On m'avait promis un master 2 corsé niveau emploi du temps, et je dois dire que je n'aurais pas pu avoir un début d'année scolaire démentant plus ce postulat. Pour le dire clairement : entre le 20 août et le 1er novembre, je n'ai RIEN foutu. Ou à peu près, puisque je n'ai qu'une semaine de cours par mois et que je n'avais pas encore commencé mon stage.
Cela étant, tout ce beau programme appartient désormais au passé, puisque j'avais cours la semaine dernière (avec un programme légèrement perturbé par le blocage de l'IEP mardi matin, un grand moment de flou artistique, assez fascinant je dois dire) et que j'ai commencé mon stage cette semaine.
Je serai donc amenée à hanter les locaux de la Maison De l'Autonomie, ou MDA pour les intimes, jusque début mai. La MDA, qu'est-ce donc ? Il s'agit d'un bâtiment dans lequel sont regroupés les services du département consacrés aux personnes handicapées (ou, pour reprendre le jargon, "en situation de handicap") et aux personnes âgées dépendantes. Une sacrée machinerie, qui fonctionne aux sigles qui plus est. Heureusement que j'ai déjà travaillé sur le handicap, sinon je serai franchement à la masse.
Ma mission sera d'étudier la situation des jeunes adultes handicapés qui restent en établissement pour enfants au lieu d'aller en établissements pour adultes (parce que ça pose divers problèmes, je vous passe les détails), mais cette première semaine fut surtout l'occasion de me mettre dans le bain, à coups de réunions et de littérature institutionnelle. Bilan : on n'a pas l'air de s'ennuyer là-dedans.
Lundi matin, rendez-vous avec mon maître de stage, accessoirement directeur adjoint de la DSA (le direction de la santé et de l'autonomie, c'est la direction du Conseil Général qui s'occupe de la MDA et du Centre départemental de santé), pour lequel je vais peut-être finir par fonder un fan-club, je ne sais pas, mais, plus ça va, plus je me dis que j'aurais difficilement pu tomber sur mieux. Il attaque d'emblée en me disant que je gère mes horaires comme je le souhaite du moment que je fais 35 heures, et me propose de m'associer à lui dans ses réunions pour cette première semaine. Aussitôt dit aussitôt fait, et je me retrouve dans une réunion des chefs de service consacrée à un projet de réorganisation de la MDA, à prendre au vol, c'était assez sympathique. L'après-midi, déplacement "en territoire", à Lans-en-Vercors, pour assister à une réunion sur un tout autre sujet. A l'occasion, rencontre du maire de Lans, ce sera pour mon premier élu accroché au tableau de chasse dans le cadre de ce stage.
Mardi matin, réunion de la CDAPH. La CDAPH, c'est la Commission Départementale de l'Autonomie des Personnes Handicapées. Elle se réunit deux fois par mois et a pour mission de statuer sur les demandes d'aides, de placements en établissements et d'attribution de prestations. En gros, si vous voulez obtenir l'AAH (allocation adulte handicapé), votre demande va passer par là. Ou à peu près, car les demandes sont toutes évaluées en amont par des équipes médico-sociales qui font des propositions. Dans le tas, les médecins des différentes équipes sélectionnent des cas plus compliqués que d'autres, ou particulièrement exemplaires, et les présentent devant la CDAPH. S'en suivent des discussions et les propositions sont approuvées ou amendées. Concrètement, mardi matin, une quinzaine de cas ont été présentés mais à ces 15 cas étaient rattachés 2500 dossiers. Pour vous donner un ordre de grandeur, la MDA voit passer chaque année 40 000 demandes.
C'était très intéressant d'assister à cette CDAPH car cela permet de rappeler quelles situations existent concrètement derrière la tonne de dossiers empilée dans les différents services. En plus, 2ème élu au tableau de chasse, j'ai nommé, la vice-présidente du Conseil Général en charge de la santé et de l'autonomie (ce n'est pas son titre officiel mais ça revient à ça). Pas encore de Vallini, mais j'y crois ! (NB pour les non-isérois : André Vallini est le Président du Conseil Général de l'Isère. Au niveau national, il est surtout connu pour avoir présidé la commission d'enquête parlementaire consacrée à l'affaire d'Outreau).
En même temps, l'enchaînement des situations avait pour moi quelque chose d'effrayant de par la description des pathologies, une espèce de sentiment qu'à force de le médicaliser, de le passer au crible de la science, le sujet devient objet, un objet dont il faut expurger tout anormalité. J'essayais d'imaginer ce que l'on aurait pu dire de moi et je suis sûre que l'on aurait pu trouver quelque chose, je suis d'ailleurs sûre que cela vaut pour à peu près tout le monde. Je me suis fait cette réflexion au sujet des cas de handicap psychique, qui sont les plus troubles.
L'après-midi, nouvelle réunion, encore avec les chefs de service, sur le projet de la direction et sur le bilan de mandature à présenter aux élus. L'occasion pour le politique de s'introduire par la petite porte, et c'est ce qui fait tout l'intérêt de bosser en collectivités territoriales à mon sens : même au milieu de considérations administratives les plus triviales qui soient, on n'est jamais bien loin d'enjeux politiques et électoraux (d'autant qu'il y a des élections cantonales début 2011). Ajoutez à cela qu'en matière financière, le désengagement de l'État est tout sauf un mythe, et vous avez de quoi vous amuser. En fait, par désengagement de l'État, il ne faut pas comprendre : "l'État réduit dans les textes sa participation", mais : "l'État réduit dans les textes sa participation ET ne donne pas les sous qu'il doit dans les faits". Quand ensuite le gouvernement accuse les collectivités de beaucoup trop s'endetter, ça fait rire jaune pisseux, très pisseux, même.
Mon quota de réunions ayant explosé en début de semaine, la fin de semaine fut plutôt consacrée à la lecture de tout un tas de trucs et à la tournée des services pour dire bonjour. Car, au total, la MDA, c'est 60 salariés répartis sur 6 étages, auxquels s'ajoutent les étages 7 et 8 qui relèvent pour moi du mystère car je n'y ai pour l'instant jamais mis les pieds. Sur ces 2 étages sont regroupés les services déconcentrés qui s'occupent du territoire de l'agglomération grenobloise. Funny fact : chaque étage a sa couleur, le mien est violet. En outre, telle une bonne série qui se respecte, la MDA a sa pièce mythico-maudite, LA SALLE 105, tintintintin. C'est la pièce où se trouvent tous les dossiers devant être traités, LA pièce dans laquelle réside l'ennemi juré de la DSA. Son nom est Stock, Sur Stock. Il rassemble toute la pile de dossiers en retard, qui auraient dû être traités il y a des semaines de cela et sont toujours en attente. Tout un symbole, au point qu'il existe un indicateur "état de la salle 105" dans le base de donnée informatique...
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mardi 9 novembre 2010
mardi 5 octobre 2010
Résumé des épisodes précédents
Il semblerait que bloguer soit quelque chose de plus difficile lorsque l'on n'est pas en terre "exotique" ou quelque chose d'approchant. Trop de choses connues à Grenoble et beaucoup à faire même si je suis actuellement à peu près en vacances. Mais je poursuis, je poursuis, malgré le rythme qui se ralentit. Depuis mon dernier billet, j'ai :
- enfin retrouvé un vélo, ie la délivrance
- eu ma première semaine de cours
- reçu une réponse négative pour un stage au service égalité des sexes du Conseil Général (mais machine relancée par ailleurs et en bonne voie, pas de souci à se faire de ce côté-là)
- visité la nouvelle piaule du Rémouche (en coloc avec Tanguy et Maxime, j'ai donc décrété qu'ils étaient couslocs et pas seulement colocs) et y squatte abusivement depuis. Pour des raisons ne tenant pas qu'au seul Rémouche, d'ailleurs, et je laisse les personnes intéressées par ces raisons prendre rendez-vous avec mon secrétariat pour plus d'explications.
- repris l'escalade et le cirque. Plus d'un an que je n'avais pas mis le pied sur un fil, et j'aurai bien du mal à vous décrire ce que ça m'a fait d'y retoucher, petit saut de chat, demi-tour, frisson d'extase, boule d'émotion et ça repart.
- lavé avec Marie-Steph, l'affront du dernier film que nous avions vu ensemble (cf l'antépénultième billet de ce blog), et d'une jolie façon : dimanche, nous sommes allées voir "Benda Bilili", que je vous recommande chaudement. A l'origine de ce film, il y a une rencontre au hasard des rues de Kinshasa (capitale de la République Démocratique du Congo) : en reportage sur les musiques urbaines en Afrique, les deux réalisateurs sont tombés sur un groupe de musiciens, la plupart paraplégiques, qui chantaient leur vie dans les rues de la ville afin de se procurer un petit pécule. Séduits, ils se sont mis en tête de leur faire enregistrer un album, toute une épopée qui finalement aboutit et rencontra un succès phénoménal en Europe. (D'ailleurs, j'avais entendu parler de groupe à la radio, je m'en suis rappelé en voyant la bande annonce...) Après, c'est la success story, le groupe a enchainé les concerts, des Eurockéennes de Belfort à Oslo (oui ! et je les ai ratés, raah) en passant par Copenhague. Le film se finit là et nous en sommes ressorties le sourire aux lèvres, un peu de foi retrouvée en l'humanité. En plus, la musique est achement cool et j'irai faire un tour du côté des musiques africaines la prochaine fois que je passe à la Fnac.
Sur ce, je m'en vais lire mon dossier de politiques sociales et bouffer du "les générations actuellement en-dessous de 50 ans vivront moins bien que leurs parents , c'est un fait" tout en grognant : "et quid des femmes, connard, tu crois c'était plus heureux pour elle d'avoir 20 ans dans les années 1960 plutôt que maintenant ?!!". Ça m'énerve, cet aspect "je pense raisonner pour tout le monde parce que je parle des pères et des fils", pas tant d'un point de vue "militant" que d'un point de vue scientifique : c'est tellement gros que je n'arrive pas à comprendre pourquoi ça ne saute pas à la figure des gens qui : 1°) écrivent ça ; 2°) le lisent. Faut dire que l'an dernier, j'ai bouffé les auteurs anglo-saxons et scandinaves qui sont, eux, beaucoup plus à la pointe en la matière. Anyway...
