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samedi 10 mars 2012

Les merveilleuses aventures de CaroBo

Donnez-moi une rue de l'Hôpital militaire, une Porte de Charenton, Le Parisien, un marché boulevard de Ménilmontant et je vous montrerai comment perdre 2h de sa vie et 136 euros.

Tout ceci a commencé par une collecte de livres jeudi 8 mars, au Parisien, par Clémence et Annabelle, collecte destinée à alimenter les bouquineries Oxfam, surtout celle de Lille (la taille des apparts étant ce qu'elle est à Paris, les gens s'y débarrassent plus volontiers de leurs bouquins en nous les confiant). Une camionnette avait donc été louée pour monter les bouquins de Lille à Paris et j'avais été missionnée pour la redescendre car Clémence devait rester là-haut pour le week-end ("Dis Caro, ça te dit d'aller rencontrer des bénévoles à Lille ?" - "Oh ben oui ma foi !").

Nous sommes donc revenues sans encombre à Paris avec Annabelle, et avons garé la camionnette bd de Ménilmontant, toute fiérotes d'avoir retenu la combine de Clémence ("vous verrez, y'a toujours pleiiiin de places sur ce boulevard le soir !") et bien contentes de ne pas avoir eu à manœuvrer plus que ça (on parle quand même d'une conductrice qui a raté son permis à cause d'un créneau, hein). Et c'est ainsi que nous sommes quittées jeudi à 22h, avec pour mot d'ordre de se retrouver le lendemain à 9h30 pour ramener le véhicule.

Vendredi, 9h30, téléphone. Annabelle : "Caro, t'es où ? Je suis sur le boulevard, pas de trace de notre camionnette, c'est le bordel en plus, y'a le marché !" Le temps que je dévale la rue de Ménilmontant, Annabelle me rappelle pour me dire qu'"en fait on est trop nulles, on ne peut pas se garer là les veilles de marché, du coup ils nous l'ont embarquée à la fourrière". Yala ! Le temps d'annuler mon rendez-vous au Secours Catholique, de voir dans quelle fourrière se trouve notre engin et d'informer la directrice adjointe-financière de nos exploits, nous voilà reparties en métro, direction Porte de Charenton. Tout ça pour arriver 30 min plus tard dans l'un des endroits les plus dégueus de Paris : un grand boulevard en travaux coincé entre des voies ferrées et le périph'. La fourrière ? Un parking des plus moches avec deux préfas et une barrière, en-dessous d'un échangeur périph'-boulevard. Trop cosy. (Cela dit, le truc chouette avec Paris dans ces moments-là, c'est de se dire que la Bastille, le Marais et l'Opéra se trouvent à 10-20min de métro).

Nous avons ainsi pu reprendre notre bien, pour la modeste somme de 136 euros. Et nous sommes revenues au bureau, non sans expérimenter au passage le talent inné des Parisiens pour faire de votre vie au volant un truc assez improbable avec pour seule loi celle de la jungle.

En vrai, c'était drôle cette histoire. Cher mais drôle.

mardi 28 juin 2011

I'm back baby !

Voilà que je trouve enfin le temps de me poser... c'est qu'on ne s'ennuie pas à l'université d'été ! Pour rappel, je passe l'été à Oslo afin de suivre des cours de norvégien niveau 3 (sur 4) avec l'International Summer School (ISS), c'est kjempegazou mais pas de tout repos. Mon départ en trombe de Paris dimanche 26 a d'ailleurs bien auguré le truc, j'ai eu droit à ma dose de stress pour l'année en loupant quasiment mon avion.

Tout ça à cause de Roissy, de son fucking terminal 2G et aussi, il faut l'avouer, des glaces Berthillon. Oui, je suis partie de Paris car un forum d'Amnesty International s'est tenu le samedi 25 et comme ça avait l'air intéressant et que comme ça AI me payait un bout du voyage, je me suis trouvée à passer le week-end à la capitale. Le samedi soir fut l'occase d'un bon gueuleton sur les quais de Seine en compagnie de Mesdamselles Alix & Claire et du Sieur Frédéric. C'était assez tripant de se dire que, pour les touristes à bord des bateaux mouches, nous représentions à ce instant précis la quintessence de la vie parisienne. Autant vous dire que le lendemain, j'étais vachement moins quintessentielle, stressée que j'étais à me balancer d'avant en arrière sur mon fauteuil dans la navette desservant tous les terminaux de Roissy. Je voulais partir à 13h45 de Paris 19ème et puis on a décidé que ce serait achement gazou d'aller se prendre une glace île Saint-Louis chez Berthillon. Ce fut effectivement le cas. Par contre, je quittai Paris à 14h15, soit avec 30 min de retard, pour un avion à 16h. Arrivée à 15h à la gare de Roissy, j'étais prête à cavaler dans tout l'aéroport pour arriver à point. C'était sans compter sur le fait qu'il fallait prendre une navette pour aller au terminal d'où partait mon avion et que tout compris cela prend une demi-heure pour l'atteindre. A peu près désespérée et me détestant férocement, je décidai quand même de jouer le tout pour le tout et allai pleurer au bureau des renseignements. Miracle de la technologie du net, j'avais été automatiquement enregistrée la veille. Restait donc plus qu'à larguer le bagage et à cavaler dans la zone d'embarquement. J'arrivai ainsi fraîche comme une rose à la porte 10 minutes avant le décollage pour me retrouver à Oslo en temps et en heure. Moralité, il est possible d'attraper un avion en arrivant 20 minutes avant le départ au bon terminal mais c'est très peu recommandé par la maison, surtout si vous êtes cardiaques.

Depuis, ma foi, il s'est écoulé deux semaines. La première fut des plus folklo dans la mesure où je n'avais pas de piaule. Je sous-loue en effet la chambre de Melvin, compagnon de nombre des mes aventures osloïtes de l'automne 2009, et qui passe l'été dans sa famille, à Singapour. Sauf qu'il n'est parti que lundi. J'ai donc commencé par squatter sa piaule et puis, pour tout un tas de motifs donc la venue de coach surfers russes et allemands, j'ai fini la semaine en créchant chez son voisin d'en face, John Bosco from Uganda, parfait inconnu jusque-là mais avec qui je m'entends fort bien. Très pratique pour travailler, tout ça, vous vous en doutez. Mais maintenant c'est good.

J'ai commencé les cours dès lundi 27. Tous les matins, j'ai bokmål de 8h à 11h, puis introduction au nynorsk de 11 à 13h. Petite explication de texte : les Norvégiens sont 5 millions mais on trouvé le moyen d'avoir deux langues écrites et une centaine de dialectes, c'est entre autre pour ça qu'on les aime. C'est un peu la faute des Danois, il faut dire : la Norvège a en effet été une possession danoise pendant 400 ans, et la langue danoise s'est imposée comme seule langue écrite du royaume au fil des décennies. Parvenus au 19ème et passés sous tutelle suédoise (à cause de Napoléon, je vous raconterai ça une autre fois), les Nordmenn se sont dit que ce serait quand même plus top cool d'avoir une langue écrite locale. Sauf qu'ils n'ont pas réussi à se mettre d'accord : certains ont plaidé pour une modernisation du danois, plus adapté à la prononciation norvégienne, tandis que d'autres ont souhaité créé une nouvelle langue, basée sur les différents dialectes que les Norvégiens ont continué de parler tout au long de leurs pérégrinations historiques. 2 courants, 2 langues, et en dépit de toutes les tentatives de rapprochement qui ont été entreprises, c'est encore le cas aujourd'hui. A ma droite, nous avons donc le bokmål, tiré du danois, et à ma gauche, le nynorsk, tiré des dialectes. Ce qui donne concrètement : les Norvégiens parlent leur dialecte et écrivent dans l'une des deux langues officielles. Plus concrètement encore, 85% de la population utilise le bokmål, je vous passe les détails sur le pourquoi du comment, et c'est cette version du norvégien qui est enseignée aux étrangers. Cela étant, l'ISS propose 3 semaines d'initiation au nynorsk pour comprendre ce que c'est que ce machin. Je me suis dit que ça pouvait être funky et ça l'est dans la mesure où mon prof est probablement l'un des êtres les plus déjantés de la création.

Les deux langues écrites sont largement intercompréhensibles, mais quand même. Par exemple, si je veux dire "je viens de Norvège et je ne sais pas comment tu t'appelles", en bokmål ça donne "jeg kommer fra Norge og jeg vet ikke hva du heter", et en nynorsk, "eg kjem frå Noreg og eg veit ikkje kva du heiter". Histoire d'en rajouter une couche, je vous dirai qu'en dialecte de Stavanger, ça s'écrirait "eg kommer fra Stavanger og eg vet ikkje kva du heter". Mouahah.

