dimanche 28 novembre 2010

Derniers coups de coeur en date

Décidément, il ne faudra pas s'attendre une fréquence de postage beaucoup plus soutenue dans les mois à venir, y'a beau dire y'a beau faire, je n'y arrive pas.

M'enfin quoiqu'il arrive, je prends 10 minutes aujourd'hui pour vous parler de mes gazouillis de la semaine.

Lundi, j'envoie un texto à Max pour lui dire que je n'irai pas à l'escalade. Réponse : "ok, on se voit mercredi alors". Et moi : "euuuh, mercredi, on s'est dit quoi pour mecredi ?" - "Oh, si tu ne veux pas de ta place de concert, je trouverai preneur !" Aaaaah, oui, le fameux concert de Rodrigo y Gabriela pour lequel j'ai acheté ma place il y a deux mois de cela...

Ça tombait mal, mercredi, j'étais dans un état des plus zombiesques, mais je me suis quand même motivée tant bien que mal pour y aller. Pour assister, au final, à un concert complètement fou. Rodrigo y Gabriela, ce sont deux Mexicains qui vous enflamment une salle de 5000 personnes en jouant de la guitare acoustique. Le temps s'arrête l'espace d'un instant et peu importe la longue journée, la fatigue, la trachéite ou dieu sait quoi, je sautille et gazouille, les yeux écarquillés et la bouché bée, tandis que Rémy secoue la tête comme un métalleux et que Max(ime, à ne pas confondre avec Max-imilien de l'escalade qui était lui aussi) ne cesse de répéter "oh putain, oh putain !" face à l'aisance avec laquelle nos deux héros se servent de leur guitare. En fait, si on ne savait qu'ils étaient deux, on pourrait penser qu'ils sont cinq ou six dont un batteur.

Cela étant, le concert est fini mais internet est un outil merveilleux et voici le MySpace qui saura, je n'en doute pas, vous convertir si vous prenez la peine de l'écouter.

Autre coup de cœur qui n'a pas grand chose à voir, mais je m'en fiche : le Bondy Blog, dont vous avez probablement déjà entendu parler. Si si, ce blog créé suite aux évènements de novembre 2005, à l'instigation de deux journalistes suisses et alimenté par des blogueurs venus du cru. Y faire un tour faisait partie de ma "to-do" liste et c'est désormais chose faite. Du coup, je recommande, parce que les billets sont intéressants. En plus, si ça permet de faire la nique au discours ambiant (faussement) sécuritaire en démontant ses présupposés, ça ne peut pas faire mal, loin de là !

Pour rester dans le journalisme pas débile, j'en ai déjà parlé lors d'un de mes précédents billets, mais Causette, décidément, je vote pour toi. Je viens de commencer le numéro de novembre-décembre et je kiffe, même si je regrette le tour plus politique pris par la rubrique "on nous prend pour des quiches". Je préférais quand elle s'attelait aux dénonciations du sexisme ordinaire, et y'a de quoi faire, ne serait-ce qu'avec les catalogues de jouets qui arrivent dans nos boîtes aux lettres en ce moment. Mais pour l'instant, j'en suis à de très bons articles sur la finance internationale, la résistance non-violente en Cisjordanie et le Lobby européen des Femmes. Et je n'en suis qu'à la moitié, gni !

Je finis là avec un "coup de cœur en puissance" : Rémy m'a fait découvrir ce groupe suédois il y a peu et j'ai l'intention d'aller prochainement fouiner un peu plus de ce côté-là.

mardi 9 novembre 2010

"Je ne sais pas, je suis stagiaire"

On m'avait promis un master 2 corsé niveau emploi du temps, et je dois dire que je n'aurais pas pu avoir un début d'année scolaire démentant plus ce postulat. Pour le dire clairement : entre le 20 août et le 1er novembre, je n'ai RIEN foutu. Ou à peu près, puisque je n'ai qu'une semaine de cours par mois et que je n'avais pas encore commencé mon stage.