It is more difficult to blog now that I am back in my hometown, as I am not wondering all the time about the things I see. Moreover, I also have a lot to do, even if I still am more or less in holidays. Indeed, my master alternates between courses and a 6-month internship : I have courses only one week per month, the rest of the time is for my internship, which I have not started yet (but I have almost found it, so nothing to worry about). So, what did I do during the past two weeks ?
- I managed to get a bicyle, at last!
- I got my first courses (next time will be 2nd November... so weird !!)
- I visited my friend Rémy in his new place. He used to live at his parents' place, close to Grenoble, but now he is living with two cousins of his, Maxime and Tanguy. Since I saw the place, I have been squatting there all the time, not only because of Remy, actually. Life is sometimes nice... :D
- I started to climb and to do circus again (I stopped when I was in Norway). The best part was to do rope anew, it is difficult to explain how I felt but that was amazing.
- I saw a great movie that last Sunday, whose name is "Benda Bilili". I don't know if the film is available outside of France but I recommend it. It tells the story of an African band whose half of the members are disabled. They started to play in Kinshasa's streets to get some money, and they were given the possibility to record a CD. The CD got a huge sucess in Europe and they played many concerts, in France but also elsewhere, up to... Oslo! I you can't see the movie, you can at least listen to the music. The name of the band is Staff Benda Bilili.
Now, I am going to read texts about social policy. What is really annoying in the French literature is that they totally neglect the gender perspective, which is crucial. That is especially disturbing when one has studied in Norway, where this perspective is almost everywhere! Anyway...
- enfin retrouvé un vélo, ie la délivrance
- eu ma première semaine de cours
- reçu une réponse négative pour un stage au service égalité des sexes du Conseil Général (mais machine relancée par ailleurs et en bonne voie, pas de souci à se faire de ce côté-là)
- visité la nouvelle piaule du Rémouche (en coloc avec Tanguy et Maxime, j'ai donc décrété qu'ils étaient couslocs et pas seulement colocs) et y squatte abusivement depuis. Pour des raisons ne tenant pas qu'au seul Rémouche, d'ailleurs, et je laisse les personnes intéressées par ces raisons prendre rendez-vous avec mon secrétariat pour plus d'explications.
- repris l'escalade et le cirque. Plus d'un an que je n'avais pas mis le pied sur un fil, et j'aurai bien du mal à vous décrire ce que ça m'a fait d'y retoucher, petit saut de chat, demi-tour, frisson d'extase, boule d'émotion et ça repart.
- lavé avec Marie-Steph, l'affront du dernier film que nous avions vu ensemble (cf l'antépénultième billet de ce blog), et d'une jolie façon : dimanche, nous sommes allées voir "Benda Bilili", que je vous recommande chaudement. A l'origine de ce film, il y a une rencontre au hasard des rues de Kinshasa (capitale de la République Démocratique du Congo) : en reportage sur les musiques urbaines en Afrique, les deux réalisateurs sont tombés sur un groupe de musiciens, la plupart paraplégiques, qui chantaient leur vie dans les rues de la ville afin de se procurer un petit pécule. Séduits, ils se sont mis en tête de leur faire enregistrer un album, toute une épopée qui finalement aboutit et rencontra un succès phénoménal en Europe. (D'ailleurs, j'avais entendu parler de groupe à la radio, je m'en suis rappelé en voyant la bande annonce...) Après, c'est la success story, le groupe a enchainé les concerts, des Eurockéennes de Belfort à Oslo (oui ! et je les ai ratés, raah) en passant par Copenhague. Le film se finit là et nous en sommes ressorties le sourire aux lèvres, un peu de foi retrouvée en l'humanité. En plus, la musique est achement cool et j'irai faire un tour du côté des musiques africaines la prochaine fois que je passe à la Fnac.
Sur ce, je m'en vais lire mon dossier de politiques sociales et bouffer du "les générations actuellement en-dessous de 50 ans vivront moins bien que leurs parents , c'est un fait" tout en grognant : "et quid des femmes, connard, tu crois c'était plus heureux pour elle d'avoir 20 ans dans les années 1960 plutôt que maintenant ?!!". Ça m'énerve, cet aspect "je pense raisonner pour tout le monde parce que je parle des pères et des fils", pas tant d'un point de vue "militant" que d'un point de vue scientifique : c'est tellement gros que je n'arrive pas à comprendre pourquoi ça ne saute pas à la figure des gens qui : 1°) écrivent ça ; 2°) le lisent. Faut dire que l'an dernier, j'ai bouffé les auteurs anglo-saxons et scandinaves qui sont, eux, beaucoup plus à la pointe en la matière. Anyway...
It is more difficult to blog now that I am back in my hometown, as I am not wondering all the time about the things I see. Moreover, I also have a lot to do, even if I still am more or less in holidays. Indeed, my master alternates between courses and a 6-month internship : I have courses only one week per month, the rest of the time is for my internship, which I have not started yet (but I have almost found it, so nothing to worry about). So, what did I do during the past two weeks ?
- I managed to get a bicyle, at last!
- I got my first courses (next time will be 2nd November... so weird !!)
- I visited my friend Rémy in his new place. He used to live at his parents' place, close to Grenoble, but now he is living with two cousins of his, Maxime and Tanguy. Since I saw the place, I have been squatting there all the time, not only because of Remy, actually. Life is sometimes nice... :D
- I started to climb and to do circus again (I stopped when I was in Norway). The best part was to do rope anew, it is difficult to explain how I felt but that was amazing.
- I saw a great movie that last Sunday, whose name is "Benda Bilili". I don't know if the film is available outside of France but I recommend it. It tells the story of an African band whose half of the members are disabled. They started to play in Kinshasa's streets to get some money, and they were given the possibility to record a CD. The CD got a huge sucess in Europe and they played many concerts, in France but also elsewhere, up to... Oslo! I you can't see the movie, you can at least listen to the music. The name of the band is Staff Benda Bilili.
Now, I am going to read texts about social policy. What is really annoying in the French literature is that they totally neglect the gender perspective, which is crucial. That is especially disturbing when one has studied in Norway, where this perspective is almost everywhere! Anyway...
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mardi 20 juillet 2010
Impressions parisiennes II
Le mardi matin, toc toc à la porte alors que je m'apprêtai à prendre ma douche. Dammit. Comme le toc toc se faisait insistant, j'ouvrai pour me retrouver face à un gugus en costard. "C'est pour le dégât des eaux. Vous avez bien eu un dégât des eaux chez vous ?", jugea-t-il bon de répéter devant ma tronche. "Ah oué, le machin dans la salle de bain !" hasardai-je tout en tentant d'avoir l'air digne en pyjama, combat que je savais perdu d'avance. Je sauvai l'honneur pour ce qui m'en restait en téléphonant à Myriam : "je ne réside pas ici mais je vais appeler l'une des colocataires pour que vous voyiez avec elle". "Ah oui, Madame Schuster". "Euh, non, c'est un Monsieur mais là je vous passe une de ses colocataires, y'a qu'un nom sur le bail mais en fait ils sont 3", grand moment de solitude dans lequel je me suis dit qu'on ne devait pas être toujours facile à suivre, les étudiants. Et encore, je n'ai pas jugé bon de lui expliquer l'aspect joyeux squat.
Peu importe, j'ai fini par prendre ma douche et nous avons filé au Luxembourg, pour ensuite traverser le quartier de l'Odéon et débouler sur le Palais de Justice. Là, 30 minutes de queue pour visiter la Sainte-Chapelle, et avoir droit à une tranche de vie merveilleuse comme sait si bien en produire la France : la cour du Palais de Justice était en travaux donc nous avons déjà dû tournicoter quelques minutes avant de trouver l'entrée. Nous arrivons enfin à une sorte de cahute préfabriquée de 5 mètres carrés dans laquelle il y avait 2 dames mais pas deux files : il faut acheter son ticket à l'une et le tendre à l'autre. Petite pensée pour les pauvres Chinois devant nous : ils étaient un groupe de quatre, les deux premiers tendent leur ticket et entrent. Les deux suivants leur emboîtent le pas et se font stopper par Madame deuxième dame qui leur dit "hep hep, vos tickets, là, vos tickets, ils sont où vos tickets ?!". Les deux ne comprenaient rien au français et se regardent, un peu cons, mais croient comprendre qu'on leur demande leur ticket donc ils montrent du doigt leurs collègues mais Madame deuxième dame était en forme ce jour-là : "ah non, hein, faut vos tickets, faut vos tickets, restez pas là, hein, mettez-vous sur le côté " (inexistant puisqu'en travaux). C'est vrai que "ticket, please", c'est vachement dur à apprendre quand on bosse dans l'un des sites les plus visités au monde.
Le mercredi, trajet intéressant : nous avons commencé par le Père Lachaise puis enchaîné avec Montmartre. Ce qui signifie ligne 2 du métro, via Belleville, Barbès et tout le tralala, autrement dit, le Paris populaire. Nous avons fait un bout du voyage en face de deux dames africaines faisant prendre leur repas aux gamins, elles m'ont transportées au Togo l'espace de leur casse-croute, coupant leur poulet à la main et papotant dans un langage situé quelque part entre l'éwé et le wolof. Ensuite, Montmartre, ses petites rues tortueuses et ses milliers de touristes qui me font définitivement préférer ce quartier en basse saison. Le reste du temps, c'est Disneyland et c'est chiant. Puis re-métro pour arriver devant la Madeleine. De là, Opéra Garnier et Place Vendôme. Contraste marrant avec Barbès. En effet, pour ceux qui ne connaissent pas des masses la capitale, sachez que la Rue de la Paix du Monopoly se trouve dans le secteur. Et que Place Vendôme, outre le Ministère de la Culture, se trouvent à peu près tous les grands bijoutiers du monde. Un véritable musée, écrin immobile au milieu d'une ville hyperactive, voilà l'impression que ça m'a fait, et ce d'autant plus que les prix sont inexistants sur cette place. A quoi bon ? Ceux qui peuvent se payer ça ont de toutes façons trop d'argent pour s'en soucier. Et probablement des dizaines de bijoux de cette sorte. What's the point, quand même, je me demande... en attendant, nous avons pris plein la vue. Chanel, Dior et consort nous auront vendu du rêve à peu de frais, c'est déjà pas si mal. Après cela, à pattes jusqu'à Saint-Michel via les Tuileries pour retrouver Claire et Raphaëlle à la crêperie. Gazou gazou.