A part ça l'ISS, comme son nom l'indique, c'est vachement international. Ainsi, dans mes classes, j'ai des gens qui viennent : des US, du Honduras, de Géorgie, d'Azerbaïdjan, d'Inde/Norvège, du Japon, de Palestine, du Maroc, d'Algérie, d'Allemagne, d'Autriche, d'Ecosse, de Russie, de Pologne, de Serbie, de Lettonie, de République Tchèque, de Hongrie, de Grèce et du Ghana.
Sans compter les autres nationalités que j'ai pu rencontrer au cours des différents trucs organisés par l'ISS : Moldavie, Kosovo, Slovaquie, Slovénie, Espagne, Italie, Afrique du Sud, Malawi, Burundi, Irak, Ouzbékistan, Iran, Canada, Kazakhstan, Kirghizistan, Indonésie, Pays-Bas, Birmanie, Bangladesh, et j'en passe. Au final, dans le lot des quelques 600 étudiants de l'ISS, seuls 3 Français se baladent, c'est la revanche du séjour Erasmus ! C'est vrai quoi, c'est plus agréable de s'entendre dire "oh, tu es la première Française que je rencontre, c'est trop bien !" plutôt que "putain, encore une Française, mais y'a que ça ici, ça et des Allemands..."

mardi 9 novembre 2010

"Je ne sais pas, je suis stagiaire"

On m'avait promis un master 2 corsé niveau emploi du temps, et je dois dire que je n'aurais pas pu avoir un début d'année scolaire démentant plus ce postulat. Pour le dire clairement : entre le 20 août et le 1er novembre, je n'ai RIEN foutu. Ou à peu près, puisque je n'ai qu'une semaine de cours par mois et que je n'avais pas encore commencé mon stage.

Cela étant, tout ce beau programme appartient désormais au passé, puisque j'avais cours la semaine dernière (avec un programme légèrement perturbé par le blocage de l'IEP mardi matin, un grand moment de flou artistique, assez fascinant je dois dire) et que j'ai commencé mon stage cette semaine.

Je serai donc amenée à hanter les locaux de la Maison De l'Autonomie, ou MDA pour les intimes, jusque début mai. La MDA, qu'est-ce donc ? Il s'agit d'un bâtiment dans lequel sont regroupés les services du département consacrés aux personnes handicapées (ou, pour reprendre le jargon, "en situation de handicap") et aux personnes âgées dépendantes. Une sacrée machinerie, qui fonctionne aux sigles qui plus est. Heureusement que j'ai déjà travaillé sur le handicap, sinon je serai franchement à la masse.

Ma mission sera d'étudier la situation des jeunes adultes handicapés qui restent en établissement pour enfants au lieu d'aller en établissements pour adultes (parce que ça pose divers problèmes, je vous passe les détails), mais cette première semaine fut surtout l'occasion de me mettre dans le bain, à coups de réunions et de littérature institutionnelle. Bilan : on n'a pas l'air de s'ennuyer là-dedans.

Lundi matin, rendez-vous avec mon maître de stage, accessoirement directeur adjoint de la DSA (le direction de la santé et de l'autonomie, c'est la direction du Conseil Général qui s'occupe de la MDA et du Centre départemental de santé), pour lequel je vais peut-être finir par fonder un fan-club, je ne sais pas, mais, plus ça va, plus je me dis que j'aurais difficilement pu tomber sur mieux. Il attaque d'emblée en me disant que je gère mes horaires comme je le souhaite du moment que je fais 35 heures, et me propose de m'associer à lui dans ses réunions pour cette première semaine. Aussitôt dit aussitôt fait, et je me retrouve dans une réunion des chefs de service consacrée à un projet de réorganisation de la MDA, à prendre au vol, c'était assez sympathique. L'après-midi, déplacement "en territoire", à Lans-en-Vercors, pour assister à une réunion sur un tout autre sujet. A l'occasion, rencontre du maire de Lans, ce sera pour mon premier élu accroché au tableau de chasse dans le cadre de ce stage.

Mardi matin, réunion de la CDAPH. La CDAPH, c'est la Commission Départementale de l'Autonomie des Personnes Handicapées. Elle se réunit deux fois par mois et a pour mission de statuer sur les demandes d'aides, de placements en établissements et d'attribution de prestations. En gros, si vous voulez obtenir l'AAH (allocation adulte handicapé), votre demande va passer par là. Ou à peu près, car les demandes sont toutes évaluées en amont par des équipes médico-sociales qui font des propositions. Dans le tas, les médecins des différentes équipes sélectionnent des cas plus compliqués que d'autres, ou particulièrement exemplaires, et les présentent devant la CDAPH. S'en suivent des discussions et les propositions sont approuvées ou amendées. Concrètement, mardi matin, une quinzaine de cas ont été présentés mais à ces 15 cas étaient rattachés 2500 dossiers. Pour vous donner un ordre de grandeur, la MDA voit passer chaque année 40 000 demandes.

C'était très intéressant d'assister à cette CDAPH car cela permet de rappeler quelles situations existent concrètement derrière la tonne de dossiers empilée dans les différents services. En plus, 2ème élu au tableau de chasse, j'ai nommé, la vice-présidente du Conseil Général en charge de la santé et de l'autonomie (ce n'est pas son titre officiel mais ça revient à ça). Pas encore de Vallini, mais j'y crois ! (NB pour les non-isérois : André Vallini est le Président du Conseil Général de l'Isère. Au niveau national, il est surtout connu pour avoir présidé la commission d'enquête parlementaire consacrée à l'affaire d'Outreau).
En même temps, l'enchaînement des situations avait pour moi quelque chose d'effrayant de par la description des pathologies, une espèce de sentiment qu'à force de le médicaliser, de le passer au crible de la science, le sujet devient objet, un objet dont il faut expurger tout anormalité. J'essayais d'imaginer ce que l'on aurait pu dire de moi et je suis sûre que l'on aurait pu trouver quelque chose, je suis d'ailleurs sûre que cela vaut pour à peu près tout le monde. Je me suis fait cette réflexion au sujet des cas de handicap psychique, qui sont les plus troubles.

L'après-midi, nouvelle réunion, encore avec les chefs de service, sur le projet de la direction et sur le bilan de mandature à présenter aux élus. L'occasion pour le politique de s'introduire par la petite porte, et c'est ce qui fait tout l'intérêt de bosser en collectivités territoriales à mon sens : même au milieu de considérations administratives les plus triviales qui soient, on n'est jamais bien loin d'enjeux politiques et électoraux (d'autant qu'il y a des élections cantonales début 2011). Ajoutez à cela qu'en matière financière, le désengagement de l'État est tout sauf un mythe, et vous avez de quoi vous amuser. En fait, par désengagement de l'État, il ne faut pas comprendre : "l'État réduit dans les textes sa participation", mais : "l'État réduit dans les textes sa participation ET ne donne pas les sous qu'il doit dans les faits". Quand ensuite le gouvernement accuse les collectivités de beaucoup trop s'endetter, ça fait rire jaune pisseux, très pisseux, même.

Mon quota de réunions ayant explosé en début de semaine, la fin de semaine fut plutôt consacrée à la lecture de tout un tas de trucs et à la tournée des services pour dire bonjour. Car, au total, la MDA, c'est 60 salariés répartis sur 6 étages, auxquels s'ajoutent les étages 7 et 8 qui relèvent pour moi du mystère car je n'y ai pour l'instant jamais mis les pieds. Sur ces 2 étages sont regroupés les services déconcentrés qui s'occupent du territoire de l'agglomération grenobloise. Funny fact : chaque étage a sa couleur, le mien est violet. En outre, telle une bonne série qui se respecte, la MDA a sa pièce mythico-maudite, LA SALLE 105, tintintintin. C'est la pièce où se trouvent tous les dossiers devant être traités, LA pièce dans laquelle réside l'ennemi juré de la DSA. Son nom est Stock, Sur Stock. Il rassemble toute la pile de dossiers en retard, qui auraient dû être traités il y a des semaines de cela et sont toujours en attente. Tout un symbole, au point qu'il existe un indicateur "état de la salle 105" dans le base de donnée informatique...

mardi 5 octobre 2010

Résumé des épisodes précédents

Il semblerait que bloguer soit quelque chose de plus difficile lorsque l'on n'est pas en terre "exotique" ou quelque chose d'approchant. Trop de choses connues à Grenoble et beaucoup à faire même si je suis actuellement à peu près en vacances. Mais je poursuis, je poursuis, malgré le rythme qui se ralentit. Depuis mon dernier billet, j'ai :
- enfin retrouvé un vélo, ie la délivrance

- eu ma première semaine de cours

- reçu une réponse négative pour un stage au service égalité des sexes du Conseil Général (mais machine relancée par ailleurs et en bonne voie, pas de souci à se faire de ce côté-là)

- visité la nouvelle piaule du Rémouche (en coloc avec Tanguy et Maxime, j'ai donc décrété qu'ils étaient couslocs et pas seulement colocs) et y squatte abusivement depuis. Pour des raisons ne tenant pas qu'au seul Rémouche, d'ailleurs, et je laisse les personnes intéressées par ces raisons prendre rendez-vous avec mon secrétariat pour plus d'explications.

- repris l'escalade et le cirque. Plus d'un an que je n'avais pas mis le pied sur un fil, et j'aurai bien du mal à vous décrire ce que ça m'a fait d'y retoucher, petit saut de chat, demi-tour, frisson d'extase, boule d'émotion et ça repart.

- lavé avec Marie-Steph, l'affront du dernier film que nous avions vu ensemble (cf l'antépénultième billet de ce blog), et d'une jolie façon : dimanche, nous sommes allées voir "Benda Bilili", que je vous recommande chaudement. A l'origine de ce film, il y a une rencontre au hasard des rues de Kinshasa (capitale de la République Démocratique du Congo) : en reportage sur les musiques urbaines en Afrique, les deux réalisateurs sont tombés sur un groupe de musiciens, la plupart paraplégiques, qui chantaient leur vie dans les rues de la ville afin de se procurer un petit pécule. Séduits, ils se sont mis en tête de leur faire enregistrer un album, toute une épopée qui finalement aboutit et rencontra un succès phénoménal en Europe. (D'ailleurs, j'avais entendu parler de groupe à la radio, je m'en suis rappelé en voyant la bande annonce...) Après, c'est la success story, le groupe a enchainé les concerts, des Eurockéennes de Belfort à Oslo (oui ! et je les ai ratés, raah) en passant par Copenhague. Le film se finit là et nous en sommes ressorties le sourire aux lèvres, un peu de foi retrouvée en l'humanité. En plus, la musique est achement cool et j'irai faire un tour du côté des musiques africaines la prochaine fois que je passe à la Fnac.