Cela étant, tout ce beau programme appartient désormais au passé, puisque j'avais cours la semaine dernière (avec un programme légèrement perturbé par le blocage de l'IEP mardi matin, un grand moment de flou artistique, assez fascinant je dois dire) et que j'ai commencé mon stage cette semaine.

Je serai donc amenée à hanter les locaux de la Maison De l'Autonomie, ou MDA pour les intimes, jusque début mai. La MDA, qu'est-ce donc ? Il s'agit d'un bâtiment dans lequel sont regroupés les services du département consacrés aux personnes handicapées (ou, pour reprendre le jargon, "en situation de handicap") et aux personnes âgées dépendantes. Une sacrée machinerie, qui fonctionne aux sigles qui plus est. Heureusement que j'ai déjà travaillé sur le handicap, sinon je serai franchement à la masse.

Ma mission sera d'étudier la situation des jeunes adultes handicapés qui restent en établissement pour enfants au lieu d'aller en établissements pour adultes (parce que ça pose divers problèmes, je vous passe les détails), mais cette première semaine fut surtout l'occasion de me mettre dans le bain, à coups de réunions et de littérature institutionnelle. Bilan : on n'a pas l'air de s'ennuyer là-dedans.

Lundi matin, rendez-vous avec mon maître de stage, accessoirement directeur adjoint de la DSA (le direction de la santé et de l'autonomie, c'est la direction du Conseil Général qui s'occupe de la MDA et du Centre départemental de santé), pour lequel je vais peut-être finir par fonder un fan-club, je ne sais pas, mais, plus ça va, plus je me dis que j'aurais difficilement pu tomber sur mieux. Il attaque d'emblée en me disant que je gère mes horaires comme je le souhaite du moment que je fais 35 heures, et me propose de m'associer à lui dans ses réunions pour cette première semaine. Aussitôt dit aussitôt fait, et je me retrouve dans une réunion des chefs de service consacrée à un projet de réorganisation de la MDA, à prendre au vol, c'était assez sympathique. L'après-midi, déplacement "en territoire", à Lans-en-Vercors, pour assister à une réunion sur un tout autre sujet. A l'occasion, rencontre du maire de Lans, ce sera pour mon premier élu accroché au tableau de chasse dans le cadre de ce stage.

Mardi matin, réunion de la CDAPH. La CDAPH, c'est la Commission Départementale de l'Autonomie des Personnes Handicapées. Elle se réunit deux fois par mois et a pour mission de statuer sur les demandes d'aides, de placements en établissements et d'attribution de prestations. En gros, si vous voulez obtenir l'AAH (allocation adulte handicapé), votre demande va passer par là. Ou à peu près, car les demandes sont toutes évaluées en amont par des équipes médico-sociales qui font des propositions. Dans le tas, les médecins des différentes équipes sélectionnent des cas plus compliqués que d'autres, ou particulièrement exemplaires, et les présentent devant la CDAPH. S'en suivent des discussions et les propositions sont approuvées ou amendées. Concrètement, mardi matin, une quinzaine de cas ont été présentés mais à ces 15 cas étaient rattachés 2500 dossiers. Pour vous donner un ordre de grandeur, la MDA voit passer chaque année 40 000 demandes.

C'était très intéressant d'assister à cette CDAPH car cela permet de rappeler quelles situations existent concrètement derrière la tonne de dossiers empilée dans les différents services. En plus, 2ème élu au tableau de chasse, j'ai nommé, la vice-présidente du Conseil Général en charge de la santé et de l'autonomie (ce n'est pas son titre officiel mais ça revient à ça). Pas encore de Vallini, mais j'y crois ! (NB pour les non-isérois : André Vallini est le Président du Conseil Général de l'Isère. Au niveau national, il est surtout connu pour avoir présidé la commission d'enquête parlementaire consacrée à l'affaire d'Outreau).
En même temps, l'enchaînement des situations avait pour moi quelque chose d'effrayant de par la description des pathologies, une espèce de sentiment qu'à force de le médicaliser, de le passer au crible de la science, le sujet devient objet, un objet dont il faut expurger tout anormalité. J'essayais d'imaginer ce que l'on aurait pu dire de moi et je suis sûre que l'on aurait pu trouver quelque chose, je suis d'ailleurs sûre que cela vaut pour à peu près tout le monde. Je me suis fait cette réflexion au sujet des cas de handicap psychique, qui sont les plus troubles.