Le jeudi, Versailles. Et le jeudi, y'a grève. Haha, ça faisait longtemps. Du coup, petite galère dans le RER mais nous avons fini par arriver devant les grilles du Château... fermées. Ben oué, grève, quoi. Et allez expliquer à votre copine iranienne qui ne remettra peut-être jamais les pieds en France que ce monument mondialement connu qu'elle a à portée de main, ben elle ne pourra pas entrer dedans parce que les salariés protestent contre un projet de réforme des retraites... M'enfin comme dirait mon cher père, c'est aussi un aspect de la culture française, c'est dans le package, au même titre que la bouffe et les gens nuls en anglais. Du coup, nous avons passé notre journée dans les Jardins (et comme dirait mon pote Toto, les jardins, c'est ce qu'il y a de plus intéressant) et en particulier dans le domaine du Trianon qui, lui, était ouvert. Et comme je n'avais jamais visité le hameau de la Reine, j'ai trouvé ça gazou gazou. Après cette journée, retour à Saint-Michel, cette fois pour aller au bar avec le susmentionné Toto.
Vendredi, dernier jour et musée d'Orsay avec Stéph from Stavanger. Enfin, from un bled en région parisienne mais rencontrée en Norvège. Puis, suivant la proposition de Steph, nous avons entrepris de longer les quais jusqu'au Jardin des Plantes, proche de la Gare de Lyon où toutes nos affaires étaient en consigne. C'était sans compter ma quicherie légendaire qui nous a emmenées dans la direction opposée, avant que je finisse par me dire : "non mais atta, la Tour Eiffel, elle est pas censée se rapprocher, on devrait même l'avoir dans le dos, en fait." M'enfin tout est bien qui finit bien puisque Maryam a pu choper son avion et moi mon train. Tout ça pour ne même pas me reposer de mes pérégrinations puisque j'ai été occupée toute la semaine suivante, entre mon rapport de stage (fait en 4 jours, tout de même) et les nombreuses revoyures avant un nouveau départ, vers la Vendée cette fois.
Comme dit mon père, "ah ben tu vas commencer à travailler, tu vas pouvoir te reposer." Le pire, c'est que c'est vrai.
On Tuesday, we walked along the streets from Montparnasse to "Ile de la Cité" and we visited the Sainte-Chapelle (the "Holy Chapel") : it was built by Saint-Louis, a popular king who reigned during the XIIIth century. Funny thing about it : the Chapel is inside the Law Court, which was erected during the XIXth century. Therefore, tourists have to pass a safety portal, like in the airports, and the queue to reach it is always very long. It's also a way to filtrate the entrances, as the Chapel is small. We waited 30 minutes to enter into the Court. And then we were at the door of the Chapel and saw the kind of scene that you can only see in France, I think : there was a small building with two women. One could think that the two were selling tickets, but no, no : you have to buy a ticket to the first one and give it immediately to the second one. Nice... But I'm not over, haha ! Indeed, there were four Chinese in front of us. The two firsts gave the tickets and went in. The two others followed but they were stopped by the second woman who started to yell, in French : ""hep hep, vos tickets, là, vos tickets, ils sont où vos tickets ?!" (litterally : hey, your tickets, were are your tickets ?). They were totally lost but seemed to understand that they were being asked something about the tickets. So they try to explain something but the woman didn't give them the time to do so and started again : "ah non, hein, faut vos tickets, faut vos tickets, restez pas là, hein, mettez-vous sur le côté " (no no, I need your tickets, I need your tickets, don't stay in the way, wait on this side (which was under construction work)). Because, you know, that's very difficult to say "ticket please" when you are working in one of the most visited places of the world.
On Wednesday we made a funny trip : we started with Père Lachaise, a cemetery full of celebrities, and then we went to Montmartre. This led us to cross the most working-class areas (Barbès, Clignancourt...) of the city and we could feel it in the metro. Montmartre was full of tourists, I really prefer this place in winter ; otherwise, it's a bit like Disneyland : too many people and too many clichés about France and Paris. Anyway, that was nice. Afterwards we went to the Opera Garnier (the oldest one) and to Place Vendôme : contrary to Barbès, this part of Paris is reaaly really wealthy and the contrast was quite funny. On Place Vendôme you have all the most famous jeweller's brands of the world and it looks like a museum : you don't have price and you have to ring to go into the shop. So you just look. Jewelleries are amazing but I wonder : what's the point in all of this ?! Anyway, after that we walked through the Tuileries (it used to be a castle, which was burnt during the "Commune", the 1871's revolution. Now, there only is the castle's garden) and then along the Louvre, up to Saint-Michel, where we met two friends of mine to eat some crêpes.
On Thursday, we wanted to go to Versailles, which is a castle built by Louis XIV but also a city of 86 000 inhabitants, 50 kilometers away from Paris. It took us quite a lot of time to go there because there were strikes this day to protest against the pensions' reform. Strikes in the metro... and in the castle, which was closed, hahaha. Maryam was disappointed, of course, but we managed to visit the gardens, which actually are the most amazing of Versailles. To quote my friend Toto with whom we had a bier in the evening : "the interiors are a big shit, there is too much gold, I only go to Versailles to see the gardens". So, even though it badly started, we spent a nice day. Which ended in a bar close to Saint-Michel, as the usual.
On Friday we went to Musée d'Orsay with my friend Stephanie, the one that I met in Stavanger. It is a painting museum with pictures and sculptures from the XIXth- XXth centuries. I had never been there before but I knew that I would love it and I did ! Afterwards we walked along the Seine and we went back home eventually, Maryam by plane and me by train. The week after was really busy for me, I had to write my internship's report in four days and to see people before going to Vendée. So, as my father said in the end of this crazy week : "Now that you're going to work you will be able to rest !"
Peu importe, j'ai fini par prendre ma douche et nous avons filé au Luxembourg, pour ensuite traverser le quartier de l'Odéon et débouler sur le Palais de Justice. Là, 30 minutes de queue pour visiter la Sainte-Chapelle, et avoir droit à une tranche de vie merveilleuse comme sait si bien en produire la France : la cour du Palais de Justice était en travaux donc nous avons déjà dû tournicoter quelques minutes avant de trouver l'entrée. Nous arrivons enfin à une sorte de cahute préfabriquée de 5 mètres carrés dans laquelle il y avait 2 dames mais pas deux files : il faut acheter son ticket à l'une et le tendre à l'autre. Petite pensée pour les pauvres Chinois devant nous : ils étaient un groupe de quatre, les deux premiers tendent leur ticket et entrent. Les deux suivants leur emboîtent le pas et se font stopper par Madame deuxième dame qui leur dit "hep hep, vos tickets, là, vos tickets, ils sont où vos tickets ?!". Les deux ne comprenaient rien au français et se regardent, un peu cons, mais croient comprendre qu'on leur demande leur ticket donc ils montrent du doigt leurs collègues mais Madame deuxième dame était en forme ce jour-là : "ah non, hein, faut vos tickets, faut vos tickets, restez pas là, hein, mettez-vous sur le côté " (inexistant puisqu'en travaux). C'est vrai que "ticket, please", c'est vachement dur à apprendre quand on bosse dans l'un des sites les plus visités au monde.
Le mercredi, trajet intéressant : nous avons commencé par le Père Lachaise puis enchaîné avec Montmartre. Ce qui signifie ligne 2 du métro, via Belleville, Barbès et tout le tralala, autrement dit, le Paris populaire. Nous avons fait un bout du voyage en face de deux dames africaines faisant prendre leur repas aux gamins, elles m'ont transportées au Togo l'espace de leur casse-croute, coupant leur poulet à la main et papotant dans un langage situé quelque part entre l'éwé et le wolof. Ensuite, Montmartre, ses petites rues tortueuses et ses milliers de touristes qui me font définitivement préférer ce quartier en basse saison. Le reste du temps, c'est Disneyland et c'est chiant. Puis re-métro pour arriver devant la Madeleine. De là, Opéra Garnier et Place Vendôme. Contraste marrant avec Barbès. En effet, pour ceux qui ne connaissent pas des masses la capitale, sachez que la Rue de la Paix du Monopoly se trouve dans le secteur. Et que Place Vendôme, outre le Ministère de la Culture, se trouvent à peu près tous les grands bijoutiers du monde. Un véritable musée, écrin immobile au milieu d'une ville hyperactive, voilà l'impression que ça m'a fait, et ce d'autant plus que les prix sont inexistants sur cette place. A quoi bon ? Ceux qui peuvent se payer ça ont de toutes façons trop d'argent pour s'en soucier. Et probablement des dizaines de bijoux de cette sorte. What's the point, quand même, je me demande... en attendant, nous avons pris plein la vue. Chanel, Dior et consort nous auront vendu du rêve à peu de frais, c'est déjà pas si mal. Après cela, à pattes jusqu'à Saint-Michel via les Tuileries pour retrouver Claire et Raphaëlle à la crêperie. Gazou gazou.