Sur ce, je m'en vais lire mon dossier de politiques sociales et bouffer du "les générations actuellement en-dessous de 50 ans vivront moins bien que leurs parents , c'est un fait" tout en grognant : "et quid des femmes, connard, tu crois c'était plus heureux pour elle d'avoir 20 ans dans les années 1960 plutôt que maintenant ?!!". Ça m'énerve, cet aspect "je pense raisonner pour tout le monde parce que je parle des pères et des fils", pas tant d'un point de vue "militant" que d'un point de vue scientifique : c'est tellement gros que je n'arrive pas à comprendre pourquoi ça ne saute pas à la figure des gens qui : 1°) écrivent ça ; 2°) le lisent. Faut dire que l'an dernier, j'ai bouffé les auteurs anglo-saxons et scandinaves qui sont, eux, beaucoup plus à la pointe en la matière. Anyway...



It is more difficult to blog now that I am back in my hometown, as I am not wondering all the time about the things I see. Moreover, I also have a lot to do, even if I still am more or less in holidays. Indeed, my master alternates between courses and a 6-month internship : I have courses only one week per month, the rest of the time is for my internship, which I have not started yet (but I have almost found it, so nothing to worry about). So, what did I do during the past two weeks ?

- I managed to get a bicyle, at last!

- I got my first courses (next time will be 2nd November... so weird !!)

- I visited my friend Rémy in his new place. He used to live at his parents' place, close to Grenoble, but now he is living with two cousins of his, Maxime and Tanguy. Since I saw the place, I have been squatting there all the time, not only because of Remy, actually. Life is sometimes nice... :D

- I started to climb and to do circus again (I stopped when I was in Norway). The best part was to do rope anew, it is difficult to explain how I felt but that was amazing.

- I saw a great movie that last Sunday, whose name is "Benda Bilili". I don't know if the film is available outside of France but I recommend it. It tells the story of an African band whose half of the members are disabled. They started to play in Kinshasa's streets to get some money, and they were given the possibility to record a CD. The CD got a huge sucess in Europe and they played many concerts, in France but also elsewhere, up to... Oslo! I you can't see the movie, you can at least listen to the music. The name of the band is Staff Benda Bilili.

Now, I am going to read texts about social policy. What is really annoying in the French literature is that they totally neglect the gender perspective, which is crucial. That is especially disturbing when one has studied in Norway, where this perspective is almost everywhere! Anyway...

mercredi 15 septembre 2010

Quand l'auberge espagnole se fait française

Un mardi soir, jour de blind test au Tord Boyau. De nombreux groupes d'amis un peu partout, tâchant de se dégoter une place et/ou dégustant les happy hours et leurs bouteilles de vin aromatisé au prix de 8 euros. Dans le tas, une dizaine de personnes. Regardez-les, elles se parlent, elles ont l'air d'être bien amies. Et entendez-les, beaucoup ont un accent étranger. Du type de celui qui vient d'arriver en France et découvre chaque jour un peu plus de gens. D'ailleurs, à y regarder de plus près, la dizaine de personnes que vous avez sur la photo ne se connait pas tant que ça. Voire pas du tout. En fait, je vous mets au défi d'en trouver une qui connaissaient tous les membres de ce groupe avant son entrée dans le bar. Alors comment compose-t-on en 10 minutes un groupe de la sorte, et comment met-on la main sur tout ce joyeux bordel ? Suivez mon regard.

Quelque part dans le tas, vous avez un point violet qui rigole et s'agite à grands coups de bras tant que c'est possible dans la mesure où le bras droit dudit point violet est occupé par un sac ("tu as acheté quoi ?" -Un cadeau pour l'anniversaire de mon père. Et une chambre à air. "Tu lui as acheté une chambre à air ?!" -Non, un livre sur le Dauphiné. La chambre à air c'est en plus. En même temps, c'est aussi pour lui parce que je suis trop quiche pour réparer un vélo. Et puis j'ai des lentilles aussi, dans le sac, hein, parce que les miennes sont périmées demain, mais pas les légumes, les trucs pour la vue, blablabla), je vous laisse deviner l'identité dudit point, instigateur de ce rassemblement.

Au moment où cette photo n'a pas été prise, le bras restant s'agite frénétiquement en direction de Philippe, le Québécois de San Francisco qui est préposé ce soir au rôle de scribe : il s'agit pour lui d'écrire sur la feuille du blind test nos réponses. Comment je le connais ? Oh, très simple, c'est Zoé de Vancouver qui l'a rencontré à une soirée InteGre, en compagnie de sa copine Emily, présentement en train de discuter avec Silje la Norvégienne et Benjamain le Français d'Oslo. 0k, ok, je rembobine.

En fait, c'est encore à cause de Richard... en partie. C'est lui qui a hébergé Dotan le Canadien à la recherche d'un logement sur Grenoble. Et comme le hasard fait bien les choses, il s'est avéré que :
1°)Dotan est super sympa
2°)Il passe son année erasmus à sciences po
C'est ainsi que je fus présentée à Zoé, qui vient de la même université que Dotan et qui nous présenta Philippe et Emily, tous deux venus de Californie et rencontrés au cours d'une soirée organisée par InteGre. (Et si je veux corser un peu plus, je rajoute que Philippe a vécu presque tout sa vie vers San Francisco mais qu'il est né à Montréal. D'où le concept du Québécois californien).

InteGre est d'ailleurs la deuxième responsable du bordel dans lequel je vous empêtre depuis maintenant trois paragraphes. Cette association a pour vocation de faire se rencontrer des étudiants étrangers et français, afin que les premiers soient intégrés par les seconds. A Grenoble, de préférence. C'est comme ça que j'ai rencontré ma tandem linguistique Silje, fra Trondheim, présente sur mon hypothétique photographie, et Ursula, danoise de son état, qui n'était pas au blind test ce soir-là mais qui vaut quand même le coup que je m'arrête un peu. Là encore, vous verrez, le hasard fait bien les choses.

Ursula est en effet la personne que l'association InteGre m'a chargée de marrainer. Or, il s'avère qu'elle suit ici les cours du Master 1 de Physique. Quand elle m'a dit ça, je lui ai répondu un truc du genre "oh ben c'est marrant, figure-toi que j'ai un très bon copain, Rémy, qui va suivre les même cours que toi, il était en Suède l'an dernier, blablabla". Deux jours plus tard, rentrée des masters de physique, ledit Rémy, qui était lui aussi en manque d'étudiants étrangers, s'approcha du tas qui parlait un français aux accents colorés. Mieux, il s'est sociabilisé, la Suède nous l'aura changé : il s'approcha d'un des gars et lui demanda : "excuse-moi, est-ce que tu serais Suédois par hasard ?" -euh non, je suis allemand, lui répondit le gars en question (Ralph, pour les intimes) "ah, désolé, parce que j'étais en Suède l'an dernier et donc je me disais que...". C'est alors que Ursula, qui était dans le tas aux accents colorés, tilta et lui demanda : "tu ne t'appellerais pas Rémy par hasard ?". Ce qui me valut un texto le soir même : "alors comme ça on donne mon nom à de charmantes inconnues danoises ? ^^". La seule chose que je regrette, c'est de ne pas avoir vu la tête du Rémy au moment où elle lui a posé la question. Il parait que c'était très drôle.

Tout ça pour dire que, par l'intermédiaire de Ursula et Rémy, j'ai pu rencontrer nombre d'étudiants étrangers physiciens, dont Frauke, qui était sur ma photo imaginaire mais néanmoins tord-boyesque. Quand à Ursula et Rémy, l'une était malade et l'autre avait "trop de boulot". 'Tendez, on ne va pas nous le changer complètement non plus...

Mon tableau commence à peu près à ressembler à quelque chose, reste plus qu'à y insérer les Frenchies, Aude, Pierre, Benjamin et les 3 2A de sciences po que je ne connais pas. Aude c'est facile, pour ceux qui suivent gazou touip-touip depuis un certain temps, je ne crois pas avoir besoin de vous la présenter, m'enfin je rappelle toujours : copine de sciences po, camarade de tous les instants dans mes aventures norvégiennes du 1er semestre. Pierre, c'est aussi du sciences po, un de ses très bons amis et celui qui m'a inspiré ce billet, accessoirement, avec sa question au cours de la soirée : "mais tu les connais d'où tous ces gens ?!!" Je crois que je l'ai perdu quelque part vers l'avant-dernier paragraphe. Quant à Benjamin, c'est du Oslo-devenu-sciences-po. Tout est dans l'intitulé : copain rencontré à Oslo, voisin de Aude qui a lui a accordé l'asile politique dans sa cuisine (ah, Aude et sa cuisine... petite larme à l'évocation de ce feuilleton...) et qui a réussi à intégrer un master de sciences po.

Quant aux 3 2A... vous savez, sur ce genre de photos, il y a toujours des gens à propos desquels on vous demande : "c'est qui ?" et vous répondez : "bonne question !". Donc voilà, ce rôle leur a échu pour la soirée. Enfin je suppose que ce sont des gens que Dotan et Zoé ont rencontrés.