L'après-midi, nouvelle réunion, encore avec les chefs de service, sur le projet de la direction et sur le bilan de mandature à présenter aux élus. L'occasion pour le politique de s'introduire par la petite porte, et c'est ce qui fait tout l'intérêt de bosser en collectivités territoriales à mon sens : même au milieu de considérations administratives les plus triviales qui soient, on n'est jamais bien loin d'enjeux politiques et électoraux (d'autant qu'il y a des élections cantonales début 2011). Ajoutez à cela qu'en matière financière, le désengagement de l'État est tout sauf un mythe, et vous avez de quoi vous amuser. En fait, par désengagement de l'État, il ne faut pas comprendre : "l'État réduit dans les textes sa participation", mais : "l'État réduit dans les textes sa participation ET ne donne pas les sous qu'il doit dans les faits". Quand ensuite le gouvernement accuse les collectivités de beaucoup trop s'endetter, ça fait rire jaune pisseux, très pisseux, même.

Mon quota de réunions ayant explosé en début de semaine, la fin de semaine fut plutôt consacrée à la lecture de tout un tas de trucs et à la tournée des services pour dire bonjour. Car, au total, la MDA, c'est 60 salariés répartis sur 6 étages, auxquels s'ajoutent les étages 7 et 8 qui relèvent pour moi du mystère car je n'y ai pour l'instant jamais mis les pieds. Sur ces 2 étages sont regroupés les services déconcentrés qui s'occupent du territoire de l'agglomération grenobloise. Funny fact : chaque étage a sa couleur, le mien est violet. En outre, telle une bonne série qui se respecte, la MDA a sa pièce mythico-maudite, LA SALLE 105, tintintintin. C'est la pièce où se trouvent tous les dossiers devant être traités, LA pièce dans laquelle réside l'ennemi juré de la DSA. Son nom est Stock, Sur Stock. Il rassemble toute la pile de dossiers en retard, qui auraient dû être traités il y a des semaines de cela et sont toujours en attente. Tout un symbole, au point qu'il existe un indicateur "état de la salle 105" dans le base de donnée informatique...

mercredi 20 octobre 2010

Tout est dans l'image

Après l'avoir annoncée en fanfare sur un certain réseau social, je tenais à vous la montrer en image : la fameuse souris grenouille achetée samedi dernier dans une boutique à connerie d'Aix-en-Provence et dont je suis à vrai dire fort fière. Normalement, sa vue devrait vous horrifier/consterner ou vous ravir... Quoiqu'il en soit, je ne m'en lasse pas et je clique dessus à corps et à cris depuis que je suis rentrée. Iark iark.



This the froggy mouse that I bought last week-end in Aix-en-Provence. I am totally keen on it precisely because that's very kitsch. And I must say that it fits very well with the bunch of stupid stuff that fill my room...

Tant qu'à poster des photos de trucs à la con, je voulais aussi mettre ça :



Non mais sérieux, c'est quoi une "poussette de marché ?!" Une poussette dans laquelle on aurait remplacé son gosse par de la laitue ? Mais pour quoi faire ?... Pour la petite histoire, nous sommes tombées là-dessus avec Claire au monop' hier, au milieu de nos achats de vin, saucisson et Pringles, et ça nous a quand même grandement questionnées, pour paraphraser une certaine prof d'histoire de 2nde (la référence commence certes à dater, mais quiconque a côtoyé cet individu comprendra que je m'en souvienne encore). D'autant que, pour l'anecdote, à une des deux caisses en dessous du panneau, œuvrait un jeune homme qui devait être ravi de se savoir qualifié d'"hôtesse de caisse".