Le jeudi, Versailles. Et le jeudi, y'a grève. Haha, ça faisait longtemps. Du coup, petite galère dans le RER mais nous avons fini par arriver devant les grilles du Château... fermées. Ben oué, grève, quoi. Et allez expliquer à votre copine iranienne qui ne remettra peut-être jamais les pieds en France que ce monument mondialement connu qu'elle a à portée de main, ben elle ne pourra pas entrer dedans parce que les salariés protestent contre un projet de réforme des retraites... M'enfin comme dirait mon cher père, c'est aussi un aspect de la culture française, c'est dans le package, au même titre que la bouffe et les gens nuls en anglais. Du coup, nous avons passé notre journée dans les Jardins (et comme dirait mon pote Toto, les jardins, c'est ce qu'il y a de plus intéressant) et en particulier dans le domaine du Trianon qui, lui, était ouvert. Et comme je n'avais jamais visité le hameau de la Reine, j'ai trouvé ça gazou gazou. Après cette journée, retour à Saint-Michel, cette fois pour aller au bar avec le susmentionné Toto.
Vendredi, dernier jour et musée d'Orsay avec Stéph from Stavanger. Enfin, from un bled en région parisienne mais rencontrée en Norvège. Puis, suivant la proposition de Steph, nous avons entrepris de longer les quais jusqu'au Jardin des Plantes, proche de la Gare de Lyon où toutes nos affaires étaient en consigne. C'était sans compter ma quicherie légendaire qui nous a emmenées dans la direction opposée, avant que je finisse par me dire : "non mais atta, la Tour Eiffel, elle est pas censée se rapprocher, on devrait même l'avoir dans le dos, en fait." M'enfin tout est bien qui finit bien puisque Maryam a pu choper son avion et moi mon train. Tout ça pour ne même pas me reposer de mes pérégrinations puisque j'ai été occupée toute la semaine suivante, entre mon rapport de stage (fait en 4 jours, tout de même) et les nombreuses revoyures avant un nouveau départ, vers la Vendée cette fois.
Comme dit mon père, "ah ben tu vas commencer à travailler, tu vas pouvoir te reposer." Le pire, c'est que c'est vrai.
On Tuesday, we walked along the streets from Montparnasse to "Ile de la Cité" and we visited the Sainte-Chapelle (the "Holy Chapel") : it was built by Saint-Louis, a popular king who reigned during the XIIIth century. Funny thing about it : the Chapel is inside the Law Court, which was erected during the XIXth century. Therefore, tourists have to pass a safety portal, like in the airports, and the queue to reach it is always very long. It's also a way to filtrate the entrances, as the Chapel is small. We waited 30 minutes to enter into the Court. And then we were at the door of the Chapel and saw the kind of scene that you can only see in France, I think : there was a small building with two women. One could think that the two were selling tickets, but no, no : you have to buy a ticket to the first one and give it immediately to the second one. Nice... But I'm not over, haha ! Indeed, there were four Chinese in front of us. The two firsts gave the tickets and went in. The two others followed but they were stopped by the second woman who started to yell, in French : ""hep hep, vos tickets, là, vos tickets, ils sont où vos tickets ?!" (litterally : hey, your tickets, were are your tickets ?). They were totally lost but seemed to understand that they were being asked something about the tickets. So they try to explain something but the woman didn't give them the time to do so and started again : "ah non, hein, faut vos tickets, faut vos tickets, restez pas là, hein, mettez-vous sur le côté " (no no, I need your tickets, I need your tickets, don't stay in the way, wait on this side (which was under construction work)). Because, you know, that's very difficult to say "ticket please" when you are working in one of the most visited places of the world.
On Wednesday we made a funny trip : we started with Père Lachaise, a cemetery full of celebrities, and then we went to Montmartre. This led us to cross the most working-class areas (Barbès, Clignancourt...) of the city and we could feel it in the metro. Montmartre was full of tourists, I really prefer this place in winter ; otherwise, it's a bit like Disneyland : too many people and too many clichés about France and Paris. Anyway, that was nice. Afterwards we went to the Opera Garnier (the oldest one) and to Place Vendôme : contrary to Barbès, this part of Paris is reaaly really wealthy and the contrast was quite funny. On Place Vendôme you have all the most famous jeweller's brands of the world and it looks like a museum : you don't have price and you have to ring to go into the shop. So you just look. Jewelleries are amazing but I wonder : what's the point in all of this ?! Anyway, after that we walked through the Tuileries (it used to be a castle, which was burnt during the "Commune", the 1871's revolution. Now, there only is the castle's garden) and then along the Louvre, up to Saint-Michel, where we met two friends of mine to eat some crêpes.
On Thursday, we wanted to go to Versailles, which is a castle built by Louis XIV but also a city of 86 000 inhabitants, 50 kilometers away from Paris. It took us quite a lot of time to go there because there were strikes this day to protest against the pensions' reform. Strikes in the metro... and in the castle, which was closed, hahaha. Maryam was disappointed, of course, but we managed to visit the gardens, which actually are the most amazing of Versailles. To quote my friend Toto with whom we had a bier in the evening : "the interiors are a big shit, there is too much gold, I only go to Versailles to see the gardens". So, even though it badly started, we spent a nice day. Which ended in a bar close to Saint-Michel, as the usual.
On Friday we went to Musée d'Orsay with my friend Stephanie, the one that I met in Stavanger. It is a painting museum with pictures and sculptures from the XIXth- XXth centuries. I had never been there before but I knew that I would love it and I did ! Afterwards we walked along the Seine and we went back home eventually, Maryam by plane and me by train. The week after was really busy for me, I had to write my internship's report in four days and to see people before going to Vendée. So, as my father said in the end of this crazy week : "Now that you're going to work you will be able to rest !"
vendredi 16 juillet 2010
Impressions parisiennes I
Je doute que tout le monde ait suivi l'ensemble de mes pérégrinations depuis que je suis revenue de Norvège (1 mois, et ça me manque cette affaire ; mais peu importe), mais toujours est-il que, dans le tas, j'ai passé six jours à Paris en compagnie de ma copine Maryam. 6 jours à arpenter les avenues hausmaniennes et les petites rues sorties de nulle part comme Paris sait si bien en fournir, six jours à dire "non merci" aux vendeurs de Tour Eiffel (à tel point que Maryam a fini par me dire "maintenant, je comprends pourquoi tu n'en es pas fan") et six jours à accumuler les trucs à bloguer. Après ça, c'était bien de retourner dans sa province...
Nous avons été récupérées samedi soir Gare de Lyon par Solenne, qui vit maintenant en coloc avec Myriam et Nico le long du RER A. Du coup, métro, et le premier truc qui m'épate, et ce à chaque fois que je vais à Paris, c'est le concept du carnet de 10 à la RATP. En gros, quand vous demandez un carnet de 10 à la machine, elle vous balance 10 tickets séparés, comme si l'invention de la colle ou du ticket re-poinçonnable n'avait pas passé les tourniquets du métro parisien.
M'enfin nous sommes arrivées dans encombres et j'ai pu revoir Estelle R., ça faisait un bail comme qui dirait. Oui, elle aussi est une coloc de Solenne, mais de façon temporaire (enfin, du temporaire prolongé, quoi...), ce qui, ajouté aux passages d'amis en visite, confère à l'endroit un caractère de joyeux squat possédant des toilettes dignes d'un musée des arts et traditions populaires.
Le lendemain, départ de Solenne et retour de Myriam. De notre côté, nous avons commencé en beauté : bateaux-mouches, puis Max nous a rejointes (oulà, ça fait bizarre...) pour aller manger au quartier latin dans un restau où tout était typiquement français sauf les gens qui y travaillaient. Paris quand tu nous tiens... Après ça, Tour Eiffel (oui, nous avons fait un itinéraire crétin mais peu importe), c'était marrant, quoi... Et Arc de Triomphe, Champs-Elysées et Place de la Concorde. C'est vrai qu'elle est longue cette avenue... M'enfin je cherche encore ce qui en fait "la plus belle avenue du monde" ou même de Paris. Par contre, je dois dire que la vue "Assemblée Nationale-Obélisque-Tour Eiffel au soleil couchant, ça claquouille sa maman à coups de tatanes dans les fesses. De manière plus générale, je n'avais jamais remarqué jusque-là à quel point la lumière pouvait être belle à Paris. Sur les quais de la Seine, toussa...
Lundi, Musée du Louvre. Pas le temps de tout faire, bien sûr. Au menu : antiquités perses et égyptiennes, galeries des grands tableaux français et de la peinture italienne de la Renaissance. Mon coup de cœur absolu : la salle des sculptures antiques. Quelques photos :


Et last but not least : Hermaphrodite endormi.

Et puis on a vu la Joconde, of course. Le souvenir que j'en avais gardé, suite à mon dernier passage au Louvre, était celui d'un tableau tout kiki coincé dans un bout de couloir embouteillé par des touristes ne voyant rien de ce qu'ils tâchaient de prendre en photo. Le tableau est toujours aussi kiki (on aurait dû dire à Léonard qu'il allait avoir du succès et qu'il faudrait le faire plus grand...) mais au moins il est placé dans une grand salle, tout seul sur son mur. Et y'a toujours autant de touristes massés devant pour le prendre en photo (et franchement, j'ai beau voir, je ne comprends pas pourquoi celui-là et pas un autre) :

Le plus drôle dans l'histoire c'est que, face à la Joconde, il y a les Noces de Cana. Pour le coup, Véronèse était plus balèze niveau marketing parce que sa peinture est impossible à louper :

Je dois dire que je suis fascinée par la "photomania" de beaucoup de touristes, photomania qui souvent frise le ridicule, le grotesque, voire l'indécent. Ce qui m'a le plus choqué ce jour-là, c'était ce gars traînant littéralement son gamin jusqu'à la Vénus de Milo, 10 minutes avant la fermeture, pour ensuite se filmer devant avec ledit gamin dans les bras sans seulement regarder la statue (et nous empêcher de la voir, au passage). Dans le genre indécent, on retiendra les gens qui se font prendre en photo devant des tombes au cimetière du Père Lachaise. Ça me laisse perplexe car je considère cela comme un manque total de respect à la personne qui gît-là. Prendre la tombe en photo, oui. Avec soi devant, non, faut savoir s'effacer des fois. Plus drôle dans le genre irrespectueux, les touristes à Notre-Dame. Nous l'avons visitée jeudi et la messe avait commencé alors que nous étions encore là. Quelques dizaines de personnes y assistaient, avec, autour, une centaine de touristes mitraillant la scène. Tellement caricatural que j'aurais voulu en prendre une photo, mais je ne devenais alors rien de plus qu'une de ces touristes photomaniaques. Dur dur...