Tout ça pour dire que je ne m'ennuie pas ces jours-ci et que cette année s'annonce meilleure qu'attendue, pour peu que je reste dans cette bulle francosmopolite. L'erasmus, une fois qu'on y a mordu, c'est un peu dur de le lacher... et très facile de s'y raccrocher !

Sur ce, je vais chercher Marie à la gare, oui oui, Marie, ma copine suisse d'Oslo. Tout cela semble n'avoir été au final que le vaste commencement d'une aventure encore plus vaste... et que je compte bien faire durer !

samedi 28 août 2010

Au boulot !

Dur dur de se tenir à un postage régulier quand :
- au camping, on n'a internet que dans la salle commune ce qui implique de taper sous des regards inquisiteurs vous signifiant : "quoi ! encore sur l'ordinateur !"
- on décide d'affronter ces regards inquisiteurs pour privilégier les retouches de ses vieilles photos (quitte à ce que l'inquisition augmente en intensité quand on en est à l'album intitulé "soirée catins-mafieux")
- on passe ensuite une semaine vendéenne en famille, entre Nantes, le château de Barbe-Bleue et l'achat d'un jeu de palet vendéen
- on rentre à Grenoble, où l'on passe plus de temps à voir les gens qu'à se reposer
- on file ensuite à Juan-les-Pins retrouver son amie Tonje et halluciner devant le spectacle d'une ville uniquement conçue pour les touristes friqués : boutiques ouvertes jusqu'à minuit, location de sièges de plage à 17 euros la journée et autres cocktails à je-ne-sais-plus-combien-mais-je-refuse-de-m'en-rappeler. Sans compter le spectacle des innombrables yachts et des gens qui vous regardent comme une alien parce que vous vous baladez en tongs à 1h du mat'. Mais bon, se baigner à 3h du mat', boire des verres de rosé tout en devisant en norvégien et visiter la vieille ville d'Antibes, ça a son charme.

Tout ça pour dire qu'il faut que je re-poste.

Donc j'en profite pour vous évoquer mes dernières trouvailles en matière de Paris-Province.

J'ai en effet toujours été stupéfaite par la facilité avec laquelle les gens habitant à Paris tendent à oublier qu'ils ne sont jamais qu'1/6 de la population française et n'occupent au final qu'une part restreinte du territoire français. Sans compter que cette part est loin d'être la plus belle (en matière de paysage, comprenez-moi. Non, parce qu'on dira ce qu'on voudra, mais on se fait vite chier en forêt de Fontainebleau). Ma nature optimiste tend à me faire que ça s'améliore avec le temps, mais en fait non, et voici 3 trucs chopés en plein vol et qui m'ont beaucoup fait rire (jaune ?) :

J'ai relevé les deux premiers dans une numéro du Point, magazine que je ne lis d'habitude jamais, ce qui pourrait expliquer pourquoi ça m'a marqué. Ainsi, à propos de la Terreur (pendant la RF, remember, Robespierre, toussa...), je lus en substance : "au final, ça a été moins sanglant que la Commune, qui a fait plus de 20 000 morts à Paris tandis que la Terreur n'en a fait "que" 3000". Euh, oué, mais la Terreur ce n'était pas que à Paris, hein... youhou, on est là ! Et ce d'autant plus que les villes en ayant le plus souffert sont plutôt Lyon et Nantes.

Anyway, si ce n'est que, dans ce même numéro du point, un article consacré à toute autre chose nous apprenait que c'est à partir d'expériences menées sur une carotte parisienne que l'on avait pu prouver que la cellule était l'élément de base commun à tous les êtres vivants (les biologistes, arrêtez-moi tout de suite si je dis des bêtises). Cette carotte est devenue une relique, pensez-vous, et a été soigneusement conservée dans le formol d'un laboratoire parisien jusqu'à ce qu'elle prenne la fuite en province, au Mans, lors des évènements de Mai 1968. Ben oui, comprenez-vous, Mai 68, c'est bien connu, ça n'a eu lieu qu'à Paris puisque la province dormait à ce moment-là (comme à son habitude...). Et que c'est un tout unifié qui a réagi de manière uniforme à ce qui se passait. Of course, qu'on pense à Grenoble II et à la fac de droit d'Aix.

Mais j'en reste là avec le Point car il n'est pas le seule à faire preuve d'un parisianisme éhonté. Ainsi, Radio-Trafic fait bien pire : vous vous mettez sur cette radio pour savoir s'il y a des bouchons sur les autoroutes est-ouest (c'est quand même mieux quand on fait Vendée-Dauphiné) et à quoi avez-vous le droit ? "dans le sens des départs, dans le sens des retours...", ou même mieux : "pour la province, on ne vous oublie pas : ainsi, de Limoges à Paris, vous avez des bouchons, pareil entre Rennes et Paris". Ok, et le reste de la France, les Bordeaux-Toulouse, Lyon-Strasbourg ou autres Angers-Bourges, non, ils n'existent pas ? Bon ben tant pis, je m'en vais écouter radio Alouettes...

samedi 20 février 2010

Le jour où j'ai changé de nom

Jusqu'il y a peu, je pensais que mon nom n'avait rien d'exceptionnel. En fait, je le trouvais juste banal et totalement franchouillard. Mais au moins, tout le monde pouvait le prononcer correctement ; je ne risquais pas de l'entendre systématiquement écorché, au moins, me disais-je. Je pensais qu'il n'y avait pas 30 façons de prononcer Bonnot. Le "t" à la fin peut-être, mais c'est tout.

J'avais tort.

Ne me demandez-pas pourquoi, mais il semblerait que les Norvégiens ne puissent voir mon nom sans épouver l'irrésistible tentation de le prononcer "Bonnet". Et ce même parmi les personnes n'ayant pas appris le français.

J'ai renoncé à comprendre ou à corriger, mais j'ai quand même entrepris d'expliquer au bureau qu'un bonnet, en français, c'était *fouille frénétiquement dans son sac à la recherche dudit bonnet* "ça".

Et "ça", en norvégien, ça se dit "ullelue".

Donc, tant qu'à n'être qu'un vulgaire bonnet, je me suis dit que ça faisait plus gazou en norvégien (d'autant que "ullelue" est vraiment un nom gazou !!) et voilà comment j'ai changé de nom.

C'est le moment où les gens qui m'ont en contact sur facebook ouvrent la bouche et poussent un grand "aaaaaaah..."

lundi 15 février 2010

Me voici de bonne humeur...

... parce que j'ai passé ce qu'on appelle une bonne journée, ie : normal mais avec quelques petits plus :
- d'abord, j'ai appris que Amnesty me remboursait mon abonnement de bus. A 600 kr (75 euros) ledit abonnement, ça fait plaisir.
- ensuite, j'ai connu un succès fulgurant avec mes projets d'exposés en français sur Amnesty à direction des lycéens norvégiens. Sitôt un mail envoyé que je recevais déjà la réponse d'un prof. Héhé...

En plus, j'ai surmonté mon obstacle mental number 1 en passant des coups de fil en norvégien. Pas sans mal, cela dit. Je me suis sentie à un moment comme ces personnages sortis de l'imagination d'Agatha Christie qui, se retrouvant aux mains de l'ennemi, balancent des phrases au pif et attendent de voir ce que ça va donner sur leurs interlocuteurs. Loin de moi l'idée de considérer les Norvégiens comme des ennemis, mais n'empêche que y'a de ça parfois : ils me parlent, je captent la moitié des mots, je hasarde un "ja ja" et j'attends de voir. Le pire, c'est que ça marche.

Deux moments de raidissement confinant à l'aigreur, toutefois :
- je ne sais trop pourquoi mais dans le bus je repensais à l'intervention d'Elisabeth Badinter l'autre jour sur France Inter (dont j'aurais beaucoup à dire, mais comme mon intention n'est pas ici de dispenser des cours de gender equality , je m'abstiendrai de déverser mon trop plein de commentaires sur ces pages) et de petit en petit ça m'a fait penser à la question de l'allaitement maternel (redondant, comme expression, en fait ; l'égalité des sexes, je veux bien, mais en matière d'allaitement, ça connait ses limites) et des couches. Alors les couches lavables, j'accepte le concept, mais l'allaitement pendant 6 mois et même 3 ans selon les accros, mon dieu, rien que d'y penser, ça me fait horreur. Franchement, l'idée d'un chiard qui vous mord le néné tout en pleurnichant parce que ça ne va pas assez vite, raaah, non merci... déjà, rien que l'idée d'avoir du lait qui vous sort par là... brrrr... Je me fais subitement penser à Robin dans HIMYM :
- Lily : "s'il a pu obtenir la garde de ses enfants, c'est qu'il a un très bon avocat"
- Robin : "ah, oui, parce que c'est considéré comme une chance, d'obtenir la garde de ses enfants ? Damit !"