I took this second picture because I found the writing on the sign quite weird... it uses indeed the expression "poussette de marché" which sounds very funny in French. I actually don't know what it is! Other thing : the sign says something like "thanks for showing your bags to the cashier" but uses this last word only in the feminine form... whereas the cashier actually was a guy. Anyway...

Je terminerai par la photo d'un endroit que j'ai découvert à Grenoble l'autre jour (enfin l'autre jour... il y a un mois et demi, quoi...) et que j'ai trouvé achement chouette. Grenoble recèle en effet de couloirs et de cours intérieurs pleins de jolies surprises, et c'est toujours agréable de les découvrir au hasard d'une promenade :



(Pour les Grenoblois ne connaissant pas l'endroit, il s'agit de l'Hôtel de la Monnaie, rue Saint-Laurent. Le couloir déboule d'ailleurs sur une jolie cour intérieure)

This place is in my hometown Grenoble but I discovered it quite recently, while strolling in the streets. Grenoble's old downtown is made of small streets and nice inner courtyards and each time I have a walk there, I discover new places like this, I love it !

Voilà pour les trucs insolites du jour !

lundi 18 octobre 2010

Automne forever

"Moi en été j'me sens vivre mais en hiver c'est pareil"... et en automne je me régale. C'est en effet assez dur pour moi de répondre à la question "quelle est ta saison préférée" car chacune est associée à de petits plaisirs qu'elle seule peut fournir. Et donc, l'automne, c'est le frou frou des pas dans les feuilles mortes au rythme du vent qui fait voler les écharpes, c'est la joie des moments de répit que nous offre le temps avant d'aller plus loin vers l'hiver, mélangée au bonheur de retrouver les chocolats viennois, ô combien inappropriés en période estivale. C'est aussi Belledone coiffée par les premières neiges, les girolles et l'odeur des marrons chauds. Et surtout, c'est la montagne parée de ses plus belles couleurs. Alors je voulais l'évoquer, et ce d'autant plus que cette semaine semble être partie pour être associée à la face sombre de l'automne, sa pluie et sa bise hivernales, ses grèves déprimantes sous un ciel digne de celui décrit par Brel.

Et je voulais l'évoquer à travers la balade que nous avons faite, il y a environ 10 jours, à la Pinéa avec Ronan et Marie-Steph. Idée impulsée par Ronan qui voulait faire une rando autour de Grenoble. Idée émise à 2h du mat autour d'une bouteille de vin d'Alsace et à laquelle j'ai répondu : "ok, je t'embarque demain". Voilà pour le student way of life...

Quelques heures de sommeil et deux prêts de paires de chaussures plus tard, nous étions en route direction le Col de Porte (en Chartreuse, un des 3 massifs qui entourent Grenoble), point de départ de la balade. La Pinéa a une forme assez caractéristique, que l'on peut voir de Grenoble, et qui se confond avec Chamechaude sous certains angles (trouvé-je...). Elle ressemble à ça :


Je préfère ne pas savoir si les Anciens avaient en tête ce que moi j'ai en tête quand ils l'ont baptisée ainsi. Breeeef.

Tant que j'en suis à faire les présentations, voici mes 2 compères, Ronan sur la seule photo correcte que j'ai réussi à faire de lui ce jour-là, et Marie-Steph en mode "héroïne des grands espaces" (Martine va à la montagne, toussa, les intéressés vous raconteront s'ils veulent) :




Et voilou quelques photos de l'automne prises au vol à l'occasion de cette balade :





(Grenoble est sous la brume. Au premier plan, le petit pic, c'est l'Aiguille de Quai. Derrière, vous avez le Néron, qui a cramé en 2003. Ensuite, c'est la vallée de l'Isère, complètement bouchée ce jour-là malgré le temps magnifique, puis le massif du Vercors)



Maintenant, je prie pour que ce WE ne soit pas trop moche, histoire que je puisse y retourner...