Mais j'avance dans le temps et j'oublie de mentionner un grand moment de notre séjour parisien : la fête de la musique. Nous l'avons passée avec Max et deux de ses potes. Comme toute bonne fête de la musique qui se respecte, nous n'avons presque pas vu de groupe jouer, par contre nous avons eu droit à :
- des gens à poils dans la fontaine Saint-Michel style "Liberté de la Fesse" (voir ici)
- un gars jouant La Marseillaise à la trompette puis déblatérant sur le fait que, tant que Deschamps ne serait pas sélectionneur de l'équipe de France, les Bleus n'auraient aucune chance de faire quoi que ce soit
- une scène ubuesque que je m'en vais vous conter telle que nous l'avons vue : nous étions vers Beaubourg quand nous entendîmes des "mais arrêtez, mais arrêtez, mais 'sont folles !" puis vîmes un groupe de 3 gugus aux prises avec 2 filles habillées-plus-vulgairement-tu-meurs, l'une, grosse, avec une mini-jupe motif léopard et de la graisse flottant jusqu'aux genoux et l'autre en habits style jasmine version soutif sans rien dessus et string qui dépasse. Les deux tentaient donc vainement de taper sur les gars en face, ceinturées qu'elles étaient par d'autres personnes. Déjà, en soi, ça valait le détour. Mais quand, ensuite, "jasmine" gueula "enculé" avec une voix passablement grave, nous nous regardâmes d'un air incrédule : "mais c'est, mais c'est... mais ce sont... des travelos ?? Nooooon ?! Ah ben si, en fait." Sur ce, la police a fini par arriver et les a embarqué(e)s en leur disant : "ben alors... faut pas vous mettre dans des états comme ça !", boutade qui a laissé le temps à Jasmine de remonter son string avant de monter dans la voiture. Grandiose.
I came back to France with my Iranian friend Maryam, that I met in Oslo. We spent four days in Grenoble (with an ugly weather, such a pity, we couldn't even see the mountains !) and then six in Paris. I've been several times in Paris but still, I discovered new things, and I met some friends of mine who are currently living here. I like this city but I was glad to come back to my "province" afterwards(province is a word used in France to refer to all the places of the country but Paris ; especially annoying when you are not Parisian, as if the Bretagne, the Auvergne or the Dauphiné were a single whole) because this city never stops and that's exhausting in the end.
First friend that we saw : my friend Solenne, who picked us up at the train station, as we were going to sleep at her place. She lives with two other friends, sometimes more, that's the student way of life. We had to take the metro, and each time I go to Paris, it's the same business : when you ask for a 10-ticket book, you actually get ten single tickets. That's totally unpractical and I can't understand why they are not able to put some glue between the tickets or another device to hold them. Anyway, we arrived at her place.
The next day was a Sunday. We started with "les bateaux-mouches" (the "fly boats", don't ask me why) : they are boats who go along the Seine to show all the most famous monuments that are close to the river : Tour Eiffel, Louvre, Notre-Dame, Panthéon, Assemblée nationale (our Parliament), etc. Afterwards, we met my friend Maximilien and we went together to a restaurant where everything was very French : the food, the music, the decor.... Everything but the people working there ! Then, we went to the Tour Eiffel : In front of the tower, there was a big screen showing the World Cup.

View from the first floor :


After the Eiffel Tower we went to the Arc de Triomphe to say hello to the most famous unknown person of France : an anonymous soldier who died during the First World War and was buried there two years later in order to celebrate the memory of all the soldiers. That was the solemn moment. And then, we walked along the Champs-Elysées. This avenue is supposed to be "the most beautiful avenue in the world" but I don't really get it. Ok, it's long, and ? Anyway, the arrival point was quite nice, on the "place de la Concorde", with the view : Assemblée nationale, obelisk and Tour Eiffel :

On Monday, we went to the Louvre. It's impossible to visit the whole museum in one day, it's too big. We saw some part of the antique section, the Italian paintings from the Renaissance and some great French pieces of art full of history (the kind of paintings that you see all the time in your history books when you are a French pupil, you know...). We saw the Joconde, of course, but really, it's not the best part : too many people for a small, not that impressive, picture. My favourite part : the antique sculptures. That was amazing (pictures above, in the French part of my post ;)).
Monday was the 21st June. This date is quite special in France as it's the music's day : people can play music in the street up to 3.am and almost everyone goes out on this day. We did it, with my friend Maximilien (again) and two of his friends. We didn't really stop to hear some bands but we saw funny things :
- 3 naked guys in the Saint-Michel fountain, an always-crowded place
- an unbelievable scene : we were having a drink when we suddenly heard noises like "but stop it, stop it, hey, they are crazy !". Then we saw 2 girls dressed like prostitutes (one with fat up to the knees and the other one with huge fixed boops) trying to beat a bench of guys. People around were trying to stop the two girls, and one of them screamed something like "you... bloody bastards !" with a very deep voice. At that point, we looked at each other and realized : "but they are... no... yes ! They are transvestite !" Then the police came and took them because they obviously were totally drunk. That was great. And here ended our second day in Paris.
Nous avons été récupérées samedi soir Gare de Lyon par Solenne, qui vit maintenant en coloc avec Myriam et Nico le long du RER A. Du coup, métro, et le premier truc qui m'épate, et ce à chaque fois que je vais à Paris, c'est le concept du carnet de 10 à la RATP. En gros, quand vous demandez un carnet de 10 à la machine, elle vous balance 10 tickets séparés, comme si l'invention de la colle ou du ticket re-poinçonnable n'avait pas passé les tourniquets du métro parisien.
M'enfin nous sommes arrivées dans encombres et j'ai pu revoir Estelle R., ça faisait un bail comme qui dirait. Oui, elle aussi est une coloc de Solenne, mais de façon temporaire (enfin, du temporaire prolongé, quoi...), ce qui, ajouté aux passages d'amis en visite, confère à l'endroit un caractère de joyeux squat possédant des toilettes dignes d'un musée des arts et traditions populaires.
Le lendemain, départ de Solenne et retour de Myriam. De notre côté, nous avons commencé en beauté : bateaux-mouches, puis Max nous a rejointes (oulà, ça fait bizarre...) pour aller manger au quartier latin dans un restau où tout était typiquement français sauf les gens qui y travaillaient. Paris quand tu nous tiens... Après ça, Tour Eiffel (oui, nous avons fait un itinéraire crétin mais peu importe), c'était marrant, quoi... Et Arc de Triomphe, Champs-Elysées et Place de la Concorde. C'est vrai qu'elle est longue cette avenue... M'enfin je cherche encore ce qui en fait "la plus belle avenue du monde" ou même de Paris. Par contre, je dois dire que la vue "Assemblée Nationale-Obélisque-Tour Eiffel au soleil couchant, ça claquouille sa maman à coups de tatanes dans les fesses. De manière plus générale, je n'avais jamais remarqué jusque-là à quel point la lumière pouvait être belle à Paris. Sur les quais de la Seine, toussa...
Lundi, Musée du Louvre. Pas le temps de tout faire, bien sûr. Au menu : antiquités perses et égyptiennes, galeries des grands tableaux français et de la peinture italienne de la Renaissance. Mon coup de cœur absolu : la salle des sculptures antiques. Quelques photos :
Et last but not least : Hermaphrodite endormi.
Et puis on a vu la Joconde, of course. Le souvenir que j'en avais gardé, suite à mon dernier passage au Louvre, était celui d'un tableau tout kiki coincé dans un bout de couloir embouteillé par des touristes ne voyant rien de ce qu'ils tâchaient de prendre en photo. Le tableau est toujours aussi kiki (on aurait dû dire à Léonard qu'il allait avoir du succès et qu'il faudrait le faire plus grand...) mais au moins il est placé dans une grand salle, tout seul sur son mur. Et y'a toujours autant de touristes massés devant pour le prendre en photo (et franchement, j'ai beau voir, je ne comprends pas pourquoi celui-là et pas un autre) :
Le plus drôle dans l'histoire c'est que, face à la Joconde, il y a les Noces de Cana. Pour le coup, Véronèse était plus balèze niveau marketing parce que sa peinture est impossible à louper :
Je dois dire que je suis fascinée par la "photomania" de beaucoup de touristes, photomania qui souvent frise le ridicule, le grotesque, voire l'indécent. Ce qui m'a le plus choqué ce jour-là, c'était ce gars traînant littéralement son gamin jusqu'à la Vénus de Milo, 10 minutes avant la fermeture, pour ensuite se filmer devant avec ledit gamin dans les bras sans seulement regarder la statue (et nous empêcher de la voir, au passage). Dans le genre indécent, on retiendra les gens qui se font prendre en photo devant des tombes au cimetière du Père Lachaise. Ça me laisse perplexe car je considère cela comme un manque total de respect à la personne qui gît-là. Prendre la tombe en photo, oui. Avec soi devant, non, faut savoir s'effacer des fois. Plus drôle dans le genre irrespectueux, les touristes à Notre-Dame. Nous l'avons visitée jeudi et la messe avait commencé alors que nous étions encore là. Quelques dizaines de personnes y assistaient, avec, autour, une centaine de touristes mitraillant la scène. Tellement caricatural que j'aurais voulu en prendre une photo, mais je ne devenais alors rien de plus qu'une de ces touristes photomaniaques. Dur dur...