- j'ai encore commis l'erreur d'aller jeter un coup d'œil du côté des réactions des lecteurs du Monde.fr. Cette fois, c'était en réponse à un article insistant sur la nécessite de parler de l'homosexualité et de lutter contre l'homophobie dès l'école primaire. Je passerai sur les réactions de type "ah oui, et pourquoi pas parler de la drogue et de la pédophilie tant qu'on y est" (marrant, quand même, je croyais qu'on avait cessé de considérer l'homosexualité comme un dérangement mental depuis le début des années 1980...) ou sur le "oué, parce que l'hétérosexualité n'est qu'un construit de la domination masculine" (sic), mais je voudrai quand même m'énerver momentanément sur le type de commentaires suivant : "mais laissons ces pauvres têtes blondes à leur innocence..."
Genre l'école est un havre de paix ! Remettez-vous dans vos jeunes années et dites moi si vous l'avez jamais rencontrée, l'innocente tête blonde. Franchement, j'en doute. C'est cruel, un monde d'enfants.
Et puis il faut aussi arrêter de croire que les gamins ne comprennent rien à rien. D'un côté on leur balance dans les tronche des divorces, des déménagements ou des parents licenciés (qu'ils soient affectés directement ou non ; on l'a tous connu, l'ami qui déménage, par exemple), et de l'autre on voudrait croire qu'ils ne comprennent rien à la vie et qu'il faut les laisser dans leur innocence jusqu'à leurs 12 ans ! La fable selon laquelle tout leur viendrait subitement ! Mais sérieusement, qui peut y croire ?

lundi 8 février 2010

Bon, je n'ai guère été loquace ces derniers temps, mais il faut dire que j'ai passé ces 10 derniers jours en compagnie de l'ami Richard, qui a la truffe fraîche, comme en témoigne son départ précipité ce matin : mossieur a passé la nuit à rédiger une double-page pour son cours d'économie de l'énergie alors qu'il avait quand même une semaine pour s'y atteler, et ce d'autant plus que j'ai commencé mon stage. Richard, si tu me lis... (ah, d'ailleurs, tu m'as aussi laissé une paire de chaussettes et un stylo). Au programme de ces 10 jours : balades en ville, musées et Lysefjord. En matière de musée, Stavanger fait dans l'originalité : musée de la conserve (qui se dit "hermetikk" en norvégien, je kiffe) ou musée du pétrole. Les 2 sont vraiment intéressants, en particulier celui du pétrole. Quant au Lysefjord, il s'agit du fjord le plus proche de Stavanger. On trouve en son sein les célèbres sites de Prekestolen ou encore du Kjerag. Marrez vous quand je dis que c'est célèbre, tapez ça sur google et vous verrez. Mais je développerai plus sur le sujet, en particulier de manière photographique, dans un prochain billet.

En attendant, je m'habitue : à la manie qu'ont les Norvégiens d'être infoutus d'éteindre la lumière quand ils quittent une pièce ; au clavier norvégien (voilà même que je commence à taper des q à la place des a et à pester face au point du clavier azerty. C'est vrai, quoi, pourquoi diantre n'est-il pas directement accessible ?! Je suis sûre que tout ceci résulte d'un lobby forcené de l'Académie française pour encourager l'usage du point-virgule) ; à l'accent de Stavanger. Enfin, au dialecte, devrais-je dire. La première fois qu'on vous sort "Kva heter hu ? - Ei vet iche" à la place de "Hva heter hun ? Jeg vet ikke", ben franchement, ce n'est pas juste déconcertant ; c'est carrément incompréhensible. Mais bon, petit à petit, l'oiseau fait son nid : je me mets même à penser que je dois dire "takk for sist" quand je croise quelqu'un avec qui j'ai discuté quelques jours auparavant.

Je commence aussi à avoir ma petite routine à Amnesty, entre pétitions, traductions dans toutes les directions et conversation autour d'un café à propos de tout et n'importe quoi (comprendre : de trucs que des fois je comprends). Je ne sais toujours pas dire "fourchette" en norvégien, mais "droits de l'homme", "détention sans jugement ni accusation" et "augmenter la visibilité de notre association au niveau local", ça, je commence à maitriser. Et même à comprendre quand on aborde ces sujets.

Ce que je ne comprends toujours pas, par contre, mais ça, ça relève de la différence culturelle insurmontable, ce sont les sandwichs d'Inge : beurre + pesto + fromage. Je vais me limiter au salami/concombre, je crois.

Et profiter de cette info passionnante pour rebondir sur une question qui pourrait affleurer à ce stade : c'est qui, Inge ? C'est le 2ème salarié du bureau, la 1ère étant Camilla, ma responsable de stage. Sinon, on a les stagiaires : Ine qui rigole tout le temps même que j'aime bien son rire, Ida qui sourit tout le temps, elle, et qui ponctue ses phrases de "yes", Kristina qui vient le soir au bureau si bien que je ne la vois pas souvent, et Nour, l'électron libre, qui vient quand elle vient.

Autres membres de mon paysages Amnesty, et de Amnesty tout court, d'ailleurs, les bénévoles. Parmi eux, surtout, Mai, que je comprends parfaitement (vous ne pouvez pas savoir ce que ça fait plaisir !) et puis Kim et son pote, mes amis du "takk for sist" qui me traumatisent avec leurs snus.

Voilà pour la galerie photo spéciale Amnesty. Promis, la prochaine fois je vous mets de vraies photos - du Lysefjord, tant qu'à faire.

lundi 25 janvier 2010

Velkommen til Stavanger

Me voici présentement affalée dans un canapé tiptop gazou face à une émission de télé suédoise mega pourrie, ceci en compagnie de mes deux nouvelles colocatrices, j'ai nommé Sofie et Marie (à prononcer plutôt avec un "a" à la place du "e").

Et je l'ai mérité. Même si cela me fait penser que j'ai toujours la moitié de mes fringues à laver - je hais les détachants avant lavage qui s'ouvrent dans les valise précisément lorsqu'on oublie de les emballer dans un sac plastique.

Mais je l'ai mérité disais-je, parce que le monde est plein de méchants dont la mission semble être de vous pourrir la vie au maximum. Parmi eux, et dans les premières places, se trouve la RATP. Pendant longtemps, je suis restée une jeune fille naïve et innocente : je pensais que le métro était tout bonnement inaccessible aux personnes affligées d'un handicap physique, qu'il soit permanent ou temporaire. Mais maintenant je sais : la RATP n'est pas seulement inaccessible par manque de réflexion ; elle s'ingénie également à tout mettre en œuvre pour s'assurer que, même si on y mettait toute la bonne volonté du monde, on ne puisse décidément qu'avoir l'air idiot dans son ventre dès lors qu'on n'est pas "normal". Et pour cela, elle a inventé un engin diabolique : le tourniquet avec la porte derrière. Essayez de passer cette horreur avec un sac de 20 kilos et vous comprendrez.

Autre ennemi décidé à me terroriser : le réseau de transports en commun de Stavanger. Le problème avec celui-là, c'est que je n'ai pas fini d'en découdre. Il semblerait que la RATP locale ait décidé d'initier ses usagers au jeu de piste et soit, par conséquent, infoutue d'afficher les noms sur les arrêts de bus. Heureusement qu'il y a des âmes serviables partout, à Paris comme à Stavanger tout au moins.

Bon, tout ça pour ne rien dire. C'est le moment de caser un résumé des épisodes précédents : j'ai donc passé 3 semaines à Grenoble *home sweet home*, 3 semaines pendant lesquelles j'ai fait tout ce que je pouvais bien faire : voir les gens, aller en montagne, faire la fête, passer des heures à rédiger des mails en norvégien, flipper par peur de me retrouver à la rue à Stavanger, perdre au Blind test du Tord Boyau et donc gagner une bouteille, me casser le nez devant la vitrine du K'fée des jeux qui a changé ses horaires, exulter face à la certitude d'avoir trouvé un logement, me replonger dans ma série hors erasmus (cette saison, les scénaristes ont décidé de fouiller dans les cartons de la saison Bac+1, tant de mon côté que de celui des autres (ou comment faire des allusions seulement compréhensibles par soi)), découvrir Mémé Paulette, jouer les marieuses sans le vouloir ou encore me replonger dans Agatha Christie. Le tout assaisonné de ski, hockey sur glace, mon frèèèère et autres joies nichées au creux d'une maison bleue non adossée à la colline. Et au milieu de tout ce délicieux bazar, la décision de repartir le 25 en Norvège, non sans un petit détour par Paris auparavant.

Aussitôt dit, aussitôt fait, et cela nous ramène à la RATP. C'est ainsi que j'ai sauté dans un TGV samedi à 7h25 et retrouvé Alix, puis Claire. Au programme : quartier latin, quartier latin et quartier latin, le tout fourré à la rue Mouffetard et parsemé de Kremlin-Bicêtre et de soirée à Villejuif chez Olga-victime-des-jeux-de-dés-où-on-boit. En dessert : le film de Johan Sfar sur Gainsbourg (recommandé par la maison ; mention spéciale pour la scène où l'on entrapercevoit Diiiiooonyyysoos) et un sandwich libanais. A ce propos, évitez les feuilles de vignes défraîchies, ça a des effets délétères qui ont valu à Alix de me dire au revoir du fond de son lit.

Après cela, le voyage, rien à ajouter. Et puis l'arrivée dans une maison tout à fait cosy qui sera mon logement pour les 5 prochains mois. Franchement, ça glutine grave, comme qui dirait. Ma chambre est petite, mais peu importe, y'a le salon à côté. Salon dans lequel je suis donc présentement affalée face à la télé. Et sachez que les Norvégiens savent aussi faire en matière de programmes télé pourris. Enfin là c'est un truc suédois, mais quand même. En gros, c'est une émission de télé-réalité dont le sujet est la découverte de Hollywood par 4 suédoises toutes plus péroxydées les unes que les autres. A propos de télé, est-ce qu'il y a une pub pour la Redoute en ce moment à la télé française ? Parce qu'à peine arrivée, vlà que je me retrouve face à la tour Eiffel et une voix masculine qui susurre "la Redoute" avec un accent norvégien assez sensas'. En route pour l'immersion...

dimanche 27 décembre 2009

Flash info

Voilà, suis rentrée à Grenoble, mais pas encore chez moi, haha (panne de chauffage pas réparée avant lundi donc pour l'instant on squatte chez ma tante). Je devrais y rester jusqu'au 21 ou au 26, ça dépend de Richard. D'ici là, je suis disponible donc avis à la populace !

mercredi 25 novembre 2009

Qu'est-ce qu'on se marre...