I have put some pictures of the walk that I did 10 days ago to a summit called "la Pinéa" which is close to Grenoble (we can actually see it from the city) This mountain is a part of a massif called "Chartreuse". Grenoble is surrounded by 3 massifs : Chartreuse, Belledone and Vercors, which probably is the most famous because that was an important spot during World War 2. But my heart goes to Chartreuse ;)
I was there with two friends of mine, Ronan and Marie-Steph. I love walking all the time, but Autumn probably gives us the most beautiful landscapes, with colorful trees.

mardi 5 octobre 2010

Résumé des épisodes précédents

Il semblerait que bloguer soit quelque chose de plus difficile lorsque l'on n'est pas en terre "exotique" ou quelque chose d'approchant. Trop de choses connues à Grenoble et beaucoup à faire même si je suis actuellement à peu près en vacances. Mais je poursuis, je poursuis, malgré le rythme qui se ralentit. Depuis mon dernier billet, j'ai :
- enfin retrouvé un vélo, ie la délivrance

- eu ma première semaine de cours

- reçu une réponse négative pour un stage au service égalité des sexes du Conseil Général (mais machine relancée par ailleurs et en bonne voie, pas de souci à se faire de ce côté-là)

- visité la nouvelle piaule du Rémouche (en coloc avec Tanguy et Maxime, j'ai donc décrété qu'ils étaient couslocs et pas seulement colocs) et y squatte abusivement depuis. Pour des raisons ne tenant pas qu'au seul Rémouche, d'ailleurs, et je laisse les personnes intéressées par ces raisons prendre rendez-vous avec mon secrétariat pour plus d'explications.

- repris l'escalade et le cirque. Plus d'un an que je n'avais pas mis le pied sur un fil, et j'aurai bien du mal à vous décrire ce que ça m'a fait d'y retoucher, petit saut de chat, demi-tour, frisson d'extase, boule d'émotion et ça repart.

- lavé avec Marie-Steph, l'affront du dernier film que nous avions vu ensemble (cf l'antépénultième billet de ce blog), et d'une jolie façon : dimanche, nous sommes allées voir "Benda Bilili", que je vous recommande chaudement. A l'origine de ce film, il y a une rencontre au hasard des rues de Kinshasa (capitale de la République Démocratique du Congo) : en reportage sur les musiques urbaines en Afrique, les deux réalisateurs sont tombés sur un groupe de musiciens, la plupart paraplégiques, qui chantaient leur vie dans les rues de la ville afin de se procurer un petit pécule. Séduits, ils se sont mis en tête de leur faire enregistrer un album, toute une épopée qui finalement aboutit et rencontra un succès phénoménal en Europe. (D'ailleurs, j'avais entendu parler de groupe à la radio, je m'en suis rappelé en voyant la bande annonce...) Après, c'est la success story, le groupe a enchainé les concerts, des Eurockéennes de Belfort à Oslo (oui ! et je les ai ratés, raah) en passant par Copenhague. Le film se finit là et nous en sommes ressorties le sourire aux lèvres, un peu de foi retrouvée en l'humanité. En plus, la musique est achement cool et j'irai faire un tour du côté des musiques africaines la prochaine fois que je passe à la Fnac.

Sur ce, je m'en vais lire mon dossier de politiques sociales et bouffer du "les générations actuellement en-dessous de 50 ans vivront moins bien que leurs parents , c'est un fait" tout en grognant : "et quid des femmes, connard, tu crois c'était plus heureux pour elle d'avoir 20 ans dans les années 1960 plutôt que maintenant ?!!". Ça m'énerve, cet aspect "je pense raisonner pour tout le monde parce que je parle des pères et des fils", pas tant d'un point de vue "militant" que d'un point de vue scientifique : c'est tellement gros que je n'arrive pas à comprendre pourquoi ça ne saute pas à la figure des gens qui : 1°) écrivent ça ; 2°) le lisent. Faut dire que l'an dernier, j'ai bouffé les auteurs anglo-saxons et scandinaves qui sont, eux, beaucoup plus à la pointe en la matière. Anyway...