Mais j'avance dans le temps et j'oublie de mentionner un grand moment de notre séjour parisien : la fête de la musique. Nous l'avons passée avec Max et deux de ses potes. Comme toute bonne fête de la musique qui se respecte, nous n'avons presque pas vu de groupe jouer, par contre nous avons eu droit à :
- des gens à poils dans la fontaine Saint-Michel style "Liberté de la Fesse" (voir ici)
- un gars jouant La Marseillaise à la trompette puis déblatérant sur le fait que, tant que Deschamps ne serait pas sélectionneur de l'équipe de France, les Bleus n'auraient aucune chance de faire quoi que ce soit
- une scène ubuesque que je m'en vais vous conter telle que nous l'avons vue : nous étions vers Beaubourg quand nous entendîmes des "mais arrêtez, mais arrêtez, mais 'sont folles !" puis vîmes un groupe de 3 gugus aux prises avec 2 filles habillées-plus-vulgairement-tu-meurs, l'une, grosse, avec une mini-jupe motif léopard et de la graisse flottant jusqu'aux genoux et l'autre en habits style jasmine version soutif sans rien dessus et string qui dépasse. Les deux tentaient donc vainement de taper sur les gars en face, ceinturées qu'elles étaient par d'autres personnes. Déjà, en soi, ça valait le détour. Mais quand, ensuite, "jasmine" gueula "enculé" avec une voix passablement grave, nous nous regardâmes d'un air incrédule : "mais c'est, mais c'est... mais ce sont... des travelos ?? Nooooon ?! Ah ben si, en fait." Sur ce, la police a fini par arriver et les a embarqué(e)s en leur disant : "ben alors... faut pas vous mettre dans des états comme ça !", boutade qui a laissé le temps à Jasmine de remonter son string avant de monter dans la voiture. Grandiose.
I came back to France with my Iranian friend Maryam, that I met in Oslo. We spent four days in Grenoble (with an ugly weather, such a pity, we couldn't even see the mountains !) and then six in Paris. I've been several times in Paris but still, I discovered new things, and I met some friends of mine who are currently living here. I like this city but I was glad to come back to my "province" afterwards(province is a word used in France to refer to all the places of the country but Paris ; especially annoying when you are not Parisian, as if the Bretagne, the Auvergne or the Dauphiné were a single whole) because this city never stops and that's exhausting in the end.
First friend that we saw : my friend Solenne, who picked us up at the train station, as we were going to sleep at her place. She lives with two other friends, sometimes more, that's the student way of life. We had to take the metro, and each time I go to Paris, it's the same business : when you ask for a 10-ticket book, you actually get ten single tickets. That's totally unpractical and I can't understand why they are not able to put some glue between the tickets or another device to hold them. Anyway, we arrived at her place.
The next day was a Sunday. We started with "les bateaux-mouches" (the "fly boats", don't ask me why) : they are boats who go along the Seine to show all the most famous monuments that are close to the river : Tour Eiffel, Louvre, Notre-Dame, Panthéon, Assemblée nationale (our Parliament), etc. Afterwards, we met my friend Maximilien and we went together to a restaurant where everything was very French : the food, the music, the decor.... Everything but the people working there ! Then, we went to the Tour Eiffel : In front of the tower, there was a big screen showing the World Cup.
View from the first floor :
After the Eiffel Tower we went to the Arc de Triomphe to say hello to the most famous unknown person of France : an anonymous soldier who died during the First World War and was buried there two years later in order to celebrate the memory of all the soldiers. That was the solemn moment. And then, we walked along the Champs-Elysées. This avenue is supposed to be "the most beautiful avenue in the world" but I don't really get it. Ok, it's long, and ? Anyway, the arrival point was quite nice, on the "place de la Concorde", with the view : Assemblée nationale, obelisk and Tour Eiffel :
On Monday, we went to the Louvre. It's impossible to visit the whole museum in one day, it's too big. We saw some part of the antique section, the Italian paintings from the Renaissance and some great French pieces of art full of history (the kind of paintings that you see all the time in your history books when you are a French pupil, you know...). We saw the Joconde, of course, but really, it's not the best part : too many people for a small, not that impressive, picture. My favourite part : the antique sculptures. That was amazing (pictures above, in the French part of my post ;)).
Monday was the 21st June. This date is quite special in France as it's the music's day : people can play music in the street up to 3.am and almost everyone goes out on this day. We did it, with my friend Maximilien (again) and two of his friends. We didn't really stop to hear some bands but we saw funny things :
- 3 naked guys in the Saint-Michel fountain, an always-crowded place
- an unbelievable scene : we were having a drink when we suddenly heard noises like "but stop it, stop it, hey, they are crazy !". Then we saw 2 girls dressed like prostitutes (one with fat up to the knees and the other one with huge fixed boops) trying to beat a bench of guys. People around were trying to stop the two girls, and one of them screamed something like "you... bloody bastards !" with a very deep voice. At that point, we looked at each other and realized : "but they are... no... yes ! They are transvestite !" Then the police came and took them because they obviously were totally drunk. That was great. And here ended our second day in Paris.
jeudi 25 mars 2010
Tranche de vie
Voici rassemblées les impressions d'une journée de boulot ordinaire... ou presque, puisque Ingvill est en visite à Stavanger aujourd'hui et que je travaille plus longtemps que d'hab, pour cause de réunion de 18h à 21h.
A 10 heures, arrivée dans un bureau surpeuplé. Depuis qu'on a 2 stagiaires de plus, y'a des jours où la smala du 23 øvre Holmegate prend des dimensions assez impressionnantes vu le nombre de mètres carrés dont Amnesty International Norge Region Sør dispose. Je lance le rituel "Hallo, går det bra" et m'installe devant l'ordi, tout en me demandant pourquoi Camilla m'a dit de venir à 10h alors que je lui avais dit que je débarquais à 9h30. J'avais cru comprendre qu'il y avait une histoire de réunion par téléphone, mais apparemment non. Anyway.
A 11 heures, pause Bridget Jones à coups de textos échangés avec Nouille sur ses conneries de la nuit passée. Gros fou rire à la lecture du "I like you half Irish half Australian guy". Puis un peu de sérieux, retour au boulot. Quand même. (Cela dit, Nouille, je pense que tu es tombée sur un cas de figure pour lequel la technique de la reine des glaces n'est pas adaptée, mais je ne développerai pas plus ici parce que ça peut vite devenir très ésotérique, cette affaire).
A 11h30, arrivée de Ingvill qui a perdu son vernis violet depuis le mois dernier mais a chopé une tendinite à la place. A propos de violet, Inge a des pompes violettes qui semblent tout droit sorties d'un film de Tim Burton. En fait, le personnage même de Inge semble tout droit sorti du village de Big Fish, surtout dans le cadre de øvre Holmegate, une rue qui pourrait être l'artère principale d'un western spaghetti mis en scène par TB avec Mathias Malzieu dans le rôle principal.
11h45 : Inge, justement, brasse je ne sais trop quoi. Il est en mode "mye å gjøre", aujourd'hui : il a je ne sais combien d'articles à écrire d'ici ce soir et, dans ces moments-là, il se transforme en boule (ou plutôt en asperge) de nerfs, envoyant tout balader dès que quelque chose bugue. Le tout avec ses écouteurs sur les oreilles, signe d'un rush intense ponctué de temps à autre par des "Neeiii !!" Pendant ce temps, à Veracruz...
12h15: pause repas qui commence par le tour rituel au Bunnpris de Nedre Holmegate. Une pause au cours de laquelle j'apprends que Pâques est non seulement une institution sacrée mais aussi une sacrée institution en Norvège. Ici, ce n'est pas un petit week-end de 3 jours, non, non, ça court du mercredi aprem au lundi soir. Le prochain qui me dit qu'on a trop de jours fériés en France par rapport aux autres pays... (et, en mai, les Norvégiens ont aussi beaucoup de jours fériés. Par rapport à la France, enlevez le 8 mai mais mettez le 17 à la place). Bref, l'horreur, tout le monde va être parti et je vais me faire chier comme un rat mort pour mon anniversaire... (retranscription de mon état d'esprit à ce moment précis ; maintenant, c'est différent, puisque je pars en Suède finalement).
A 13h, me retrouve embarquée avec Ingvill et Ine par Inge qui doit nous filmer en train d'accrocher des trucs dans les rues avoisinantes. Ah ben oui, c'est aussi ça, le boulot à Amnesty...
13h30 : 3ème café de la journée. Je suis trop à la masse, tellement à la masse que Lori-Ann a dû me montrer 3 fois le sucre avant que je réalise que j'avais la main dessus ou à peu près. Gneeee...
13h45 : ben visiblement, je ne suis pas la seule à la masse : on a dû répéter 3 fois au demandeur d'asile poireautant dans le couloir qu'il pouvait repasser plus tard parce que Marie n'était pas là pour le moment. (Note culturelle : à côté de notre bureau se trouve celui de Seif, asso qui vient en aide aux réfugiés et demandeurs d'asile.)
14h: Connard d'ordi qui rame alors que je dois m'occuper du site!! M'en vais te redémarrer, tiens, ça t'apprendra. Porte qui claque, escalier qui grince et bruits de pas dans le couloir. Lasse venu récupérer son écharpe ? (Oui, Lasse est un prénom, et son écharpe a atterri au bureau suite à un enchainement d'évènements qui remontent à la Saint-Patrick et impliquent une rencontre inopinée avec Kim et Lasse et un abus de guiness de la part de ce dernier. Ou comment rendre incompréhensible un truc qui ne semblait pas l'être au départ). Ah non, ce n'est pas lui mais Ine, probablement revenue de sa 5ème pause clope de la journée.