Suis en train de réviser mon cours de North-South Developement et je voulais partager avec vous ces notes, griffonnées sur ma feuille de cours :
moi : "question existentielle du jour : pourquoi les profs rigolent-ils avant de dire des trucs pas drôle du tout voire carrément chiants ?"
Aude : "Je ne sais pas, peut-être parce qu'elle voit qu'on s'endort et donc elle a en face d'elle une foule de personnes avec une face étrange"
Benjamin : "Peau de vache est dingue ! Elle est dans une mouvance mystique... Pour ce faire elle a adopté un style destructuré pour dire fuck à la société de consommation et pour prôner les valeurs de l'anarchisme. Elle est anticonformiste (cf ses lunettes "œil de chat"). Sa bague est à son style ce que l'épée de Luke Skywalker est à Star Wars... une arme !"

Bon, à notre décharge, ce cours était d'un ennui assez mortel. Pour tout dire, il était centré sur les TNCs (Transnational Corporations, yeah... Nike, Total, Nokia, Microsoft tout ça... Vous savez, ces entreprises qui possèdent à elles seules l'équivalent du PIB de l'Afrique Subsaharienne) et sur leurs stratégies d'investissement à l'étranger. Donc je crois que ça justifie légèrement le craquage du jour.

Bon, sinon, j'en ai marre, vla que je me mets à foutre de l'anglais dans mon français quand je révise : et que je te parle de globalisation (mais ça existe aussi en français, non ?), et de texte qui refers à... En plus, je me fais distraire par la radio norvégienne, maintenant que je comprends ce qu'elle raconte (à peu près ; je dois dire que je n'ai pas compris ce qui se passait à Bergen, mais même en lisant le journal, je n'ai pas plus compris. Enfin si, j'ai capté qu'un gars était allé se dénoncer à la police mais qu'il avait été ensuite laissé en liberté. Par contre, le motif de base... j'ai compris qu'il avait attaqué un magasin de gâteaux au poivre après avoir bu de la limonade de noël... donc je pense que ce n'est pas ça !)

Allez, j'y retourne, promis, un jour j'arrêterai de poster des trucs à la con pour vous raconter enfin mon voyage polaire. Cela dit, ça demande plus de temps que les trucs à la con.

jeudi 19 novembre 2009

Hem

C'est promis, je ne râlerai plus jamais à propos du hold up de la coupe du monde de football 2006, et de cette finale quasiment volée aux Français par les Italiens. Parce que là, le match France-Irlande, ce n'était du quasi mais bel et bien du vol !(à main armée, hahaha) Pour ceux que ça intéresserait et qui n'étaient pas devant leur télé hier, vla la vidéo-résumée comme les gens savent si bien en mettre sur You Tube.

En plus, fallait que ce soit face à l'Irlande, spo juste, je les aime bien, moi, les Irlandais, avec leurs trèfles, leurs lèprechaumes et tout, même si je trouve leur pays trop pluvieux. (les Italiens, ça leur aurait fait les pieds au moins ! Euh, que disais-je, déjà ?). Franchement, je suis même frustrée. C'est pire de gagner quand on ne le mérite pas. (Bon, les joueurs ne doivent pas dire la même chose vu le pognon qu'ils vont se faire... encore que, s'ils continuent à jouer comme ça, ils ne risquent pas d'aller bien loin !)
Je sens que je vais faire halluciner Marie quand je vais lui raconter ça (bon, pour l'instant elle doit être quelque part entre Aalesund et Trondheim, mais je la rejoins demain à Trondheim, précisément, et non, ça n'a rien à voir avec le dessinateur de BD). Elle joue(ait) dans la ligue 1 de foot féminin en Suisse, donc elle connait (si peu) le sujet. Et pour la citer : "mais c'est un scandale, votre équipe ! Vous avez des joueurs d'un niveau exceptionnel et vous n'êtes pas foutus de jouer bien ! Qu'est-ce que vous attendez pour virer l'entraîneur, franchement, c'est un scandale !" Amen.

Promis, la prochaine fois je vous parle de la Norvège. Ca devrait être assez facile, dans la mesure où je m'en vais en vadrouille demain matin. Lever 5h, parce que Melvin veut qu'on soit sûr de ne pas rater l'avion. RV 6h15 à la gare, sachant qu'il faut compter 20min de train jusqu'à l'aéroport, que l'avion décolle à 8h05 et que c'est une liaison intérieure, franchement, je pense qu'on sera plus que tranquille. M'enfin je ne dis plus rien en matière aéroportuaire depuis mes exploits de la fin octobre. (pour ceux qui ne seraient pas au courant : j'ai quand même réussi à faire rater son avion à Ronan. Oui.)

Notez d'ailleurs que le vol retour Tromsø-Oslo m'a causé bien des soucis ! Ne voyant rien venir sur ma boîte mails à l'exception des billets pour le bateau (pour ceux qui n'auraient pas suivi : on va faire Trondheim-Tromsø en longeant la côte atlantique), j'envoie un message à Melvin il y de cela une dizaine de jours pour lui demander si c'est lui qui a les billets, il me répond "oui, oui". Mais, tadam, mardi, juste avant de partir à Paris, il m'envoie un message me disant : "j'ai les billets pour le vol Oslo-Trondheim, as-tu ceux pour Tromsø-Oslo ?" Arrrrg. Et bien sûr, je n'avais toujours rien. Je vais sur Norwegiandotcom, je tape le numéro de référence et "din reservasjon ble ikke funnet". Comment ça, elle n'a pas été trouvée, ma réservation ? Je me voyais déjà à Tromsø le dimanche soir en train de devoir quémander de nouveaux billets... Melvin me donne un numéro à appeler, ça ne fonctionne pas avec Skype. Je retourne sur le site de Norwegian, et, haha, autre numéro. J'appelle, la dame-au-téléphone-qui-parlait-anglais-et-qui-est-subitement-passée-au-norvégien me trouve dans son fichier à coups de numéro de carte bancaire et me renvoie le truc. Que je reçois. Youhou ! Mais ce n'est pas tout, car c'est le moment que mon compte d'impressions a choisi pour se vider alors que j'étais persuadée qu'il me restait encore 2 copies. Pia a fini par me sauver la vie (aérienne, tout du moins, jusqu'à ce qu'on apprenne que mon avion s'est crashé) en imprimant le truc sur son compte. Ouf ! Maintenant, j'ai ma lessive qui sèche et je n'ai plus qu'à prier pour avoir suffisamment de trucs à mettre dans mon sac. Oui, j'aurais pu laver mon linge hier soir, je sais.

mardi 17 novembre 2009

Continue dans le mode "brève"

Juste pour vous dire qu'il y a moins de femmes au Parlement français que dans celui des Émirats Arabes Unis. Je ne sais pas ce que vous inspire, m'enfin bon...

lundi 16 novembre 2009

Je crois que je deviens geek

Jugez plutôt : voulant lire le haut de ma feuille qui était coincé suous l'ordi, j'ai machinalement tourné la molette de la souris pour faire descendre le document.

Ça craint, non ?

Déjà que je m'étais mis(e?) à regarder The Big Bang Theory...

Sur ce, je retourne à mon exam : "dans vos lectures, il y a plusieurs exemples de changements majeurs dans la vie des hommes et femmes vivant dans les pays nordiques*. Donnez des exemples et des arguments qui abondent dans ce sens, mais également des exemples et arguments qui vont à l'encontre de ce postulat, et évoquez les conditions ayant pu changer les vie de ces hommes et femmes". Youpi. Vous avez 3 jours pour écrire entre 6 et 8 pages.

*Petite précision sur les terminologies, vous vous coucherez moins bêtes ce soir comme ça : pays nordique = Finlande, Suède, Norvège, Danemark, Islande. Scandinavie = Norvège, Suède, Danemark.

jeudi 12 novembre 2009

Vrac

Grudu, je prends le temps de gazouiller-touiper au milieu de la somme de travail que j'ai en ce moment. Jusque là, je ne me suis pas trop fait violence niveau boulot, mais 3 semaines (enfin, plus que 2 et demi) corsées m'attendent. Jugez plutôt : j'ai un examen de lundi à jeudi, oui, 4 jours, c'est un exam à la maison, je trouve ça pas mal, m'enfin faut quand même le bosser. J'ai également un fichu term paper à rendre d'ici le 25 novembre (mais je peux rayer le "d'ici", je crois) et un partiel, classique, lui, le 26. Sachant que du 20 au 22, je ne suis pas là. Yiha. Vivement le 27.

Mais j'ai une amie à mes côtés : la salle de sport. Je sens des pupilles se dilater sous l'effet de l'horreur, mais si, si, je vous jure, je ne sais pas si c'est parce que je me norvégianise grave, mais aller faire un peu de fitness entre 2 sessions boulot, c'est ultime. Tu ne penses à rien, ça te vide le cerveau, c'est génial. Awesome, comme qui dirait. Je pense même que je vais aller faire du jogging samedi, s'il ne neige pas. Oué. Faut dire, à force de croiser des gens qui cours de partout (mais pas après le métro, j'entends), ça donne envie... Et n'empêche, ça paie. Avec Marie, on a pour coutume de dire que les gros sont une catégorie qui n'existe pas en Norvège. Et on n'est pas loin de la vérité : je suis allée voir sur le site de l'OMS, leur nouveau rapport sur le sujet compte 6% d'obèses en Norvège (16% en France).