It is more difficult to blog now that I am back in my hometown, as I am not wondering all the time about the things I see. Moreover, I also have a lot to do, even if I still am more or less in holidays. Indeed, my master alternates between courses and a 6-month internship : I have courses only one week per month, the rest of the time is for my internship, which I have not started yet (but I have almost found it, so nothing to worry about). So, what did I do during the past two weeks ?

- I managed to get a bicyle, at last!

- I got my first courses (next time will be 2nd November... so weird !!)

- I visited my friend Rémy in his new place. He used to live at his parents' place, close to Grenoble, but now he is living with two cousins of his, Maxime and Tanguy. Since I saw the place, I have been squatting there all the time, not only because of Remy, actually. Life is sometimes nice... :D

- I started to climb and to do circus again (I stopped when I was in Norway). The best part was to do rope anew, it is difficult to explain how I felt but that was amazing.

- I saw a great movie that last Sunday, whose name is "Benda Bilili". I don't know if the film is available outside of France but I recommend it. It tells the story of an African band whose half of the members are disabled. They started to play in Kinshasa's streets to get some money, and they were given the possibility to record a CD. The CD got a huge sucess in Europe and they played many concerts, in France but also elsewhere, up to... Oslo! I you can't see the movie, you can at least listen to the music. The name of the band is Staff Benda Bilili.

Now, I am going to read texts about social policy. What is really annoying in the French literature is that they totally neglect the gender perspective, which is crucial. That is especially disturbing when one has studied in Norway, where this perspective is almost everywhere! Anyway...

mercredi 15 septembre 2010

Quand l'auberge espagnole se fait française

Un mardi soir, jour de blind test au Tord Boyau. De nombreux groupes d'amis un peu partout, tâchant de se dégoter une place et/ou dégustant les happy hours et leurs bouteilles de vin aromatisé au prix de 8 euros. Dans le tas, une dizaine de personnes. Regardez-les, elles se parlent, elles ont l'air d'être bien amies. Et entendez-les, beaucoup ont un accent étranger. Du type de celui qui vient d'arriver en France et découvre chaque jour un peu plus de gens. D'ailleurs, à y regarder de plus près, la dizaine de personnes que vous avez sur la photo ne se connait pas tant que ça. Voire pas du tout. En fait, je vous mets au défi d'en trouver une qui connaissaient tous les membres de ce groupe avant son entrée dans le bar. Alors comment compose-t-on en 10 minutes un groupe de la sorte, et comment met-on la main sur tout ce joyeux bordel ? Suivez mon regard.

Quelque part dans le tas, vous avez un point violet qui rigole et s'agite à grands coups de bras tant que c'est possible dans la mesure où le bras droit dudit point violet est occupé par un sac ("tu as acheté quoi ?" -Un cadeau pour l'anniversaire de mon père. Et une chambre à air. "Tu lui as acheté une chambre à air ?!" -Non, un livre sur le Dauphiné. La chambre à air c'est en plus. En même temps, c'est aussi pour lui parce que je suis trop quiche pour réparer un vélo. Et puis j'ai des lentilles aussi, dans le sac, hein, parce que les miennes sont périmées demain, mais pas les légumes, les trucs pour la vue, blablabla), je vous laisse deviner l'identité dudit point, instigateur de ce rassemblement.

Au moment où cette photo n'a pas été prise, le bras restant s'agite frénétiquement en direction de Philippe, le Québécois de San Francisco qui est préposé ce soir au rôle de scribe : il s'agit pour lui d'écrire sur la feuille du blind test nos réponses. Comment je le connais ? Oh, très simple, c'est Zoé de Vancouver qui l'a rencontré à une soirée InteGre, en compagnie de sa copine Emily, présentement en train de discuter avec Silje la Norvégienne et Benjamain le Français d'Oslo. 0k, ok, je rembobine.