14h30: Ine parle avec un visiteur en anglais tandis que Camilla dit en norvégien à Inge qu'elle va partir à 15h. Le tout retranscrit en français par votre serviteure. Que je ne m'étonne pas de ne plus avoir de cerveau quand je rentre chez moi le soir... Ah, le portable de Camille sonne pour la 30ème fois de la journée, avec la sonnerie que tous les Norvégiens ont ou à peu près. Je serai incapable de dire si j'aime ou déteste ce son.
15h10 : complètement disjonctée après 3 cafés. Dosés par Camilla, il faut dire. Ine est d'ailleurs dans le même état. Quant à Inge, son pétage de plomb est au-delà du café. "Neeiiii !!"
17h : arrrg, où sont passées les photos sur le site ?! Dans le lot, il y a celles que j'ai chargées toute la journée...gnn. Aussitôt, coup de fil à Oslo. "Hva skjer ?!" Que se passe-t-il ?! Bug. "Bare venter". Bon ben on va attendre alors... Arrivée de Ida et Kristina, qui bossent le soir.
17h15 : Ingvill et Kristina partent en quête d'un Mac Do pour se rassasier tandis que Ida et Camilla mangent leurs casse-croutes maison. A 17h, sont fous ces Norvégiens... (n'empêche, j'ai comme pour idée qu'il y a en France une vraie culture du bien manger qui n'existe pas ici. Ici, manger, c'est juste utilitaire, j'ai l'impression. Un peu triste, quand même...)
17h45 : départ pour Folken, où on doit retrouver les bénévoles intéressés par le séminaire de préparation de la stratégie de Amnesty Norge pour la période 2010-2016. On reçoit pour l'occase un gars venu d'Oslo pour nous présenter l'ébauche qui a été faite par le groupe de travail qui s'est penché sur le sujet. Le principe est que ce groupe de travail sillonne actuellement toute la Norvège pour présenter cette ébauche et recueillir les remarques, suggestions et autres contributions des membres au niveau local.
Et vous allez rire, parce que :
- j'ai presque tout compris. Le gars parlait avec un accent merveilleux, du pur Bokmål (le Bokmål est le norvégien standardisé que les étrangers apprennent, avant de le confronter avec le norvégien parlé par les locaux. Celui d'Oslo est le plus proche du Bokmål donc parler avec quelqu'un d'Oslo est souvent une bénédiction pour moi !)
- ce n'était même pas si chiant que ça. Mais un peu long quand même... On a fini à 20h45.
Après ça, petite bière au bar entre fiiilles (on a vite fait de se retrouver "entre filles", notez, vu la proportion de gars à Amnesty).
Rentrée à 22h30 à la maison, complètement lessivée. Je tombe sur le copain de Sofie qui me demande "tu vas sortir ce soir ?". Gnnnnn...
A 10 heures, arrivée dans un bureau surpeuplé. Depuis qu'on a 2 stagiaires de plus, y'a des jours où la smala du 23 øvre Holmegate prend des dimensions assez impressionnantes vu le nombre de mètres carrés dont Amnesty International Norge Region Sør dispose. Je lance le rituel "Hallo, går det bra" et m'installe devant l'ordi, tout en me demandant pourquoi Camilla m'a dit de venir à 10h alors que je lui avais dit que je débarquais à 9h30. J'avais cru comprendre qu'il y avait une histoire de réunion par téléphone, mais apparemment non. Anyway.
A 11 heures, pause Bridget Jones à coups de textos échangés avec Nouille sur ses conneries de la nuit passée. Gros fou rire à la lecture du "I like you half Irish half Australian guy". Puis un peu de sérieux, retour au boulot. Quand même. (Cela dit, Nouille, je pense que tu es tombée sur un cas de figure pour lequel la technique de la reine des glaces n'est pas adaptée, mais je ne développerai pas plus ici parce que ça peut vite devenir très ésotérique, cette affaire).
A 11h30, arrivée de Ingvill qui a perdu son vernis violet depuis le mois dernier mais a chopé une tendinite à la place. A propos de violet, Inge a des pompes violettes qui semblent tout droit sorties d'un film de Tim Burton. En fait, le personnage même de Inge semble tout droit sorti du village de Big Fish, surtout dans le cadre de øvre Holmegate, une rue qui pourrait être l'artère principale d'un western spaghetti mis en scène par TB avec Mathias Malzieu dans le rôle principal.
11h45 : Inge, justement, brasse je ne sais trop quoi. Il est en mode "mye å gjøre", aujourd'hui : il a je ne sais combien d'articles à écrire d'ici ce soir et, dans ces moments-là, il se transforme en boule (ou plutôt en asperge) de nerfs, envoyant tout balader dès que quelque chose bugue. Le tout avec ses écouteurs sur les oreilles, signe d'un rush intense ponctué de temps à autre par des "Neeiii !!" Pendant ce temps, à Veracruz...
12h15: pause repas qui commence par le tour rituel au Bunnpris de Nedre Holmegate. Une pause au cours de laquelle j'apprends que Pâques est non seulement une institution sacrée mais aussi une sacrée institution en Norvège. Ici, ce n'est pas un petit week-end de 3 jours, non, non, ça court du mercredi aprem au lundi soir. Le prochain qui me dit qu'on a trop de jours fériés en France par rapport aux autres pays... (et, en mai, les Norvégiens ont aussi beaucoup de jours fériés. Par rapport à la France, enlevez le 8 mai mais mettez le 17 à la place). Bref, l'horreur, tout le monde va être parti et je vais me faire chier comme un rat mort pour mon anniversaire... (retranscription de mon état d'esprit à ce moment précis ; maintenant, c'est différent, puisque je pars en Suède finalement).
A 13h, me retrouve embarquée avec Ingvill et Ine par Inge qui doit nous filmer en train d'accrocher des trucs dans les rues avoisinantes. Ah ben oui, c'est aussi ça, le boulot à Amnesty...
13h30 : 3ème café de la journée. Je suis trop à la masse, tellement à la masse que Lori-Ann a dû me montrer 3 fois le sucre avant que je réalise que j'avais la main dessus ou à peu près. Gneeee...
13h45 : ben visiblement, je ne suis pas la seule à la masse : on a dû répéter 3 fois au demandeur d'asile poireautant dans le couloir qu'il pouvait repasser plus tard parce que Marie n'était pas là pour le moment. (Note culturelle : à côté de notre bureau se trouve celui de Seif, asso qui vient en aide aux réfugiés et demandeurs d'asile.)
14h: Connard d'ordi qui rame alors que je dois m'occuper du site!! M'en vais te redémarrer, tiens, ça t'apprendra. Porte qui claque, escalier qui grince et bruits de pas dans le couloir. Lasse venu récupérer son écharpe ? (Oui, Lasse est un prénom, et son écharpe a atterri au bureau suite à un enchainement d'évènements qui remontent à la Saint-Patrick et impliquent une rencontre inopinée avec Kim et Lasse et un abus de guiness de la part de ce dernier. Ou comment rendre incompréhensible un truc qui ne semblait pas l'être au départ). Ah non, ce n'est pas lui mais Ine, probablement revenue de sa 5ème pause clope de la journée.
14h30: Ine parle avec un visiteur en anglais tandis que Camilla dit en norvégien à Inge qu'elle va partir à 15h. Le tout retranscrit en français par votre serviteure. Que je ne m'étonne pas de ne plus avoir de cerveau quand je rentre chez moi le soir... Ah, le portable de Camille sonne pour la 30ème fois de la journée, avec la sonnerie que tous les Norvégiens ont ou à peu près. Je serai incapable de dire si j'aime ou déteste ce son.
15h10 : complètement disjonctée après 3 cafés. Dosés par Camilla, il faut dire. Ine est d'ailleurs dans le même état. Quant à Inge, son pétage de plomb est au-delà du café. "Neeiiii !!"
17h : arrrg, où sont passées les photos sur le site ?! Dans le lot, il y a celles que j'ai chargées toute la journée...gnn. Aussitôt, coup de fil à Oslo. "Hva skjer ?!" Que se passe-t-il ?! Bug. "Bare venter". Bon ben on va attendre alors... Arrivée de Ida et Kristina, qui bossent le soir.
17h15 : Ingvill et Kristina partent en quête d'un Mac Do pour se rassasier tandis que Ida et Camilla mangent leurs casse-croutes maison. A 17h, sont fous ces Norvégiens... (n'empêche, j'ai comme pour idée qu'il y a en France une vraie culture du bien manger qui n'existe pas ici. Ici, manger, c'est juste utilitaire, j'ai l'impression. Un peu triste, quand même...)
17h45 : départ pour Folken, où on doit retrouver les bénévoles intéressés par le séminaire de préparation de la stratégie de Amnesty Norge pour la période 2010-2016. On reçoit pour l'occase un gars venu d'Oslo pour nous présenter l'ébauche qui a été faite par le groupe de travail qui s'est penché sur le sujet. Le principe est que ce groupe de travail sillonne actuellement toute la Norvège pour présenter cette ébauche et recueillir les remarques, suggestions et autres contributions des membres au niveau local.
Et vous allez rire, parce que :
- j'ai presque tout compris. Le gars parlait avec un accent merveilleux, du pur Bokmål (le Bokmål est le norvégien standardisé que les étrangers apprennent, avant de le confronter avec le norvégien parlé par les locaux. Celui d'Oslo est le plus proche du Bokmål donc parler avec quelqu'un d'Oslo est souvent une bénédiction pour moi !)
- ce n'était même pas si chiant que ça. Mais un peu long quand même... On a fini à 20h45.
Après ça, petite bière au bar entre fiiilles (on a vite fait de se retrouver "entre filles", notez, vu la proportion de gars à Amnesty).
Rentrée à 22h30 à la maison, complètement lessivée. Je tombe sur le copain de Sofie qui me demande "tu vas sortir ce soir ?". Gnnnnn...
samedi 20 février 2010
Vil du ha en kopp kaffe ?
