçonne que quelque chose..." Oulà, c'est quoi ce machin ? Une déclaration d'amour par boîtes aux lettres interposées ? Un coup de gueule contre le fait que je regarde l'US Open à 1h du mat' ? Gnnn... mot suivant

Le mot suivant, c'était "havn". Le dictionnaire me dit que ça signifie "port" (d'ailleurs, je le sais en fait, cf Oslo Lufthavn, qui est probablement un des premiers mots de norvégien que j'ai lu et compris !) GNE ??? Bon, reprenons. Ce monsieur a l'air de faire ses n un peu comme ses h. On va tester avec "navn". "Nom" (ça aussi je le sais, d'ailleurs, c'est terrible cette dictionnary addiction qui fait que dès qu'on a mis le nez dedans, on oublie tout ce qu'on sait autour...) Bon, je pense que ça doit déjà plus être ça. Je jette un coup d'œil à la signature, et là, déclic : "mais attend, Martin truc chose, c'est pas le nom écrit à l'intérieur de ma boîte aux lettres ? Ne serait-ce pas mon prédécesseur ?" Alors, la lumière fut et mes maigres connaissances de Norvégien me revinrent en nombre suffisant pour comprendre le propos de l'auteur : en gros, c'est le gars d'avant qui me dit qu'il doit y avoir du courrier à son nom dans la boîte aux lettres. Ahaan.... exit les mafieux russes, les déclarations d'amour pourries ou les gueulantes de voisinages !

Finalement, le Norvégien, facile, non ?

mardi 1 septembre 2009

Je vis avec un fantôme

Je crois avoir déjà évoqué ma coloc fantôme sur ce blog mais là, ça ne va plus, une simple évocation ne saurait suffire pour un mystère vivant. J'en suis à me dire qu'il s'agit d'une extraterrestre qui a cette chambre pour faire genre elle est comme les humains mais comme elle n'est pas trop au fait de nos traditions, elle se comporte bizarrement. Non mais c'est vrai quoi, laissez-moi vous expliquer (enfin en même temps ici, vous n'avez pas bien le choix, niark niark) avant de me regarder avec vos mines sceptiques.

Acte I : j'emménage le vendredi 7, je me retrouve nez-à-nez avec ma coloc qui est également en train de déménager ses affaires. Plus précisément, elle est en train de changer de chambre parce que le SiO l'a collée avec un gars et qu'elle préfère être avec une fille. Jusque là, tout va bien. Une fois mes affaires déballées, je sors faire un tour en ville, quand je rentre, elle n'est plus là. Bon, soit.

Acte II : celui-là, je le joue en solo, parce que coloc fantôme dont je ne connais alors toujours pas le prénom ne reparaît pas de la semaine. Il m'a semblé qu'elle disait que son changement de chambre l'emmerdait parce qu'après elle devait partir au Portugal ou un truc comme ça. Bon, pourquoi pas. Je ne comprends pas bien l'intérêt d'emménager début août si c'est pour se casser tout de suite après, mais bon, c'est son affaire. Je me dis qu'elle va bien finir par revenir.

Acte III : effectivement, 10 jours plus tard, coloc fantôme reparaît... en compagnie d'une nana probablement norvégienne. Là, je commence à devenir perplexe, parce que si elle a passé 10 jours au Portugal, d'où elle connaît une autochtone ? M'enfin, elle peut bien avoir des connaissances d'avant.. A l'occasion, on discute et j'apprends qu'elle a carrément amené un micro-onde. Cool. 2 heures après, elles repartent.

Acte IV : suit une série de micro-épisodes dont je ne me rappelle plus très bien l'ordre. Toujours est-il qu'il y a eu les 2 où elle est reparue, chaque fois pendant une heure, ce qui m'a quand même permis de savoir son prénom, wahou ! Et puis il y a aussi eu celui dans lequel, en rentrant à l'appart avec Flo (oui, il était là lui aussi, je dis était parce que l'avion direction Genève partait ce matin), nous avons vu... des signes de vie autres que les tas d'affaires entassés dans son placard dans le couloir : un nouveau tapis devant la porte et... le micro-onde ! Ces signes sont, pour l'heure, les seuls qui transparaissent dans les lieux communs. Coloc fantôme ne pisse jamais, ne se douche jamais et ne mange jamais. En tout cas, pas à l'appart. Et le mystère reste entier.

Parce que, mettons qu'elle se fiche pas mal d'avoir un chez elle, qu'elle est tout le temps de sortie et qu'elle est du genre à plus pioncer chez ses amis que chez elle. Soit. Mais, dans ce cas, pourquoi avoir amené autant de bordel, pourquoi un MICRO ONDE ? Et pourquoi avoir absolument tenu à changer de chambre pour ne pas être avec un mec si c'est pour ne jamais être là ? Breef, je vis avec un fantôme extraterrestre... c'est l'explication la plus rationnelle à ce jour.
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