En fait, c'est encore à cause de Richard... en partie. C'est lui qui a hébergé Dotan le Canadien à la recherche d'un logement sur Grenoble. Et comme le hasard fait bien les choses, il s'est avéré que :
1°)Dotan est super sympa
2°)Il passe son année erasmus à sciences po
C'est ainsi que je fus présentée à Zoé, qui vient de la même université que Dotan et qui nous présenta Philippe et Emily, tous deux venus de Californie et rencontrés au cours d'une soirée organisée par InteGre. (Et si je veux corser un peu plus, je rajoute que Philippe a vécu presque tout sa vie vers San Francisco mais qu'il est né à Montréal. D'où le concept du Québécois californien).

InteGre est d'ailleurs la deuxième responsable du bordel dans lequel je vous empêtre depuis maintenant trois paragraphes. Cette association a pour vocation de faire se rencontrer des étudiants étrangers et français, afin que les premiers soient intégrés par les seconds. A Grenoble, de préférence. C'est comme ça que j'ai rencontré ma tandem linguistique Silje, fra Trondheim, présente sur mon hypothétique photographie, et Ursula, danoise de son état, qui n'était pas au blind test ce soir-là mais qui vaut quand même le coup que je m'arrête un peu. Là encore, vous verrez, le hasard fait bien les choses.

Ursula est en effet la personne que l'association InteGre m'a chargée de marrainer. Or, il s'avère qu'elle suit ici les cours du Master 1 de Physique. Quand elle m'a dit ça, je lui ai répondu un truc du genre "oh ben c'est marrant, figure-toi que j'ai un très bon copain, Rémy, qui va suivre les même cours que toi, il était en Suède l'an dernier, blablabla". Deux jours plus tard, rentrée des masters de physique, ledit Rémy, qui était lui aussi en manque d'étudiants étrangers, s'approcha du tas qui parlait un français aux accents colorés. Mieux, il s'est sociabilisé, la Suède nous l'aura changé : il s'approcha d'un des gars et lui demanda : "excuse-moi, est-ce que tu serais Suédois par hasard ?" -euh non, je suis allemand, lui répondit le gars en question (Ralph, pour les intimes) "ah, désolé, parce que j'étais en Suède l'an dernier et donc je me disais que...". C'est alors que Ursula, qui était dans le tas aux accents colorés, tilta et lui demanda : "tu ne t'appellerais pas Rémy par hasard ?". Ce qui me valut un texto le soir même : "alors comme ça on donne mon nom à de charmantes inconnues danoises ? ^^". La seule chose que je regrette, c'est de ne pas avoir vu la tête du Rémy au moment où elle lui a posé la question. Il parait que c'était très drôle.

Tout ça pour dire que, par l'intermédiaire de Ursula et Rémy, j'ai pu rencontrer nombre d'étudiants étrangers physiciens, dont Frauke, qui était sur ma photo imaginaire mais néanmoins tord-boyesque. Quand à Ursula et Rémy, l'une était malade et l'autre avait "trop de boulot". 'Tendez, on ne va pas nous le changer complètement non plus...

Mon tableau commence à peu près à ressembler à quelque chose, reste plus qu'à y insérer les Frenchies, Aude, Pierre, Benjamin et les 3 2A de sciences po que je ne connais pas. Aude c'est facile, pour ceux qui suivent gazou touip-touip depuis un certain temps, je ne crois pas avoir besoin de vous la présenter, m'enfin je rappelle toujours : copine de sciences po, camarade de tous les instants dans mes aventures norvégiennes du 1er semestre. Pierre, c'est aussi du sciences po, un de ses très bons amis et celui qui m'a inspiré ce billet, accessoirement, avec sa question au cours de la soirée : "mais tu les connais d'où tous ces gens ?!!" Je crois que je l'ai perdu quelque part vers l'avant-dernier paragraphe. Quant à Benjamin, c'est du Oslo-devenu-sciences-po. Tout est dans l'intitulé : copain rencontré à Oslo, voisin de Aude qui a lui a accordé l'asile politique dans sa cuisine (ah, Aude et sa cuisine... petite larme à l'évocation de ce feuilleton...) et qui a réussi à intégrer un master de sciences po.