... c'est à peu près comme ça que Inge m'a accueillie ce mercredi matin au bureau. A peu près comme ça que je suis accueillie tous les matins, à vrai dire. Alors j'ai répondu "oui", comme d'habitude. Et hop, premier café de la journée. Passage dans la salle à manger, éclairée, bien sûr : le Norvégien moyen n'éteint JAMAIS la lumière (sauf au moment de quitter définitivement un bâtiment. C'est déjà ça, en suis-je à me dire). Tasse verte ikea. Cuillère. Sucre. Ah non, plus de sucre. Tant pis, sans sucre. Et retour au bureau, je me sers tout en écoutant Inge et Camilla parler. Je comprends certains trucs et je remarque qu'ils n'ont pas le même accent. Je ne sais pas d'où vient Inge, mais il ne vient pas de Stavanger, en tout cas. Il doit, par contre, lui aussi venir du sud-ouest, étant donné sa façon si caractéristique de prononcer les "r".
Et hop, au boulot. Foredrag på fransk, workshop med ungdomgrouppen, osv. A 10h, Ine arrive. "Vil du ha en kopp kaffe ?" "Ja, takk". 2ème. A 11h, j'ai rendez-vous avec M.Paaske, professeur de français, au lycée près de Domkirke. Aux revoirs momentanés avec la petite troupe, Ine me demande si je viens au foredragkurs ce soir, 18h, je lui réponds que oui et je pars, non sans avoir lancé le rituel "ha det bra/godt/hyggelig/fint", que nous traduirions par "au revoir" et que les Norvégiens emploient à tour de bras.
J'arrive au lycée, très belle vue sur la mer avec la neige autour et un joli soleil, franchement, je ne m'en lasse pas. Et j'ai toujours autant de mal à me dire que j'habite "au bord de la mer" et que cette mer, c'est la même que celle qui passe vers Hambourg, Lille et Amsterdam. (et Oslo, aussi, accessoirement). Bref, je finis par retrouver M.Paaske : "tu prendras un café ?". Et de 3. Toujours sans sucre, mais c'est aussi bien comme ça au fond.
A midi, je suis de retour au 23 øvre Holmegate. Home sweet home... un jour, peut-être, je consacrerai un billet intégral à cette chère rue gazouillante, ses lampions, son sjokoladepiken et son Gaffel&Karafel. Lorsque j'arrive, il y a une nouvelle venue, Ingvill. Elle aussi est stagiaire, mais à Kristiansand, la ville de la pointe sud de la Norvège. De premier abord, je l'aime bien, avec ses cheveux noirs, ses yeux bleus, ses ongles violets et son superbe tatouage au poignet. En plus, elle a l'air bien copine avec Ine. Mais guère le temps de papoter, Ida arrive (oui, je sais, ça fait beaucoup de "i" tout ça !) et on commence la réunion de l'aprem, consacrées aux actions que nous allons mettre en œuvre ce printemps. 3h en norvégien. Je parle peu, écoute et tâche de comprendre. J'ai l'impression que je ne capte rien, je me dis que je n'ai rien saisi du débat sur la venue d'Amina. Mais, minute, la venue d'Amina, je ne l'ai apprise qu'au cours de cette réunion. En norvégien. Donc je comprends un peu, finalement. Le temps de me faire ces réflexions, on a passé une dizaine de lignes sur le powerpoint, et Nour a fini par arriver, une demi-heure avant la fin mais c'est toujours ça.
Sortie à 16h pour retrouver ma proprio à 17 puis revenir à 18 pour le foredragkurs. Ine m'a d'ailleurs demandé pour la 3ème fois de la journée si je pensais venir. Oui, oui, je tâcherai même d'être à l'heure. J'arrive lessivée, dit "hei hei" à Sofie qui répond "hallo", me prépare un thé et vois par Sissel par la fenêtre. Elle a 20min d'avance, ça tombe bien, je ne risque pas d'être en retard comme ça. On signe le contrat, on s'assure que tout va bien et elle est aussitôt repartie. Pfiou. Thé. Gaaa. Veux dormir. Me poser, en tout cas. Marie arrive au moment où je repars, je lui dis que je serai de retour vers 20h, pas tellement plus tard. "Ok, fint." Elle doit aller au boulot ce soir, de toutes façons. Je ne comprends rien à ses horaires mais peu importe.
J'arrive à 18h05 et je ne suis pas la dernière. Je dis bonjour, on fait un trafic débile de stylos avec Nour et Mai (je passe le mien à Mai qui passe le sien à Nour puis je vais en chercher un dans le bureau) et on commence. 1h45 plus tard, fini, je songe à rentrer et roupiller devant les JO, et puis Kristina me dit "tu viens ? on va boire un coup à Bøker & Børst" (un nom sorti tout droit de Harry Potter, si vous voulez mon avis). Finalement, Kristina n'est pas venue et on n'est pas allé à Bøker & Børst, mais voilà comment finir à 2h du matin une journée que l'on avait commencée en se disant "ce soir, je me couche à 22h max".
Au menu de ce soir-là :
- plus de "vil du ha en kopp kaffe ?" mais du "vil du ha et øl til ?", à la place (øl = bière)
- des révélations. Parmi les moins intéressantes : je sais d'où vient Inge, maintenant.
- une bière pas cher et un patron qui a décidé qu'il nous aimait bien, si l'on en croit les 4 petits pots de confiture tous droits sortis d'une ferme bio qu'il nous a offert à chacun à la fin de la soirée.
Donc si vous êtes intéressés par de la confiture d'airelle ou de myrtille bio tout droit venue de Norvège, faites-le moi savoir !
Et hop, au boulot. Foredrag på fransk, workshop med ungdomgrouppen, osv. A 10h, Ine arrive. "Vil du ha en kopp kaffe ?" "Ja, takk". 2ème. A 11h, j'ai rendez-vous avec M.Paaske, professeur de français, au lycée près de Domkirke. Aux revoirs momentanés avec la petite troupe, Ine me demande si je viens au foredragkurs ce soir, 18h, je lui réponds que oui et je pars, non sans avoir lancé le rituel "ha det bra/godt/hyggelig/fint", que nous traduirions par "au revoir" et que les Norvégiens emploient à tour de bras.
J'arrive au lycée, très belle vue sur la mer avec la neige autour et un joli soleil, franchement, je ne m'en lasse pas. Et j'ai toujours autant de mal à me dire que j'habite "au bord de la mer" et que cette mer, c'est la même que celle qui passe vers Hambourg, Lille et Amsterdam. (et Oslo, aussi, accessoirement). Bref, je finis par retrouver M.Paaske : "tu prendras un café ?". Et de 3. Toujours sans sucre, mais c'est aussi bien comme ça au fond.
A midi, je suis de retour au 23 øvre Holmegate. Home sweet home... un jour, peut-être, je consacrerai un billet intégral à cette chère rue gazouillante, ses lampions, son sjokoladepiken et son Gaffel&Karafel. Lorsque j'arrive, il y a une nouvelle venue, Ingvill. Elle aussi est stagiaire, mais à Kristiansand, la ville de la pointe sud de la Norvège. De premier abord, je l'aime bien, avec ses cheveux noirs, ses yeux bleus, ses ongles violets et son superbe tatouage au poignet. En plus, elle a l'air bien copine avec Ine. Mais guère le temps de papoter, Ida arrive (oui, je sais, ça fait beaucoup de "i" tout ça !) et on commence la réunion de l'aprem, consacrées aux actions que nous allons mettre en œuvre ce printemps. 3h en norvégien. Je parle peu, écoute et tâche de comprendre. J'ai l'impression que je ne capte rien, je me dis que je n'ai rien saisi du débat sur la venue d'Amina. Mais, minute, la venue d'Amina, je ne l'ai apprise qu'au cours de cette réunion. En norvégien. Donc je comprends un peu, finalement. Le temps de me faire ces réflexions, on a passé une dizaine de lignes sur le powerpoint, et Nour a fini par arriver, une demi-heure avant la fin mais c'est toujours ça.
Sortie à 16h pour retrouver ma proprio à 17 puis revenir à 18 pour le foredragkurs. Ine m'a d'ailleurs demandé pour la 3ème fois de la journée si je pensais venir. Oui, oui, je tâcherai même d'être à l'heure. J'arrive lessivée, dit "hei hei" à Sofie qui répond "hallo", me prépare un thé et vois par Sissel par la fenêtre. Elle a 20min d'avance, ça tombe bien, je ne risque pas d'être en retard comme ça. On signe le contrat, on s'assure que tout va bien et elle est aussitôt repartie. Pfiou. Thé. Gaaa. Veux dormir. Me poser, en tout cas. Marie arrive au moment où je repars, je lui dis que je serai de retour vers 20h, pas tellement plus tard. "Ok, fint." Elle doit aller au boulot ce soir, de toutes façons. Je ne comprends rien à ses horaires mais peu importe.
J'arrive à 18h05 et je ne suis pas la dernière. Je dis bonjour, on fait un trafic débile de stylos avec Nour et Mai (je passe le mien à Mai qui passe le sien à Nour puis je vais en chercher un dans le bureau) et on commence. 1h45 plus tard, fini, je songe à rentrer et roupiller devant les JO, et puis Kristina me dit "tu viens ? on va boire un coup à Bøker & Børst" (un nom sorti tout droit de Harry Potter, si vous voulez mon avis). Finalement, Kristina n'est pas venue et on n'est pas allé à Bøker & Børst, mais voilà comment finir à 2h du matin une journée que l'on avait commencée en se disant "ce soir, je me couche à 22h max".
Au menu de ce soir-là :
- plus de "vil du ha en kopp kaffe ?" mais du "vil du ha et øl til ?", à la place (øl = bière)
- des révélations. Parmi les moins intéressantes : je sais d'où vient Inge, maintenant.
- une bière pas cher et un patron qui a décidé qu'il nous aimait bien, si l'on en croit les 4 petits pots de confiture tous droits sortis d'une ferme bio qu'il nous a offert à chacun à la fin de la soirée.
Donc si vous êtes intéressés par de la confiture d'airelle ou de myrtille bio tout droit venue de Norvège, faites-le moi savoir !
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