Voilou, sinon que dire de mes dernière trouvailles... j'aimerais pouvoir continuer mes explorations d'Oslo et de ses environs (Ekersberg, notamment), mais boulot, boulot, boulot. Enfin, en même temps, ça tombe bien, on n'a pas vu le soleil depuis le 2 novembre, donc l'incitation à aller s'égayer dehors se fait moindre. D'autant que le soleil-qui-se-cache-derrière-les-nuages s'en va définitivement à 16h30. (à ce propos, Rémy, j'ai résolu notre question existentielle : c'est normal qu'il fasse nuit plus tôt chez toi, tu es plus à l'est et tu es sur le même fuseau horaire. Gnarf Gnarf). Donc, au lieu d'explorations dans la ville, ben je réfléchis. Oué, ça m'arrive. Et dernièrement, je réfléchissais à toutes ces lois étrangères qui me font tellement envie. Ainsi, simplement et brièvement :

- pourquoi est-ce qu'on ne fait pas comme les Suédois par rapport à la prostitution ? En France, c'est la prostituée qui peut être punie, pas le client. En Suède, c'est le client. Ce qui me semble être beaucoup plus pertinent, tout de même (je suis quand même tendre, je ne dirai même pas qui est à l'origine de cette disposition débile en France).

- à quand le "daddy quota" ?? C'est un truc qui existe en Norvège, en Suède, en Islande et en Allemagne et qui est en passe d'être adopté en Pologne. En gros, ça part de la volonté d'impliquer plus les pères auprès des enfants, en particulier les plus jeunes. Et donc, au sein du congé parental (qui couvre à la fois ce que nous nommons congé maternité et congé parental en France), il y a un certain nombre de mois réservés à la mère, un certain nombre réservés au père, et le reste se partage comme le couple l'entend (dans 90% des cas, ça va à la mère, donc). Si les parents ne prennent pas la période réservée, elle est perdue, point. Donc, par exemple, en Suède, le congé dure 15 mois (je crois), et 2 sont réservés au père. Les meilleurs étant quand même les Islandais : 1/3 au père, 1/3 à la mère, le reste à qui veut.

- Contrairement à ce qu'on pourrait être tentés de croire, les Suisses francophones ne sont pas "comme nous", si tant que est que cela signifie quelque chose. Et leur système politique est notamment très différent puisque les Suisses votent toutes leurs lois de façon directe. Ainsi, Marie a déjà dû voter en septembre, et elle a de nouvelles lois à voter dans quelques jours. On peut se demander si c'est vraiment une bonne chose, que de tout le temps voter, y compris sur des sujets qu'on ne maîtrise pas, mais n'empêche, quand on compare au fonctionnement politique français actuel (notez que je n'ai pas dit "système"), ça fait envie.

D'ailleurs, à propos de fonctionnement politique français actuel, je m'interroge : pourquoi veut-on interdire la burka en France ? Quel est le fond de l'affaire ? Peut-on vraiment justifier ça au nom de l'égalité entre les sexes dans un pays qui compte 20% de femmes députées (d'ailleurs, pour votre gouverne, le pays qui compte le plus de représentantes féminines est le Rwanda : 63%) ? Loin de moi l'idée que le nombre de femmes investies en politique résume à lui seul à cette question. Mais fallait quand même que je le case. Toujours est-il que les 800 burkas qui se baladent en France servent, à mes yeux, de bouc émissaire. Je ne dis pas que ça ne pose pas de problème, et je trouve ça assez moche, dans tous les sens du terme. Mais je dis juste que ce n'est pas en interdisant aux gens de se fringuer d'une certaine manière qu'on règle les problèmes, et que l'argument de l'égalité entre les sexes tend de plus en plus à être utilisé comme un motif d'exclusion des gens qui ne sont "pas comme nous". (Ça marche aussi en Scandinavie, ne vous inquiétez pas pour ça) A-t-on cherché à savoir qui se cachent là-dessous ? Non, en fait on n'en sait rien et on s'en fout, car elles ne sont qu'un prétexte. A quoi ? Peut-être à exprimer une certaine identité qu'on voudrait toujours d'actualité. Et aussi parce que pour définir qui nous sommes, on commence toujours pas dire qui nous ne sommes pas. Quitte à exclure. Cela dit, qui est vraiment intégré ? Combien de personnes correspondent à la figure du citoyen idéal ?
Voilà, je réfléchis, vous dis-je...

lundi 9 novembre 2009

Ca c'est le pompon !

Vla que je reçois des spams en allemand maintenant sur ma boîte mail !

Déjà que j'avais les pubs internet en norvégien...

(C'était la minute *Caro regarde ses mails tout en faisant la tournée des blogs et fait donc profiter de ses découvertes à ses lecteurs*)

mardi 27 octobre 2009

Erasmus Way of Life

A force d'en parler, on ne sait plus ce que c'est : le concept de l'erasmus. On en a quelques échos, à coups de photos postées sur les blogs des autres, pleines de gens (jamais les mêmes) qui font des grands sourires et le V de la victoire, des photos dont la légende ne manquera jamais de mentionner la provenance de ces personnes, provenance rarement locale au demeurant. Et puis on sait ce qu'on est censés être, quand on est erasmus : quelqu'un qui fait tout le temps la fête, qui va visiter des coins que la plupart des locaux n'auront probablement jamais vu et qui se soucie de ses notes comme de sa première dent puisque de toutes façons, la seule chose qui compte, c'est de valider son semestre, peu importe que ce soit à coups de A ou de E étant donné que l'université d'origine ne prend pas en compte cette notation. Elle veut juste que vous ayez 30 crédits. Point.

Voilà le genre de personnage qui m'intriguait fortement au début et auquel je me sentais bien en peine de ressembler, quand même. Ok, je voyage. Certes. (Même qu'on va aller de Trondheim à Tromsø en novembre et que si vous regardez sur une carte de la Norvège, vous comprendrez probablement mon gazouillage intempestif à ce propos). Et mes fréquentations norvégiennes sont épisodiques. Non que je ne discute jamais ni ne passe de soirée avec des Norvégiens, mais ce ne sont pas les personnages principaux du sitcom que je vis présentement. Oui, ma vie en Norvège est un sitcom de type Friends ou HIMYM ; petite pensée émue pour ce gars italo-turc qui draguait Aude et qui lui envoyait des textos de type "tu pourrais répondre quand je t'appelle". Ah Sergio, si tu m'entends... Je me souviendrais toujours de ce moment où on t'a croisé dans le métro alors que j'expliquais à Aude que ma vie était une série télé... En plus, tous les gens sont beaux ici.

Donc, d'accord, je présente quelques caractéristiques de l'Erasmus-type. Mais quand même : d'abord, je bosse. Si, si, c'est vrai. Ensuite, le concept de l'exchange student qui va de beuverie en beuverie (de party en party, diront nous pudiquement), je ne connaissais guère. Mais je dois dire que depuis 2-3 semaines, je commence à saisir,à coups de parties improvisées. Dernier épisode en date : une cage party baroque qui se transforme en lift party, 4th floor party puis corridor party.

Je vais vous expliquer tout ça, ne vous inquiétez pas, mais d'abord, laissez-moi vous introduire un concept : la kitchen party. Il faut savoir que, dans la plupart des résidences étudiantes, les cuisines sont partagées par plus de 2 personnes. Ça peut varier de 5 à 10 et ça peut être un bonheur plus ou moins grand, cf la tronche de la cuisine de Melvin ou les déboires de Aude, à comparer avec les cuisines nickel de Benjamin ou Johanna. Un point commun à toutes ces cuisines, cela dit : elles sont grandes, donc on peut y mettre du monde, donc on peut y faire la fête. Et la kitchen party fut. C'est comme cela que je me suis retrouvée dans la cuisine d'une parfaite inconnue qui fêtait son anniversaire il y a de cela 2 semaines, avec plein de Polonais et de Norvégiens puisque cette parfaite inconnue était une Polonaise faisant ses études en Norvège. Dingue. Tout cela m'a valu ensuite de prendre le dernier métro (minuit 53)direction le centre ville pour atterrir dans un bar dansant dans lequel je me suis éclatée sur "Don't stop me now" en compagnie d'un Azéri qui, manifestement, aimait beaucoup Queen lui aussi. Dit comme ça, la mondialisation, c'est sympa, non ? Et il me faut également mentionner cette balade sur Karl Johan Gate en compagnie d'un Norvégien fort sympathique orginaire de Trondheim, à la recherche d'un distributeur. C'est beau, la vie...

Le concept de la kitchen party étant posé, sachez qu'il peut se décliner à l'envie avec tout nom d'endroit où il y a du monde et où on peut faire la fête. C'est ainsi que la semaine dernière, je reçois une invitation de Melvin sur fasbok à l'évènement "Cage Party", ie : fête dans la cave d'un des immeubles de Kringjså, une des plus grandes résidences étudiantes, dont j'ai déjà dû vous parler (à prononcer kringcho en roulant le "r" si vous ne voulez pas avoir l'accent de Bergen). Il faut savoir au préalable que tous les immeubles étudiants ont un sous-sol dans lequel il y a un endroit de stockage attribué à chaque chambre et c'était donc dans cet environnement qu'une party était organisée samedi dernier, party à laquelle je me suis rendue en compagnie de Ronan, qui était de passage, et de la joyeuse bande de Copenhague, j'ai nommé Aude, Marie, Melvin et Marc.