Quant aux 3 2A... vous savez, sur ce genre de photos, il y a toujours des gens à propos desquels on vous demande : "c'est qui ?" et vous répondez : "bonne question !". Donc voilà, ce rôle leur a échu pour la soirée. Enfin je suppose que ce sont des gens que Dotan et Zoé ont rencontrés.

Tout ça pour dire que je ne m'ennuie pas ces jours-ci et que cette année s'annonce meilleure qu'attendue, pour peu que je reste dans cette bulle francosmopolite. L'erasmus, une fois qu'on y a mordu, c'est un peu dur de le lacher... et très facile de s'y raccrocher !

Sur ce, je vais chercher Marie à la gare, oui oui, Marie, ma copine suisse d'Oslo. Tout cela semble n'avoir été au final que le vaste commencement d'une aventure encore plus vaste... et que je compte bien faire durer !

mardi 7 septembre 2010

Cinéma

Regarder la pluie tomber à la fenêtre tout en écoutant Grand Corps Malade ; y'a des moments comme ça où le bonheur se fait tout gentil et se cueille facilement. CD fini, aller hop, un petit coup de Kaizers Orkestra. "Det skal vær mann som kan gå med min hatt... men han må ha sin egen pistol, for du vet kva som står i testamentet..." Un groupe issu de Stavanger qui met des masques à gaz sur toutes ses couvertures d'album et se sert de barils de pétrole dans sa musique. Bienvenue dans l'univers caustique qui hante nombre de Norvégiens. Je recommande chaudement.

Par contre, je ne recommande pas le film que nous sommes allées voir hier soir avec l'amie Marie-Steph. "The Killer Inside Me", l'histoire d'un sadique psychopathe autour duquel l'étau se ressert, nous avait promis le descriptif. Appréciant l'humour noir et n'étant pas effrayées par la perspective d'un film potentiellement sanguinolant, nous nous étions dit ": ah ben oui, pourquoi pas ?". Nous sommes ressorties de là avec une envie de vomir et le sentiment de nous être fait balader sans explication aucune. Certains critiques encensent le truc, personnellement, je me sens davantage proche de celles du Monde("Exercice de style au parfum rance, The Killer Inside Me est aussi creux que déplaisant.") et de Première : "une spirale de violence crue qui, de vaguement compréhensible, finit par devenir nauséeuse à force de surenchère." Pourtant, je suis ce qu'on appelle un bon public et je n'avais pas tiqué devant Sin City, qui envoie quand même du lourd dans le genre "peu importe la subtilité pourvu que le sang coule". Anyway. Mais c'est quand même frustrant parce que ce film aura brisé ma bonne série de l'été, qui était allée crescendo qui plus est : ça avait commencé avec Shrek 4, qui conclut fort bien la série, même si mon cœur reste du côté des deux premiers, puis ça avait continué avec Toy Story 3, que j'ai tout bonnement trouvé énormissime (et, à en juger par l'unanimité qui règne à son sujet sur la planète Allo Ciné, je ne suis pas la seule...), pour se finir avec Inception, dont je suis sortie en disant "encore !".

L'avantage, c'est que la barre sera assez peu haute la prochaine fois.


I am currently listening to the Norwegian band Kaizers Orkestra (from Stavanger, please !) and you know what? That's just great. The weather was quite bad today in Grenoble, with much rain. I liked it, actually, but a little thought to my friends who demonstrated this morning... That was against the reform of the pension-system, this time. This law's project is really, really unpopular. As I am concerned, I have other worries, like the growing governemental xenophobia or the reforms of the educational system. You should see the mess, I am really missing being outside of France nowadays...

If you want to go to the cinema but do not know what you want to watch, just one piece of advice : avoid
The Killer Inside Me. I saw it yesterday with a friend and we both thought that it was awful. This is the story of a psychopath, one should expect some explanations, some background, some suspense but we just got a deep envy to throw up in the end.
No, really, don't go there. Chose
Inception instead, if you have not seen it yet.
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