Et c'était assez ubuesque, en fait. On a débarqué dans cette cave blindée de monde, on a dû croiser à peu près toutes nos connaissances erasmus jusqu'à arriver à un endroit un peu moins bondé dans lequel on a pu se poser... pas longtemps puisque l'alarme incendie a dû se déclencher moins d'une demi-heure après. Notez que les détecteurs de fumée sont des êtres peu sensibles, vu la dose de fumée de cigarettes qu'ils se sont pris dans la figure avant de lancer leur mouvement de protestation. Notez aussi que s'il y avait eu vraiment le feu, j'aurais eu le temps de cramer 10 fois avant de me rendre compte que l'alarme sonnait ; autant ça vous casse les oreilles quand vous êtes tranquille dans votre chambre, autant dans la cave, on l'entend vraiment peu. M'enfin nous avons fini par sortir, ainsi que tous les gens qui se trouvaient à ce moment-là dans le building 10 de Kringsjå. C'est ainsi que j'ai croisé ma copine Mariam qui a le malheur d'habiter cet immeuble... Et je comprends maintenant pourquoi je suis réveillée de temps à autre par l'alarme incendie de Vestgrensa. Scrogneugneu.

On a donc poireauté une demi-heure dehors avant de pouvoir rerentrer. Et là, que faire ? On a manqué de se prendre une bassine de flotte sur la courge, balancée par des nanas du 5ème exaspérées du barouf qu'on faisait en bas (auquel contribuait plus que fortement la bande d'espagnols bourrés à côté de nous, je dois dire). Puis, la grande question s'est posée : on va où, maintenant ? La rumeur grandissait, disant qu'il y avait une kitchen party au 8th floor. Et d'aller au 8th floor, ou plutôt, de se retrouver coincés dans l'escalier parce que trop de monde devant. Et de descendre au 4th floor sur les conseils d'un gars placé une dizaine de marches plus haut (enfin, si on veut être plus précis, c'était surtout un espèce de cri composé de "and now, go to 4th flooooooor!"). Arrivés au 4th floor, un constat : il ne se passe rien au 4th, faut qu'on y aille. Mais c'était sans compter sur certaines personnes suffisamment bourrées pour aller cogner aux portes des différents couloirs en gueulant un truc à base de "ouvrez, on veut faire la fête !!". Là, c'est le moment où je nous suis tous maudis intérieurement à la place (ou plutôt en choeur avec, je pense) des pauvres âmes qui tentaient de roupiller au 4ème. Vous devez vous dire que j'aurais pu sortir, dans ce cas, mais le fait est que j'étais en plein milieu d'un gros tas de gens et que ce n'était pas forcément évident. Cela étant, heureusement pour les pauvres âmes, on a fini par dégager (mon échelle de temporalité me souffle qu'on a dû les traumatiser pendant une vingtaine de minutes), non sans avoir testé, auparavant, le concept de la lift party, par procuration. Par lift party, comprendre : se retrouver coincé dans un ascenseur. Et par procuration, comprendre : j'étais juste à côté de l'ascenseur et il a une vitre. Bon, ils n'y sont pas restés bien longtemps. Ils étaient 3 dans l'ascenseur, 2 gars et une fille polonaise mais sachant couramment le norvégien, et Melvin m'a raconté a posteriori que les 2 gars ont tenté vainement de comprendre ce qui était écrit jusqu'à ce que la fille en ait marre d'être coincée et appuie sur le bon bouton.

Et ceci nous ramène donc à notre départ du 4th floor, direction le fameux 8th floor où il y avait effectivement une kitchen party qui, pour nous, s'est transformée en corridor party dans la mesure où c'était là qu'il restait de la place. C'est ainsi que je me suis retrouvée à parler avec Matt, from California and from the same norskkurs as me, de la réforme du système de santé américain voulue par Obama. En bon Californien, il comprenait aussi peu que moi les oppositions à ce projet donc je n'ai pas bien pu éclaircir le mystère étatsunien ; d'autant que Marc, américain lui aussi, vient du Maryland et qu'ils sont aussi démocrates par là-bas. (N'empêche que les Américains qui viennent en Norvège doivent halluciner ; imaginez qu'il y a quand même un monopole sur le lait, ici !)

Bref, tout ça pour rentrer à 3h30 du matin, mais notez l'astuce : c'était 2h30 avec la nouvelle heure. Et pour ceux, perspicaces, qui me feraient remarquer que j'ai dit plus haut que le dernier métro était à minuit 53, je répondrais qu'on est rentré à pieds, ça nous a pris 25 minutes et c'est cool parce que c'est en descente.

vendredi 9 octobre 2009

De la joie des langues

C'est toujours pareil : quand on apprend une langue, on tombe inéluctablement sur des mots tripants.

- Il y a d'abord ceux qui s'écrivent d'une certaine manière et qui se prononcent d'une autre. Ils provoquent toujours un réflexe de type : "ben pourquoi ils écrivent ça s'ils ne le prononcent pas ?" chez le novice. Mais quand le novice est français, il réfléchit 2 min et se dit qu'il ne doit pas continuer sur cette pente glissante, à moins de déconstruire la totalité de la langue de Molière (et de la sienne, a fortiori). Toutes les langues ont ce type de mots, mais le norvégien l'a en excès ; je vous mets au défi de prononcer correctement åsjordet (aide de départ : å = "o") ou forskjellig ("différent" ; åsjordet est le nom du terminus de la ligne 6), ou même norsk.

- Il y a également ceux qui ont des doubles-sens intéressants. Dernier exemple en date : le mot gift en norvégien signifie à la fois "marié" et "poison". Si vous êtes en train de vous dire "ah ben c'est marrant, c'est comme "cadeau" en anglais", sachez que c'est normal, c'est le même mot à l'origine. La mariée comme cadeau fait à l'homme, il est pas beau le langage médiéval ?

- Et, enfin, plus perturbants que tout, les mots qui s'écrivent pareil que dans votre langue mais qui ont un sens totalement différent. Notez d'ailleurs que "mot" (à pononcer "moute") signife "contre" (pour 2 équipes qui s'affrontent, par exemple) ou "envers" en norvégien. Ça, c'est juste pour l'anecdote. Ce qui est plus ennuyant, c'est quand :
1°) à la base, c'était un seul et même mot mais le sens a totalement différé. Cf "gift" ou cf "dramatically" en anglais. C'est vraiment rude, je vous jure, d'entendre que l'augmentation de la proportion de femmes qui travaillent a été dramatique depuis les années 1970. Dans le même genre, c'est con d'avoir l'habitude de dire "tac" comme onomatopée dans un pays où "takk" signifie merci.
2°) ledit mot a un sens totalement banal dans la langue que vous apprenez mais pas dans la votre. Ainsi, je crois que je ne pourrai jamais dire le mot "oreiller" en norvégien, parce que ça se dit "pute". Mais nos amis germains sont en bien plus mauvaise posture que moi, incapables de prononcer le verbe "recevoir, obtenir" au prétérit, parce que ça se dit fikk et je vous laisse deviner ce que ça peut bien vouloir dire en allemand. Pia me racontait ainsi qu'elle avait pas mal bugué en lisant cette phrase tirée de notre bouquin : "jeg fikk mange nye venner" (traduction : "j'ai rencontré plein de nouveaux amis")

Au passage, je vous mets au défi de parler très bien 4 langues d'affilé. J'utilise l'anglais et le français tous les jours, et rien que ça, ça donne des trucs assez marrants. Ce n'est pas de moi, mais je me permets quand même de citer ce texto de Aude, très révélateur : "je suis trop désolée pour toi... [je venais de rater lamentablement le métro dans lequel on était censé se retrouver] Mon building is 14 et l'étage 7, blablabla"
Ensuite, ajoutons à cela qu'hier, après mon cours de norvégien (notez que, avec Johanna, Pia et Mariam, on s'efforce de parler norvégien pendant les pauses, et même qu'on s'est dit avec Johanna que ce serait bien de se faire des soirées cooking en snakkant norsk), je suis allée chez Sarah, mon tandem, pour parler allemand. Je nous ai donc pondu un sacré melting pot toute la soirée, à coups de "Jeg weiss ikke", "She ist sehr nett" et autre "arrrg ! Wie sagt man "to go" ?"

jeudi 1 octobre 2009

Accro

Ca y est, c'est fini, je suis définitivement accro à How I Met Your Mother. Pour les non-initiés, HIMYM est une série américaine très drôle, un peu dans la veine de Friend, que je vous recommande chaudement. Et donc, je pense être accro, je vous soumets ça, vous me direz ce que vous en pensez :

- La semaine dernière, en plein cours de danse africaine, crise de fou rire en repensant à cet épisode où la joyeuse bande se met à fréquenter un gymnase. Je me suis visualisé Robin, couverte de sueur avec ses haltères, me disant que je devais avoir à peu près la même tête. Ça semblera opaque au novice, mais ceux qui voient à quoi je fais référence comprendront aisément mon fou rire du moment. Ah ben vla une photo, merci google.

- En cours de Scandinavian Welfare State, on n'arrête pas de parler d'un chercheur nommé... Marshall. Du coup, je ne peux pas m'empêcher d'imaginer l'un des premiers théoriciens de l'Etat-Providence comme un gars venant du Missouri à la recherche du meilleur burger de New-York...

C'est grave, docteur ?
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